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Entreprise - Relance
C’est dans cette perspective qu’a eu lieu hier, jeudi le 27 janvier 2011 la cérémonie d’installation du directeur général Alex van Elk et du directeur général adjoint, Emmanuel Mbozo Ndo de la Cameroon Airline corporation.
Il ne fait plus de doute que la Cameroon Airline Compagnie (Camair Co) s’achemine allégrement vers son décollage imminent. Dans la salle de banquet de l’Hôtel Sawa qui abritait la cérémonie d’installation du directeur général Alex van Elk et du directeur général adjoint, qu’a présidée personnellement le ministre d’Etat chargé des Transports, Bello Bouba Maïgari, deux banderoles donnaient la symbolique de cette solennité. On pouvait y lire «Le décollage c’est pour bientôt !» et «Décollage J-60». D’ailleurs le ministre des Transports l’a souligné : «cette cérémonie d’installation est une symbolique, mais pleine de signification pour le transport aérien au Cameroun.» Ce d’autant plus que la création de la Camair Co par décret présidentiel N°2006/293 du 11 septembre 2006, témoigne de la volonté du chef de l’Etat de répondre aux enjeux économiques de l’heure, tout en apportant une réponse aux attentes d’un grand nombre des camerounais. «Ce jour est un grand jour pour amorcer le décollage de la Camair Co et la renaissance de notre compagnie nationale.»
Ce d’autant plus que Camair Co est un instrument de fierté et de souveraineté nationale. A ce titre, cette compagnie aérienne nationale est appelée à jouer un grand rôle dans le développement économique du Cameroun. Et Bello Bouba Maïgari a demandé à ces deux commandants de bord du vol Camair Co qu’il a présenté comme des dirigeants pétris d’expérience, de donner le meilleur d’eux-mêmes pour permettre le décollage dans les brefs délais de cette compagnie aérienne, si chère aux Camerounais. Car précisera-t-il, la naissance de la Camair Co intervient dans un environnement concurrentiel. «Camair Co rentrera dans le marché avec compétition et avec tous les acquis professionnels requis. Le chef de l’Etat y tient et le gouvernement y veille», dira le ministre d’Etat. A cet effet, prescrira-t-il, la direction générale devra «adapter des méthodes de travail répondant aux exigences du marché. L’heure étant à l’action pour faire de la Camair Co une compagnie durable, rentable, solide, afin de trouver sa place dans ce contexte de grande complexité.» Avant de conclure : «Le Cameroun vous regard avec intérêt et espoir. Donnez aux camerounais l’occasion d’oublier le triste épisode de la défunte Camair.»
Un gouffre financier
Pour cela il a demandé aux dirigeants des entreprises liées au transport aérien d’apporter à la direction de la Camair Co tout leur appui. Il a rassuré la direction générale qu’elle trouvera à son ministère la collaboration nécessaire. Et pour relever ce défi, le ministre d’Etat aux Transports a préciser que l’Etat a mis à leur disposition les moyens nécessaires. En octobre dernier, la Camair Co était à 150 milliards Fcfa engloutis dans la mise en œuvre de cette nouvelle compagnie. Il ne fait pas de doute que la nouvelle équipe dirigeante nommée aux commandes de Camair Co par décret N° 2010/36 du 4 février 201 et du décret N° 407/31 du 31 décembre 2010, respectivement pour le Directeur général, Alex van Elk, et de son adjoint, Emmanuel Mbozo Ndo, est doté d’un chèque en blanc. Mais au regard des récriminations déjà enregistrées, Bello Bouba Maïgari a recommandé aux directeurs généraux officiellement installés hier jeudi qu’«il faut faire usage avec la plus grande rigueur» de ces énormes moyens mis à leur disposition pour accoplir cette mission.
Selon certaines indiscrétions, c’est véritablement un gouffre des deniers publics. C’est le cas de la décision prise par la nouvelle équipe que dirige Alex Van Elk depuis mars 2010 de partir de l’hôtel Akwa Palace où son prédécesseur avait pris ses quartiers avec son équipe pour s’installer confortablement à l’immeuble Rotonde du Pmuc où la nouvelle direction de la Camair Co a pris des bureaux. Refusant l’option de réaménagement de l’ancienne direction générale qu’elle qualifie de vétuste à son goût. Ceci pour une rondelette somme de 22 millions Fcfa par mois. Un simple calcul arithmétique permet de constater que cela reviendrait à 264 millions Fcfa de bail à l’année. Suffisant pour remettre, même si pour cela, il faudrait investir le double, l’immeuble siège à la dimension internationale que la nouvelle direction générale dit vouloir donner à la Camair Co.
André Som
Encadré
220 employés au total
Le ministre d’Etat aux transports a aussi mis le doigt sur l’autre problème épineux que pose la mise en place de la Camair Co, celui de la situation des ex-employés de la Camair. A ce sujet, il a demandé à la direction générale de «lutter contre le chômage avéré des ex-employés de la Camair.» Et Alex van Elk dans un échange avec la presse a précisé que Camair Co démarre ses vols le 28 mars avec 220 employés, en majorité des Camerounais, parce que c’est l’argent du contribuable camerounais. Et qu’en ce moment 24 pilotes camerounais retenus sont en formation de mise à niveau en Europe. Pour le personnel naviguant (stewards), il a été recruté, dans la transparence. Ceux-ci remplissant les exigences internationales. Nous avons eu confirmation auprès de certains qui disent avoir été contactés dans la matinée d’hier. Toutefois, il s’offusque de ce qu’il reçoit des pressions pour qu’en ligne arrière, il recrute du personnel naviguant de seconde zone. Ce qu’il estime impossible car il a un cahier de charges qui l’oblige à mettre la Camair Co dans les standards internationales pour répondre à la concurrence et à la compétitivité du marché.
Parmi ce personnel, il y a aussi celui technique camerounais, même s’il précise que le partenaire technique retenu est Lufthansa. Et le concessionnaire unique est Boeing, dont les responsables étaient présents à cette installation. Pour ce qui est de la flotte, il affirme que la Camair Co va démarrer avec trois avions : - Le Boeing 767, le Dja, actuellement au Pays-Bas pour la réfection de sa décoration intérieure et extérieure (pour lui donner les couleurs nationales) ; et à son retour il sera aussi envoyé en révision - deux Boeing 737-700, dont l’un est en maintenance chez le concessionnaire et l’autre sera livré avant le démarrage. Toutefois, le Dg précise qu’il y a un quatrième avion, gros porteur qui arrivera en milieu d’année pour les longues distance, avec une option qu’il arrive plus tôt, si les fruits tiennent la promesse des fleurs et que la prévision en terme en terme de rentabilité l’exige.