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Affaire de corruption dans le football camerounais
Phase de match de division I entre Astres et Sable
Depuis des semaines, l'actualité sportive nationale est dominée par une forte odeur de corruption constatée au cours de la rencontre Bamboutos FC de Mbouda et Fédéral FC de Foumban, disputée pour le compte de la 30e journée du championnat de 1ère division au stade de la Réunification de Douala.
1- Bamboutos FC paie le prix de sa maladresse
A ma grande surprise, l'Association des clubs de première division n'aurait pas fait entendre sa voix. Du moins, à la lumière des parutions que j'ai lues sur cette affaire. Pourquoi vais-je m'acharner contre elle ? Simplement, parce que son membre est interpellé et condamné à évoluer désormais en ligue départementale. L'Acpd ne doit pas abandonner Bamboutos FC qui a paniqué, joué de maladresse et d'inexpérience. Aucune équipe camerounaise ne peut se targuer de n'avoir jamais été contactée dans des périodes difficiles et incertaines des fins de saison. Sans doute que Bamboutos FC a été pénalisée pour avoir mis à nu, soit par ignorance soit par l'urgence du résultat, les méthodes connues de tous. Plus grave, comment l'Acpd n'a-t-elle pas commenté pour la rejeter la décision prise par la Fecafoot confirmant tous les résultats des matchs antérieurs tout en attribuant, drôle de Père Noël, des points et des buts au futurs adversaires de Bamboutos FC ? Une sentence qui rappelle les fâcheuses et scandaleuses affaires de Prévoyance FC de Yaoundé partie de la 1ère place pour le bas du classement en 1992 ou plus loin dans l'histoire, Diamant FC de Nkongsamba, virtuellement champion national de D2, sanctionné pour avoir aligné son gardien titulaire venu de Balmayo FC sans libération, justifiait-on.
2- L'excellence sacrifiée
Le comportement éhonté de certains apprentis sorciers de Mbouda est symptomatique de l'ambiance des fins de saison. Il convient de remonter le cours de l'histoire pour appréhender l'origine du mal. Avant 1973, année au cours de laquelle l'Aigle royal de Nkongsamba, sous la houlette de M. Ferdinand Nkoungou Edima, Préfet du Moungo, disputa la Coupe d'Afrique des clubs champions, il était impossible de glaner le titre de champion du Cameroun en lieu et place -et même- de certaines équipes de Douala et Yaoundé. De même, disputer une finale de Coupe du Cameroun n'était pas donné au premier venu. Seules les équipes ayant l'onction de la Fecafoot pouvaient prétendre jouer devant le Chef de l'Etat. Dans ces conditions, pour avoir une place au soleil, il n'y avait qu'un pas à franchir celui de la motivation. Une motivation contraire à l'éthique et à la morale. Tout y passe sous des formes inimaginables, parfois, en complicité avec toutes les parties impliquées (dirigeants de clubs, fédération et tous les corps de métier). Le culte de l'effort a foutu progressivement le camp pour céder la place désormais à la facilité. N'a-t-on pas déjà entendu que des joueurs ont offert des pots de vin pour une présélection ? N'a-t-on pas entendu des témoignages de dirigeants sur des cas de corruption avérés ? Qu'a-t-on fait dans l'intervalle ? Bamboutos FC apparaît comme le maillon faible de la chaîne.
Dans sa double casquette d'acteur et d'enseignant et indépendamment des éventuelles instructions de sa hiérarchie, la réaction du Ministre des sports et de l'éducation physique Augustin Edjoa dans cette affaire, pourrait se justifier dans la mesure où ceux d'en face ne sont pas tous des "saints".
3- Sensibilisation et réflexion sur une politique sportive nationale
De ce qui précède, Bamboutos Fc est une victime expiatoire d'un système entretenu depuis des lustres. Si l'équipe de M. Iya Mohamed veut sévir, le moment est venu d'organiser une réflexion sur les causes, les motivations et les effets de la corruption dans le milieu footballistique. La sanction prise à l'encontre de Bamboutos FC est un signal fort. Mais, je crains que ce ne soit un coup d'épée dans la mer parce que le missile utilisé serait simplement à tête chercheuse. Profitons des interpoules pour expérimenter la lutte contre la corruption en milieu sportif.
L'urgence commande de réfléchir sur une véritable politique sportive pour éviter la surprise ou de compter simplement sur "nos" génies en voie de disparition ou simplement abandonnés pour diverses raisons. Notre défaite face à la Guinée équatoriale est une autre preuve supplémentaire que nous reculons chaque jour davantage. Les "Lions", bien que âgés, ont accumulé beaucoup de compétitions. La récupération physique dans un rendez-vous de Coupe africaine des nations n'est pas évidente à cause des délais entre les matches. A cela, l'environnement de l'équipe, probablement affecté par la récente décision de suspension de deux joueurs (Ngom Kome et Meyong Ze) pourrait jouer sur le moral du groupe. Ce n'est pas nouveau.
Les querelles de clocher souvent enregistrées entre les dirigeants de la Fecafoot, les brouilles entretenues dans les relations Fecafoot et Ministère des sports et de l'éducation physique expliqueraient partiellement nos piètres performances aussi bien sur le plan local qu'international. Que de fois brillions-nous par la distraction en oubliant l'essentiel à savoir : tourner le dos à l'amateurisme en repensant profondément l'organisation de nos associations et des compétitions nationales. Revoir l'effectif des équipes aussi bien en première division que dans les divisions inférieures. Former des formateurs et des dirigeants de sport. Engager des réformes audacieuses, peu importe le prix à payer notamment l'instauration des cahiers de charges aux associations sportives. Initier et encourager des partenariats avec des sociétés de transport, D’hôtellerie, de communication et d'information etc.
Concevoir une politique technique nationale cohérente avec en bonne place la formation des encadreurs techniques de haut niveau. Mettre de l'ordre et accompagner techniquement et matériellement les centres de formation en évitant de s'ingérer dans leur fonctionnement tout en encourageant le jumelage avec d'autres centres. C'est peut-être un début de solution à l'exode maîtrisé des talents en herbe c'est-à-dire que les transferts se négocieraient dans le cadre de la coopération entre les centres de formation ou/et des clubs étrangers.
A lire et analyser les décisions prises par les instances disciplinaires, on a l'impression d'encourager le culte du moindre effort. Nous devons nous débarrasser des points acquis sur tapis vert quelque que soit la cause de l'absence d'une équipe sur le terrain. Pour y parvenir, la Fecafoot en relation avec l'AC (Association des Clubs) doit engager des pourparlers pour la prise en charge, par exemple, des frais de transport et éventuellement s'assurer des paiements réguliers des engagements pris par les clubs auprès des joueurs et encadreurs techniques. Au Gabon, sauf modification récente des textes, les frais de transport étaient supportés par l'Etat. L'Acpd qui n'est pas une émanation de la Fecafoot mais l'inverse, ne mesure pas l'importance de ses pouvoirs. Sa voix ne porte pas. Le constat est amer lorsque je me rappelle les circonstances qui furent à l'origine de sa naissance. Nous pensions à un contrepoids pour faire entendre la voix des autres corps de métiers. On se rend plutôt compte que les fédérations ont la primauté sur les associations. A tort.
4- Quelques cas de corruption jamais sanctionnés
4-a- Unité FC-Stade de Mélong à Nkongsamba
L'arbitre central est brutalisé par un joueur de Stade de Mélong à la suite de son expulsion. Compte tenu de l'enjeu pour l'Aigle royal de Nkongsamba, les autorités sportives de la ville négocient avec Unité FC et remettent des enveloppes aux officiels pour enterrer le dossier.
4-b- Aigle de Nkongsamba-Tonnerre de Yaoundé
Mécontent du score de parité (1 but partout), le Président de l'Aigle exige, séance tenante, à la fin du match, le remboursement de son enveloppe supérieure au 500 000 FCFA reçus par l'arbitre.
4-c- Epervier FC d'Ebolowa-RAIL FC de Douala
La Fecafoot dans un tour de prestigitation aux interpoules en 1988, recale Rail FC, 4e au classement pour favoriser PWD de Kumba du regretté Président Fayez classé 5e. Comme si cela ne suffisait pas. Un tournoi triangulaire est organisé entre Epervier d'Ebolowa, Bamboutos et Rail FC. Bamboutos FC négocie avec l'arbitre central tandis que Rail FC contacte Epervier. Pour avoir remis une enveloppe à un dirigeant d'Epervier et face à l'engagement des joueurs adverses sur le terrain, Rail FC profite de la pause pour re-négocier. Finalement, l'intermédiaire est retrouvé et consigne transmise à la bande de Mbita (ancien joueur de Canon) qui se laisse battre sur le score de 2 buts à 0. La mi-temps avait duré plus de 20 minutes. Un illustre spectateur, le Ministre de la jeunesse et des sports Ibrahim Mbombo Njoya, actuel Roi des Bamoun, n'y avait rien compris.
4-d- Rail FC-Union sportive de Njombé
L'avant-centre de l'USN et meilleur buteur du championnat de D2 dans le Littoral est pris la main dans le sac. Deux billets de 5 000 FCFA trempés de sueur retrouvés dans son short. La Fecafoot innocente le coupable à cause de l'absence du Délégué de match au moment du constat des faits par le Commandant de la brigade de gendarmerie de Njombé.
Fernant NENKAM
-Dirigeant de sports/Ecole itinérante du CIO 1989
-Dirigeant de clubs football et handball (1984-1996)
-Initiateur et membre fondateur de l'ACPD
-Ancien Membre des commissions techniques de la
FECAFOOT