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Coupe du monde 2010
La mascotte des Lions Indomptables du Cameroun a vu son image exploiter sans son consentement par la firme allemande. Et malgré les démarches entreprises, l’équipementier de l’équipe nationale du Cameroun n’a toujours pas donné de suite favorable. Le rêve de connaître des jours heureux s’évanouit progressivement.
Depuis quelques semaines que Henri Mouyébé alias « Ngando Pickett » a été informé que son image en tenue de supporter (gros caleçon vert-rouge-jaune et peint de la tête aux pieds aux couleurs du Cameroun) des Lions indomptables du Cameroun fait partir de celles retenues par la firme Puma pour sa nouvelle campagne d’affichage de la Coupe du monde 2010, au point d’inonder les gares de métro de Paris, il est hésité par l’idée de tirer d’importantes royalties. «Si la main de Dieu s’est aussi porté sur moi, c’est que le temps est arrivé que je gagne aussi de l’argent. Ça fait 15 ans que je suis derrière les Lions sans rien avoir. J'ai trop galéré», déclare-t-il. Seulement, le rêve tarde à se concrétiser voire s’évanouit progressivement. Car, les démarches entamées par celui à qui Ngando Pickett a donné mandat de réclamer ses droits, ne portent toujours les fruits escomptés.
En effet, pour rentrer dans ses droits, la célèbre mascotte des Lions Indomptables a fait appel au cabinet International Football Business (I.F.B.) de Tatnou Pierre alias «Léo », agent de joueurs licencié Fifa, qu’il présente comme son «manager ». Ce statut, malheureusement ne lui donne pas qualité de réclamer les droits d’images en la matière. Seul une agence de communication ayant acquis les droits d’images de Ngando Pickett ou un avocat international ont qualité pour entamer ces procédures. Ce qui n’est pas du ressort des agents de joueurs et les agents de matches. Conséquence, toutes les correspondances adressées à la firme Puma sont restés lettres mortes. Encore faudrait-il identifier le photographe qui a réalisé l’image et l’a vendue pour exploitation à l’équipementier des équipes africaines qualifiées pour la coupe du monde 2010 outre le pays organisateur. Pour identifier l’interlocuteur et les termes de son contrat. Surtout que des indiscrétions font état de ce que la firme Puma aurait fait prévaloir le contrat qui le lie à la Fédération camerounaise de football (Fecafoot) pour obtenir de ses dirigeants cette autorisation. la Fécafoot a vite fait de récuser cette hypothèse, en affirmant n’avoir pas été contacté à cet effet. «Je me suis rendu aussitôt à la Fécafoot pour me renseigner à ce sujet du fait que c’est l’équipementier des Lions indomptables, mais on m'a répondu que Puma ne les a jamais contactés à mon sujet », indique Ngando Pickett.
Désenchantement
C’est dire si l’enchantement de Ngando Pickett laisse place au doute. Et l’agent de Ngando Pickett a convaincu son protégé d’engager une procédure judiciaire. «Mes avocats ont porté plainte contre Puma. Parce qu’ils doivent me payer pour avoir exploité mon image sans mon consentement», affirme-t-il quelque peu désemparé. Une affaire pas évidente à mener estime quelques experts en la matière. « Ngando Pickett n’ayant pas protégé son image à l’Oapi (l’organisation africaine de la propriété intellectuelle). Pis encore, ce n’est pas un dossier a traité à distance. Il faut aux avocats de Ngando Pickett un surface financière et un goût risque capable de les mener au siège de Puma pour éplucher de fond en comble les tenant et les aboutissants de cette nébuleuse affaire », souligne un expert. En plus, il faudra aux avocats d’être suffisamment aguerris car Puma possède d’excellents avocats qui ont anticipé en faisant le tour de la question et qui ont pris le soin de prémunir à l’avance. En outre, selon la même source, la question du droit à l’image s’invoque valablement lorsqu’elle a été prise dans un cadre privé, ou lorsqu’il s’agit d’un cadre publique, il faudrait qu’elle ait été interdite d’utilisation sans autorisation. C’est dire si la revendication de Mouyébé Henri dit Ngando Pickett n’est pas aussi évidente. Toutefois, il est souhaitable de trouver un arrangement à l’amiable. Plutôt que d’engager une procédure judiciaire infortune. La firme Puma pourrait ne pas souhaiter qu’une banale affaire de droit d’image vienne réveiller d’autres appétits ? Car, la campagne comporte des affichages diversifiés d’autres supporters qui pourraient susciter d’autres prétendants au droit
La firme allemande n’est pas à sa première discorde dans ses campagnes pour la Coupe du monde 2010. Avant l’affaire Ngando Pickett, la campagne médiatique lancée par l’équipementier Puma aurait aussi des déconvenues avec la gestion du programme de préparation des Lions Indomptables. Puma aurait exigé que Eto’o Fils et ses camarades passe par Paris pour se soumettre à une campagne publicitaire. Une exigence que lepatron de l’encadrement technique aurait déclinée. Pourtant affirment des sources bien introduites, aucune clause dans les accords entre les autorités camerounaises et Puma n’inclut ces obligations. En outre, il y a l’Algérie, un autre pays sous contrat avec Puma qui s’est offusqué du fait que dans la récente campagne vidéo de la firme allemande, notamment dans le clip titré « Journey of football, au rythme de Gnals Barkley », ne figure aucune image de joueurs les Fennec d’Algérie pourtant qualifiés pour la prochaine Coupe du monde. En revanche, dans le vidéo on y retrouve les images des Pharaons d’Egypte, vainqueur de la récente coupe d’Afrique, mais pas disqualifié pour la Coupe du monde.
Laborieuse trajectoire
La célèbre mascotte des Lions Indomptables, Ngando Pickett, âgé de 52 ans, père de deux enfants, espérait qu’«après quinze ans de souffrance, quinze ans que je voyage partout, de gauche à droite, si cette fois-ci, Dieu a dit que j’ai déjà trop souffert, que c’est le moment où je dois aussi gagner quelque chose, c’est tant mieux pour moi ». Une aventure de supporter des Lions indomptables démarrée avec son groupe tambourineur depuis 1984 dans les stades omnisports de Douala et Yaoundé. C’est à la Coupe d’Afrique des Nations de 1998 qu’il entame avec les voyages dans les conditions souvent difficiles et avec ses moyens propres. Ce n’est qu’en 2000, à l’occasion de la Can organisée au Ghana et au Nigeria, qu’il tape dans l’œil du public et des médias. Et qu’il se fait respecter par les supporters des adversaires des Lions. Celui qui était d’abord la mascotte du Caïman de Douala confie alors être parti du Cameroun pour le Ghana, en compagnie des neuf autres membres de son groupe, par route. Il remet cela à plusieurs reprises parce que les pouvoirs publics et les annonceurs refusent de le prendre en charge. En finale au Nigeria à la Can 2000, il est considéré comme le marabout des Lions et cela lui des représailles. Il n’entend pas s’arrêter en si bon chemin. Il compte remettre ça à la prochaine Coupe du Monde en Afrique du Sud. Pour cela, Ngando Pickett espère que Puma va poursuivre dans cette logique et le permettre en plus des royalties à percevoir a être pris en charge. Sinon, il sera obligé de solliciter le soutien financier du ministère des Sports et de l’éducation physique comme à la dernière Can en Angola 2010.
André Som, article publié dansAurore plus du 18 mai 2010