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DECES DE CHRISTIAN CARDINAL TUMI
L’église catholique camerounaise n’a plus de cardinal. Homme de paix, et autorité morale irremplaçable, le Cardinal Christian W. Tumi est décédé dans la nuit du 02 au 03 avril en pleine semaine pascale. Toute une symbolique pour cet homme de la famille de Dieu.
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La nouvelle s’est répandue comme une trainée de poudre aux premières heures de la matinée du samedi 03 avril 2021. Les réseaux sociaux s’étaient déjà enflammés avec beaucoup de réserve entre ceux qui étaient péremptoires, convaincus d’avoir la bonne information et ceux qui se voulaient réservés le temps d’effectuer tous les recoupements qui permettraient d’en savoir sur le lieu et les circonstances de ce décès. La confirmation a été donnée par Mgr Samuel Kleda, l’Archevêque Métropolitain de l’Archidiocèse de Douala qui l’a succédé à travers une publication sur sa page Facebook : «J’ai la profonde douleur de vous annoncer le retour à l’Éternel (décès) de son éminence Christian Cardinal Tumi. Décès survenu ce 3 Avril 2021. Par la miséricorde de Dieu que son âme repose en paix».
Une confirmation qui a entrainé une ruée des chrétiens et des journalistes dans l’enceinte du Diocèse de Douala. Toute la matinée, chacun cherchait en vain de s’enquérir les circonstances de ce décès, mais tout ce monde a buté à un mur de silence que constituait le dispositif sécuritaire renforcé par les Forces de Maintien de l’Ordre qui s’étaient déployés à l’Archevêché afin de ne laisser aucune personne franchir le portail. Toutefois, au cours de la messe de 06 heures, à la Cathédrale Saint-Pierre-et-Paul, un communiqué de Mgr Samuel Kléda a été lu aux fidèles pour lever toute équivoque : «Le Diocèse de Douala a le regret d’annoncer le décès du cardinal Christian Wiyghan Tumi à l’âge de 91 ans des suites de maladies».
Même l’abbé Étienne Bakaba, prêtre de l’archidiocèse de Douala, par ailleurs Directeur de rédaction au journal catholique «L’Effort camerounais» rencontré, n’a pas pu dire davantage à ses confrères : «Quelle grâce pour le Christian Cardinal Tumi que de sommeiller dans la mort avec Jésus dans le tombeau. Uni à jamais au Seigneur dans sa Pâques éternelle». Mgr Samuel Kléda l’aura certainement inspiré, lui qui a déclaré plus tôt à Radio Vatican : «Notre cardinal, notre père, notre pasteur, était une grande personnalité que le Cameroun perd, un homme proche de gens, qui luttait pour la justice, non seulement pour son pays, mais pour l’Afrique et le monde entier». Avant de conclure : «Rendons grâce au Seigneur puisqu’il [le Cardinal Tumi NDLR| est parti, selon notre tradition, en ce temps si important qui est la semaine sainte, le temps pascal. Peut-être c’était cela son souhait ».
Alors que les supputations allaient bon train sur le lieu et les circonstances de sa mort, une vidéo virale et outrageante la dignité humaine va circuler sur les réseaux sociaux, montrant la manipulation de la dépouille du Cardinal Christian Tumi immédiatement après avoir donné son dernier souffle. Une profanation inadmissible. Elle va au moins renseigner que ce dernier est décédé dans sa résidence de retraite qui avait été construite dans l’enceinte de l’Archevêché. Sentant ses forces le lâcher, il a exigé qu’on le ramené la veille de la clinique pour l’Archevêché afin de recevoir l’absout. Des enquêtes ouvertes indiquent c’est un des infirmiers du service de santé de l’église catholique qui avait été commis pour se relayer au chevet du Cardinal Tumi depuis que son état de santé s’était dégradé depuis quelques jours qui en a été l’auteur. Face à cette situation, la dépouille du Cardinal Tumi a été maintenue dans sa chambre jusqu’en fin d’après-midi avant qu’une ambulance banalisée ne la conduise en toute discrétion dans une morgue dont l’identité n’a pas été dévoilée.
Mathieu Nathanaël NJOG