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Higway Africa 2009
Sport - Afrique du Sud
Les élections à la présidence de la fédération sud-africaine de football, les performances de la sélection nationale et l’affaire de la masculinité ou non de la championne du monde des 800m sont les sujets qui bouleversent un pays qui a déclenché le compte à rebours de la coupe du monde 2010.
1- Khoza – Jordaan : La Fifa appelle au cessez-le-feu
Les élections à la présidence de la fédération sud-africaine de football (Safa) empoisonnent l’ambitieux climat de sérénité entretenu dans le Comité local d’organisation (Col) de la coupe du monde 2010. Les deux candidats en lice ne sont autres que Irvin Khoza, et Danny Jordaan. Respectivement président et directeur général du Col de la coupe du monde 2010. Le 9 septembre 2009, Sepp Blatter, le président de la Fifa, a écrit à Molefi Olifant, président sortant de la Safa qui a décidé de ne pas briguer un nouveau mandat, pour le mettre en garde contre la menace que l’élection du 26 septembre 2009 pour la présidence de la Safa pourrait présenter sur le bon fonctionnement du Col. Le rapport de la Fifa révèle que la campagne électorale qui bat son plein actuellement vole très bas dans les coulisses. L’enjeu est de voir lequel des deux hommes décidera de faire marche arrière et de renoncer à ses ambitions à la Safa en cette fin de course.
Le patron de l’instance faîtière du football mondial a, dans sa lettre, adressé un ultimatum aux deux candidats en lice en leur demandant de choisir «s'ils veulent continuer dans cette bataille qui a dégénéré en une acerbe campagne à la présidence de la South african football association (Safa) ou à conserver leurs hautes responsabilités au sein du comité local d’organisation.» Le secrétaire général de la Fifa, Jérôme Valcke, a aussitôt fait le déplacement de l’Afrique du sud où il a révélé que tant que Danny Jordaan et Irvin Khoza reste dans la course, l'organisation de la coupe du monde risque d'être entravée en raison des divisions présumées au sein de cette fédération. «Quand on voit la rude concurrence entre deux personnes avec lesquelles nous travaillons... nous devons protéger l'organisation de la coupe du monde 2010», affirme Valcke. D’ailleurs, il précisera que le vainqueur de cette élection sera contraint d'abandonner ses fonctions au Comité local d'organisation de la coupe du monde. «Nous ne permettrons jamais que nous nous retrouvions dans une situation où le président de Safa occupe également un poste au sommet dans le comité d'organisation, parce qu'elle ne marcherait pas», affirme Jérôme Valcke. Avant de poursuivre dans un franc-parler que l’exécutif de la Fifa avait demandé le report de cette élection après la coupe du monde. «Ils auraient dû nous écouter lorsque nous leur avons demandé de reporter cette élection à l'année prochaine, après la coupe du monde.» Mais il reconnaîtra : «Ils nous ont ignorés et ont insisté pour organiser cette élection. Maintenant, ils sont réduits à faire un choix, et ils doivent décider s'ils veulent être président de la Safa ou rester dans le comité local d'organisation», insiste-t-il.
Pour les dirigeants de la Fifa, il est impératif qu’ils «protégent l'organisation de la coupe du monde et c'est pourquoi je suis ici [en Afrique du Sud Ndlr]», souligne Valcke. Une situation embarrassante pour le ministre des Sports, Makhenkesi Stofile qui aurait aussi reconnu selon le quotidien «The Star», qu'il aurait été plus heureux si l'élection vivement contestée par la Fifa avait été reportée. D’ailleurs, le secrétaire général ne cache pas les inquiétudes de l’instance faîtière du Football. Lorsque la Fifa a promis d’envoyer des représentants à cette élection, c’est pour voir si l'issue de cette bataille était une menace pour la bonne organisation de la prochaine coupe du monde, auquel cas la Fifa prendrait en main la gestion de la plus grande compétition mondiale, vitrine de cette institution. «Dans l'accord entre la Fifa et Safa, nous avons un article qui nous donne le droit d'intervenir si nous estimons qu'il pourrait y avoir un impact sur la bonne marche de la coupe du monde. Le monde a le regard tourné sur l’Afrique du Sud et rien ne devrait entraver l’organisation de la coupe du monde », a-t-il confié lors d’une réunion avec le Comité local d’organisation.
Valcke a laissé entendre pour la première fois que l'exécutif de la Fifa a été très agacé devant l'entêtement du président sortant de la Safa, Molefi Oliphant, à ne pas reporter cette élection pour l'année prochaine. Tout en refusant de s’ingérer sur le fonctionnement de cette fédération, la Fifa dit qu’il n’est pas question pour elle d’empêcher la confrontation entre Khoza et Jordaan, mais de sauver la coupe du monde. Jordaan en a profité pour rassurer sur l’état d’avancement des chantiers. «Les progrès de la construction de six nouveaux stades de Fifa Coupe du monde est bon. Tous les stades sont maintenant entre 80 et 92% achevés, tout ce qui reste sont la touche finale sur les stades.» Avant d’ajouter que « le Col s’engage à trouver les financements pour combler le déficit que les villes telles que Johannesburg entraînent à la suite de leur décision de réduire fortement leur budget pour l'exercice financier actuel pour faire face à la flambée des coûts des stades de e 2010.»
2- Les performances des Bafana Bafana ne rassurent pas
Les deux dernières sorties des Bafana Bafana estompent tous les espoirs d’un peuple, celui de voir son équipe nationale aller le plus loin possible dans cette compétition. Après avoir perdu devant les Allemands (0-2) à Leverkusen vendredi 4 septembre 2009 et (0-1) devant la modeste sélection de l’Irlande à Limerick mardi 8 septembre 2009, les Sud-Africains sont à se demander s’il est temps de se laisser tomber à la panique eu égard des espoirs qu’ils avaient de voir leur sélection nationale faire une solide performance à la coupe du monde 2010. Après la surprenante demi-finale de la coupe des confédérations 2008, les réponses enregistrées sont pour la plupart à l’affirmative. La pilule est si difficile à avaler pour les Sud-Africains que le jeu produit a été poussif et leur sa ligne offensive a de la peine à trouver le chemin des filets. Pourtant, le sélectionneur national, Joël Santana, avait affiché ses intentions faisant en remettant dès l’entame Elrio van Heerden, un signe que son équipe allait être beaucoup plus offensive. Au final, l’équipe s’est montrée beaucoup défensive tout au long de la partie. Pendant les 90 minutes, les Bafana Bafana ont affiché l’atypique malaise du football sud-africain. Ils manquaient l’opportunisme qui fait une équipe gagnante. Et c'est là que réside la grosse inquiétude pour l'Afrique du Sud. Au point que les observateurs arrivent à conclure qu’après avoir fait son retour dans le football mondial depuis 17ans, la courbe de progression reste très en deçà des attentes. Même la préparation pour le rendez-vous de 2010 n’a pas permis d’améliorer grand chose. Une grande déception.
Pourtant les analystes sont tous d’avis que la réussite de la coupe du monde 2010 pour le l'Afrique du Sud, réside en grande partie sur une meilleure performance des Bafana Bafana. Or, lors des deux matches amicaux, les Bafana Bafana étaient complètement largués contre l'Allemagne, imprévisibles et déplaisant contre l'Irlande. Ce que l'équipe avait besoin contre l'Irlande était un ou deux joueurs qui apporteraient de la créativité dans leur jeu. Afin de donner à cette équipe nationale une identité, une âme. Les Sud-Africains disent manquer des joueurs de génie, ceux là qui apporterait une touche magique et qui peuvent changer le cours d'un jeu à un moment particulier voire capitale. Ils se voient alors à rêver du retour des joueurs d’expérience et de maturité comme Benni McCarthy, Franklin Cale, Thulani Serero, Daine Klaite. Que la politique de reconstruction d’une équipe d’avenir depuis quatre ans a Malheureusemen conduit à la mise à l’écart. D’ailleurs, Santana a déclaré qu'il a le noyau de son équipe de 2010 déjà sélectionné. Les chroniqueurs sportifs disent qu’ayant les mains libres, il n’y a rien de mal à cela. Toutefois, les leçons tirer des deux derniers matches amicaux leur laissent sur leur faim. Pour rendre tout un pays mobilisé derrière son équipe fier en 2010, il faudrait que les Bafana Bafana marquent des buts. Santana devrait avoir le courage de choisir des joueurs qui peuvent fournir ces attentes. Or, qu'est-ce qu'il a dans son équipe en ce moment ? Ce sont des joueurs qui sont tout sauf des «tueurs»!
3- L’affaire Caster Semenya
Lors des débats du Highway Africa 2009, l’organisation de la société civile, Behind the mask, spécialisée dans la défense des droits des homosexuels et transsexuels, a suscité un vif débat après sa présentation. En accusant « la presse de ne pas traiter des affaires des minorités sexuelles, notamment pour comprendre ceux qui ont choisi cette voie et leur donner la parole. Si oui, on les livre à la vindicte populaire en s’intéressant aux scandales dans lesquels ils sont mêlées même contre leur gré», soutient Ntateng Mhlambiso, l’une des responsables. Elle va d’ailleurs évoquer le cas de la championne olympique des 800m, Caster Semenya, pour dire que «c’était une aberration de décider de soumettre cette jeune championne à des tests de féminité. Et pour cause, la presse avait vite fait de l’a déclarée lesbienne. C’est une violation des droits de l’Homme.» Après avoir remporté les championnats du monde de 800m à Berlin, Semenya a été soumise à des tests de sang et chromosomiques, ainsi que d'un examen gynécologique.
Samedi dernier, la jeune championne a été retirée du semi-marathon de 4 km de la croix du sud qui est organisé chaque année dans la ville de Pretoria. Et depuis qu'elle a remporté le titre mondial des 800m à Berlin le mois dernier, elle est au centre d'une controverse entourant son sexe. Semenya n'a plus participé à une compétition. Et pour cause, elle toujours poursuivi par cette affaire de genre. Le journal de Sydney Morning Herald a rapporté dans son édition de vendredi 11 septembre que les rapports médicaux sur Semenya indiquent qu'elle n'a pas d'ovaires, mais plutôt des testicules internes, qui produisent de grandes quantités de testostérone. La Fédération internationale d’athlétisme amateur (Iaaf) a refusé de confirmer l’information du Sydney Morning Herald sur la masculinité ou la féminité de Caster Semenya. Nick Davies, le porte-parole de l’Iaaf a déclaré que le rapport devrait être traitée avec prudence. «Nous avons reçu les résultats de l'Allemagne, mais ils doivent à présent être examinée par un groupe d'experts.». Toutefois, à l'Iaaf, on soutient que Semenya va probablement garder sa médaille parce que l'affaire n'était pas liée à une affaire de dopage. «Notre avis juridique est que, si elle s'avère avoir un avantage en raison des hormones mâles, alors il sera extrêmement difficile de la déposséder de sa médaille, car elle n'a pas triché. Elle était naturellement constituée ainsi, et elle a été présentée par son équipe à l’Iaaf qui a accepté qu’elle prenne part à la compétition. Mais attendons de voir encore une fois si nous avons la décision finale », affirme Davies à l'Ap. Le président sud-africain d'athlétisme, Leonard Chuene, s’offusque du fait que la décision a été divulguée dans la presse avant même qu’il ne reçoive ces résultats de l'Iaaf. «Ce sont des paroles insultantes que les médias utilisent. Nous ne savons pas quel effet cette information aura dans sa profondeur. Ce processus n'est pas correct. En tout cas l’affaire Semenya va certainement être à l’origine de la 3è guerre mondiale », conclut-il. Jacob, le père de la championne du monde, était en colère lorsqu'il a appris ces résultats. «Les gens qui disent que ma fille n'est pas une femme sont des malades, ils sont fous. Mais sont-ils Dieu ? »
Mathieu Nathanaël NJOG, à Grahamstown en Afrique du Sud