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Banditisme - Eaux maritimes
Les pirates ont attaqué un bateau de pêche camerounais, faisant un mort et six blessés graves parmi les membres de l’équipage.
Hier, mercredi 7 octobre 2009, le chalutier camerounais «Kelly Danielle» a amarré à la capitainerie de la zone portuaire de Douala aux environs de 14h15mns avec à son bord un équipage désemparé et éploré. C’est à la ramasse et sous les signaux d’alerte que les membres de l’équipage ont ramené le «Kelly Danielle» à quai, après cinq jours passés en haute mer, dans les eaux territoriales du littoral camerounais. Pourtant, l’équipage de 18 personnes était parti pour une mission de 21 jours, mais est revenu sinistré, avec un membre en moins, le nommé Dontsou, matelots, mort par noyade et 6 autres membres de l’équipage grièvement blessés par les assaillants. Parmi lesquels, le capitaine Tchinda, commandant de bord du navire. Ils ont été aussitôt évacués à la garnison militaire par les différentes ambulances réquisitionnées.
Le cas du capitaine Tchinda est le plus préoccupant, charcuté à la machette, il s’en est tiré avec un traumatisme crânien, des blessures profondes sur le crâne, l’épaule, au pied et un bras fracturé. Des sources hospitalières évoquaient la possibilité de le transférer à l’hôpital général de Douala. Il y a aussi, le cas du second mécanicien, qui s’en est tiré avec un doigt de la main amputé en plus des hématomes ; et celui de Jonas le cuisinier, grièvement blessé à la machette. Les autres membres de l’équipage ont été accueillis à leur descente dans l’émotion, mais aussitôt, ils ont été sollicités par les officiers de polices judiciaires du commissariat du Pad pour être entendus.
Menace permanentes
Aux environs de 2 heures de la nuit, le navire «Kelly Danielle», est attaqué par l’un des groupes armés qui sévissent depuis des années sur les eaux territoriales camerounaises et nigérianes de la zone du Delta du Niger. Dès qu’ils ont arraisonné le chalutier, à l’aide d’un fly boat, le matelot Ngoufang a donné l’alerte, la débandade a aussitôt gagné les rangs de l’équipage. «Chacun cherchait une cachette, car ils sont très violents. Sans explication aucune, ils vous frappe aussi bien du plat que du tranchant de la machette avant de passer à l’extorsion des fonds et des objets de valeur», confie l’un des rescapés. C’est alors que le matelot Dontsou a tenté de se cacher au niveau de l’ancre du bateau. Mais à la suite d’un déséquilibre, il va dégringoler dans la mer. Les recherches organisées après le départ des pirates, 1h30mns plus tard, à travers les filets qui étaient déjà jetés dans l’eau seront vaines. Pendant la présence des pirates sur le bateau, ils vont mettre en respect l’équipage, et reprocher le chalutier d’avoir pêché dans leurs eaux territoriales sans autorisation. Ce qui n’était pourtant pas le cas. En revanche, ils vont exiger à l’équipage de remettre tout l’argent en leur possession. Dépourvus, seul le capitaine Tchinda sera dépouillé d’une somme de 200 000 Fcfa. Et les pirates tenteront même de l’enlever avant de l’abandonner à l’arrière du bateau tout amoché.
Une nouvelle pratique des pirates de mer qui sévissent dans les eaux maritimes du littoral camerounais depuis des mois. «Il y a un mois, ces bandes armes ont enlevé deux capitaines de deux navires de pêche nigérians qui pêchaient règlementairement dans les eaux camerounaises, puisqu’ils ont des autorisations en bonne due forme. Cela n’avait pas fait échos parce qu’ils n’étaient pas des nôtres et qu’ils ont replié au Nigeria», affirme un membre d’un autre équipage. Le bateau «Kelly Danielle», est ainsi victime de sa quatrième attaque dans les eaux camerounaises. «La première fois, c’était au niveau de la bouée de base ; la deuxième, au niveau du crique de Mana Ombe devant la base militaire ; le troisième à Cap Cameroon ; et le dernier, à Obenika, lieu dit ligne droite, dans la zone maritime de Bakassi», énumère un rescapé. Des arguments avancés pour soutenir la récurrence des attaques des pirates dans les eaux camerounaises, malgré le déploiement du Bataillon d’intervention rapide (Bir), unité spéciale d’élite, déployé pour renforcer les marins de la base navale. Ce qui suscite des interrogations sur la passivité et la complicité des militaires camerounais. Dit-on, au regard des méthodes et des armements des pirates, surtout lorsqu’on sait que les factions armées se démantèlent avec le dépôt des armes de Ateke Tom, l’un des chefs rebelles, des trois factions armées dépendant du Mouvement pour l'émancipation du delta du Niger (Mend).
Mathieu Nathanaël NJOG, article publié dans Le Messager