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Yenigun Construction Industry & Comm Inc annonce l’arrivée de 80% des ouvriers turcs

Yenigun Construction Industry & Comm Inc annonce l’arrivée de 80% des ouvriers turcs
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Complexe olympique de Japoma  

L’annonce par le turc, chef du projet de construction du stade de Japoma, sur la chaine de télévision Equinoxe, du recrutement de seulement 30% d’employés camerounais dans un effectif de 1 200 travailleurs prévus a suscité un tollé au sein de l’opinion publique. Scandale.

 

Le 21 février 2017 une annonce à circuler sur les réseaux sociaux faisait état d’une offre de recrutement des jeunes camerounais aux différents postes allant d’ouvriers aux cadres supérieurs. Les qualifications suivantes étaient à pouvoir : Ingénieurs de génie civil, Architectes, Topographes, Electriciens, Chaudronniers, Maçons, Coffreurs, Ferrailleurs, Soudeurs, Plombiers, Agents d’entretien, Mouleurs, Agent QHSE, interprètes,…Disait-on cet offre venait de la société turque Yenigun Construction Industry & Comm Inc chargé de la construction du nouveau stade ultra moderne de Douala-Japoma. Pour certains, il ne s’agissait ni plus ni moins qu’un de ces nombreux canulars ou appâts des arnaqueurs qui circulent sur la toile. Pour les plus curieux dont la recherche d’un emploi est le sport le plus favori pour espérer mettre fin à leur vie précaire, ils ont tôt de répondre à cet appel offre pour s’en rendre compte qu’il s’agissait d’un recrutement réel. Depuis lors, le flux de transport en moto-taxi pour s’y rendre est devenu les plus importants. Permettant ainsi à ces transporteurs en motocyclette de faire de bonne affaire. En effet, l’entreprise turque Yenigun Construction Industry & Comm Inc adjudicateur du marché de construction du Complexe olympique de Japoma y a véritablement pris ses quartiers et a démarré discrètement les travaux de terrassement du site. Situé à 250 mètres de l’axe Douala-Yaoundé, sur la Nationale N°3, et à près de 1000 mètres du carrefour Yassa, les bureaux sièges du constructeur turc sont installés dans un immeuble de plusieurs étages jouxtant le site.

Entre vrombissement des pelleteuses et Caterpillars, tambourinement des marteaux, travaux de topographie, ballets des camions évacuant les tonnes de terre, il y a aussi un ballet de moto-taxis qui déposent à un rythme frénétique des jeunes hommes et femmes tenant dans leurs bras une chemise cartonnée dans lequel sont contenus leurs dossiers de candidatures à une des qualifications recherchées. L’accès au chantier et à l’immeuble siège est sous la surveillance des agents d’une société de gardiennage chargée d’assurer la sécurité des lieux. C’est même à l’un de ces agents de gardiennage qu’il revient de recevoir les dossiers sous lesquels ses bras vont très vite crouler en l’espace de moins de 30 minutes avant de les acheminer au bureau du turc chef de chantier. Pendant ce temps, des dizaines d’employés, les premiers recrus arborant chacun des casques, bottes et chasubles, s’y activent sous les ordres et la supervision des cadres supérieurs turcs. De quoi donner de l’appétit et faire rêver ces centaines de postulants. Un espoir qui s’amenuise de plus en plus. Ceci avec la déclaration faite par l’ingénieur et chef de chantier turc en début de semaine dernière, selon laquelle des 1 200 employés qui constitueront les effectifs des employés qui seront engagés dans ce projet de construction du stade olympique de Douala-Japoma, 300 seulement seront réservés aux Camerounais et 800 seront des turcs qui arrivent au Cameroun dans les prochains jours.

 

Espoir évanoui

Depuis cette déclaration, non seulement son auteur s’est rétracté, il ne parle plus à la presse, c’est un tollé général au sein des jeunes postulants et de l’opinion publique. Tous sont estomaqués d’apprendre que le gouvernement jusqu’à la plus haute hiérarchie de l’Etat ont signé une telle convention qui dévoile à suffisance que le Cameroun n’a aucune politique pour résorber le chômage. «C’est inadmissible ce que nous venons d’apprendre. La main d’œuvre sera exportée de Turquie au détriment de la main d’œuvre locale», déplore A. F. un jeune ingénieur des travaux publics qui est tout de même venu déposer son dossier. Une jeune ingénieure, elle aussi postulante pour un emploi dans ce chantier se dit meurtri par la place que le régime au pouvoir accorde à la promotion des produits de son système éducatif : «On nous vanter les filières professionnelles et les diplômes qui en résultent, nous nous y sommes engouffrés espérant que les emplois étaient garantis au bout il n’en est rien. On se rend compte que ce n’était que du vent, puisque le gouvernement ne fait rien pour les promouvoir, pourtant on ne cesse d’entendre que malgré que notre système éducatif a encore des lacunes, les diplômés camerounais sont très bien formés comparativement à leurs camarades de plusieurs pays subsahariens». Pour plusieurs économistes et critiques, c’est scandaleux que le gouvernement accorde toutes ces facilités dont a exigé le constructeur turc pour argue-t-il pour travailler sereinement. Particulièrement ce qui va arriver dans la constitution des effectifs. Qualifiant la situation d’aussi révoltante que le régime au pouvoir n’est pas à sa première forfaiture dans le cas d’espèce. En 2009 dans le chantier de construction du pipeline Tchad-Cameroun, la multinationale, chargé de réaliser le projet avait de manière ostentatoire exporté de la main d’œuvre en Philippine, Thaïlande pour les postes de chaudronniers, soudeurs,…au détriment de la main d’œuvre camerounaise.

Mathieu Nathanaël Njog

 


 

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