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Affaire Chantier naval
Lors des audiences du 1er, 2 et 3 mars, Zacchaeus Forjindam, l’ex Dg du Chantier naval et industriel du Cameroun dit être choqué par la mauvaise foi de Louis Claude Nyassa, Pca, lors de sa déposition devant le tribunal.
Pendant trois jours, les audiences de l’affaire opposant le ministère public et le Chantier naval et industriel du Cameroun (Cnic) à Zacchaeus Mungwe Forjindam, Mme Njoh Moudio née Massot Rose Contansce et sept autres coaccusés en cavale ont porté autour de la réception par le tribunal des pièces justificatives présentées par les conseils de l’accusé pour les dépenses fictives portées dans l’accusation. Notamment, du règlement des chèques non justifiés d’un montant de 652 851 579 Fcfa frauduleusement obtenu. Pour lesquels sont poursuivis les accusés Zacchaeus Forjindam, et les fugitifs Antoine Njiande, Samuel Youta, Mathurin Gounou, Annette Meugang et Julius Fotikali Nuvalla. Préalablement qualifiés de faux par la partie civile, la présidente du tribunal avait renvoyé l’affaire au motif que la défense de l’accusé devait présenter les originaux des factures en question.
Lundi 1er mars, malgré les réserves du ministère public, le tribunal a admis les pièces justificatives équivalant à un montant de 651 millions Fcfa. La différence est de 1 851 579 Fcfa dont il n’a pas produit les pièces justificatives. Il reste toutefois que ces pièces justificatives soient validées. La suite du procès nous en dira. Ensuite c’est ouvert l’examination in chief. Phase pendant laquelle, les conseils de Forjindam ont interrogé leur client pour apporter plus d’éclairage au tribunal sur les accusations accablantes des témoins. Sur l’audit effectué par le commissaire aux comptes, Charles Kouoh II ; Forjindam accuse ce dernier d’avoir effectué plusieurs faux pour l’inculper. Insinuant qu’il est le fruit d’une machination. Non sans rappeler que c’est ce même commissaire aux comptes qui avait validé les comptes financiers des exercices 2003 à 2005, qui avaient valu un quitus du conseil d’administration. Curieusement dont la gestion est au centre de cette affaire. S’agissant de la prise d’intérêts qui est aussi l’une des infractions qui lui sont reprochées dans cette affaire, Forjindam soutient qu’il n’était pas au courant que ses collaborateurs et ex collaborateurs étaient des fournisseurs du Chantier naval. Par conséquence, il n’est ni de près ni de loin lié à une quelconque entreprise fournisseur. Sous sa gestion, il affirme qu’il y avait plus d’un millier de fournisseurs dont il n’avait aucun contact, sauf lorsque certains faisaient recours à lui pour régler des conflits avec la direction des opérations qui étaient leur interlocuteur.
Le Pca décline toute responsabilité
Afin, Forjindam dans une accusation insidieuse, engage la responsabilité de Louis Claude Nyassa, Pca. Il affirme qu’aucun des quatre niveaux de contrôle de gestion (parmi lesquels le commissaire aux comptes et le conseil d’administration) prévu par les textes régissant la Cnic n’ont à aucun moment relevé des dysfonctionnements et irrégularités de gestion qu’on retrouve dans cette accusation. «Coaction de détournement de deniers publics et complicité de prise d’intérêts dans un acte, portant globalement sur la somme de 969 171 579 Fcfa couvrant les exercices 2003 à 2005.» Si oui, il a reçu toujours d’eux pendant des félicitations. Surtout que de toutes les affaires liées à l’opération épervier, notamment celle concernant la gestion des entreprises publiques et parapubliques, seule celle du Cnic n’a pas connu l’arrestation du Pca. Voire même du commissaire aux comptes. Louis Claude Nyassa a reconnu que le conseil d’administration avait lui aussi une bonne idée du Dg jusqu’aux révélations du commissaire aux comptes et de l’audit de Jérôme Minlend des faisant état des irrégularités de gestions notoires.
Ce qui avait conduit lors du conseil d’administration du 28 juillet 2006, affirmait Louis Claude Nyassa à la prise de deux résolutions importantes. L’une instituait la double signature pour tout mouvement de fonds, tandis que l’autre (restée secrète) s’adressait à la hiérarchie en disant que le conseil avait retiré sa confiance au Dg et lui demandait la nomination d’un Dg adjoint. Et déclinant toute responsabilité du conseil d’administration qu’il dirige, le Pca avait dit lors de son audition que la responsabilité de l’examen des pièces financières et comptables était de la compétence du commissaire au compte.
D’ailleurs, Forjindam a dit être choqué par la mauvaise foi de Louis Claude Nyassa qui a affirmé lors de sa déposition devant le tribunal que le Cnic n’avait pas de compte social. Or l’ex Dg du Chantier naval, tout en donnant la ligne budgétaire, de l’exercice 2005, soutient qu’il y était contenu les comptes portant : - aux dons d’un montant de 60 millions Fcfa – au mécénat d’un montant de 70 millions – et funéraire d’un montant de 17 millions Fcfa. Pour insinuer la responsabilité du Pca, les avocats de la défense relevaient ensuite que le conseil d’administration du Cnic coûtait près de 238 millions de Fcfa par an dans une entreprise «portée à bout de bras». Accusant le Pca et les administrateurs de percevoir les indemnités de session surévaluées en violations des textes. Pour toute réponse, Louis Claude Nyassa avait déclaré que : « Ces frais sont officiels et décidés par l’assemblée générale.»
Le tribunal a renvoyé la cause aux 29, 30 et 31 mars 2010, au motif de permettre au ministère public de mieux se pourvoir pour la cross-examination, mieux la contre interrogation.
André Som, article publié dans Aurore plus du 05/03/2010