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Afrique centrale
La compagnie aérienne nationale du Congo Brazzaville est confrontée à d’énormes difficultés financières. Corollaires, son développement et son avenir sont sérieusement entamés.
Selon l’édition N° 748 de La Lettre du Continent du 1er mars 2017, les deux compagnies emblématiques de la sous-région Afrique centrale pique du nez. Principalement celle du Congo Brazzaville qui fait face à une véritable représailles de ses créanciers. On y apprend que la compagnie ECAir est au bord du gouffre. Ses 400 employés (pilotes, personnel naviguant, commercial, cadres, …) se retrouvent depuis plusieurs semaines au chômage technique. Cinq aéronefs de sa flotte, et les plus importantes qui assuraient les lignes long-courriers sur l’Europe ont été saisis par ses créanciers. Quatre des Boeing gros porteurs de cette compagnie aérienne du Congo Brazzaville ont été saisis en Belgique par l’un de ses créanciers, le partenaire Suisse Privat Air qu’on dit disposer d’une base opérationnelle dans le Benelux, pour défaut de paiements de ses créances. Le cinquième Boeing de marque 737-700 immatriculé 00-JJI a été pour sa part retenu à Woensdrechnt, aux Pays-Bas par la société belge TUIfly Belguim.
Une situation qui a mis dans tous ses états le gouvernement du Congo Brazzaville qui a dépêché entre le 1er et le 6 février dernier pour une mission kamikaze l’un des hommes de confiance du président Sassou Nguesso, le Ministre des Grands Travaux, Jean-Jacques Bouya. Malheureusement celle-ci s’est révélée infructueuse. Celui qui est présenté comme le chargé du règlement des litiges entre le Congo et ses créanciers n’est pas parvenu à convaincre ses interlocuteurs. Corollaire, ces créanciers Suisse Privat Air et belge TUIfly Belguim sont restés crampés sur leurs positions en opposant un refus catégorique au rapatriement des aéronefs acquis en leasing si les créances n’étaient pas payées. Des sources proches de la direction générale d’ECAir, nous ont confié qu’une action a été engagée devant le tribunal commercial de Londres pour faire entendre raison à son partenaire PrivatAir. Confiant, elles disent attendre, courant ce mois de mars une décision de justice pour obtenir la levée conservatoire de ses quatre Boeing saisis en Belgique.
Outre ses deux partenaires suscités, auteurs des saisies des cinq aéronefs de marques Boeing, il faut dire que d’autres entreprises étrangères partenaires réclament des créances importantes. C’est le cas de l’entreprise belge Sabena Aerospace qui réclame 3 millions d’euros (environ 1 962 milliards Fcfa) pour des travaux de maintenance aéronautique. La société X-Air Service spécialisé réclame pour des travaux de maintenance la somme de 210 380 euros (environ 137 885 520 Fcfa). La société Aeroport de Zaventem qui exige pour les arriérés de taxes de stationnement la somme de 609 796 euros (environ 398 806 584 Fcfa). La société Belge AV Rotables, fournisseur des pièces de rechanges du Boeing 737-300 réclame une créance de 141 000 euros (environ 92 214 000 Fcfa). Quant à TUIfly, opérateur technique sur le Boeing 737-700, sa créance s’élève entre 3,7 millions d’euros (2,4198 milliards d’euros). Comme une épidémie ; EcAir en moins d’une demi-dizaine d’années d’existence ploie telle que sa consœur Camair-Co avec laquelle elles voulaient s’illustrer comme des emblématiques de la sous-région Afrique centrale sur des dizaines de milliards de dettes.
Mathieu Nathanaël Njog