Overblog Tous les blogs Top blogs Économie, Finance & Droit Tous les blogs Économie, Finance & Droit
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

La vie c'est savoir partager, j'essaie de partager avec vous ce que je sais mieux faire. Ma passion, le journalisme. J'attends vos commentaires pour annimer cet espace d'échanges et d'informations. Je ferai des efforts pour l'améliorer au jour le jour. Votre motivation sera mon leitmotiv

Publicité

Les épizooties à la bonne table

Viandes animales :
Les épizooties à la bonne table
 
Ecovox – Cipcre
Mars 2000
 
Nathanaël NJOG, Journaliste
 
Des épizooties à la zoonose, il n'y a plus de barrière, selon les révélations des spécialistes, ces jours derniers. La consommation des viandes animales est-elle en passe de menacer notre capital le plus précieux ?
 
Chaque jour, des cartons de viandes congelées, -cuisses de poulet, ailes de dinde, pattes et côtelettes de porc-, importées des pays du Nord sortent des chambres froides pour les congélateurs des poissonneries où les ménagères vont s'en procurer. C'est que, l'onde de choc provoquée depuis 1999 par les successives épidémies animales enregistrées dans les pays occidentaux et leur toxicité avérée sur l'homme par voie digestive n'a véritablement pas bouleversé les habitudes alimentaires des camerounais. Et cela, en dépit de l'arrivée prouvée jusqu'à dans nos marchés des viandes contaminées et des produits alimentaires d'origine animale considérés comme étant à risque.
 
Loin s'en faut. Les consommateurs très friands de chair animale, fut-elle importée, se ravitaillent sans aucune gêne. Non pas du fait d'une quelconque ignorance du grabuge médiatique entretenu tout autour, ou de l'assurance reçue des voies officielles sur l'imperméabilité des barrières de contrôle sanitaire ; mais surtout en raison d'une demande nationale supérieure à la production locale et des prix largement concurrentiels à la viande fraîche.
 
Or la production animale avoisine les 162 millions de tonnes de viande pour une demande supérieure de près de 10 millions de tonnes. Soit une offre de 60 000 tonnes de poissons toutes pêches confondues pour une demande de près de 120 000 tonnes ; 24 000 tonnes de poulet chair pour une demande de 40 000 tonnes ; 160 millions de tonnes de viande bovine pour une demande de 168 millions de tonnes ; et 500 000 tonnes des autres espèces pour une demande de près de 700 000 tonnes. Conséquence de la rareté accentuée et de la flambée des prix des viandes fraîches qu'on observe de plus en plus sur le marché. Une situation normale, répond le Ministre de Tutelle, Hamadjoda Adjoudji puisqu'il estime qu' "aucun pays dans le monde entier ne peut satisfaire à lui seul son marché intérieur de viande bovine surtout. La production étant lente et coûteuse". Sans blague.
 
Dans les pays Européens en revanche, pour éviter une éventuelle pénurie on a industrialisé la production animale en qualité et en quantité. La contrepartie est leur vulnérabilité au moindre virus. C'est ce qui explique la prolifération des épizooties dont les ravages déciment les cheptels. Et les viandes ainsi contaminées deviennent dangereuses pour les consommateurs. A l'instar de l'agent de l'encéphalopathie spongiforme bovine (ESB ou maladie de la vache folle) dont la transmission à l'homme par voie alimentaire est établie à travers de nombreuses victimes humaines enregistrées.
 
Ballottée dans cet engrenage, l'Union Européenne a, pour des raisons sanitaires, pris des mesures sévères contraignant les producteurs d'envoyer à la combustion la kyrielle d'animaux atteinte ou supposée. Tout en frappant d'embargo les exportations de viandes, des produits carnés et celles d'origine animale. Seulement au rythme où les viandes congelées garnissent nos tables on peut parier que certaines de ces viandes contaminées ont franchi sans grande difficulté les barrières de contrôle sanitaire installées sur les frontières. D'autant plus que certains éleveurs vicieux d'Europe, pour alléger les pertes, trouvent subtilement le moyen d'évacuer une partie de ces viandes empoisonnées par les épizooties de fièvre aphteuse, vache folle et poulet à la dioxine vers l'Afrique, mieux les pays pauvres très endettés (PPTE) pour servir de dépotoir à ces maccabées qui seront par la suite ensevelis dans les ventres des populations. Le plus souvent de manière innocente, mais avec la complicité des importateurs locaux avides du gain facile.
 
Ces intentions machiavéliques, en violation flagrante des droits de l'homme sont ainsi justifiées par les exportateurs : "quitte à tuer, mieux vaut tuer pour consommer… et ainsi aider à résoudre certains problèmes de malnutrition que de mettre les cadavres sur les bûchers", rétorquent-ils sans rire. Si le Ministère de l'Elevage, des Pêches et des Industries Animales se vante d'avoir refoulé manu militari un bateau contenant ces déchets, à contrario, il y a des cas où ils ont été déversés sur nos marchés. A l'instar de l'affaire des ailes de dinde avariées.
 
 
 
 
Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article