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Urgence d’une réforme profonde

Administration territoriale

Les recommandations qu’il a données aux gouverneurs de régions et aux N°2 du commandement des forces du maintien de l’ordre, au terme de trois jours de travaux de cette conférence, empruntent à celles d’un ministre de l’intérieur qui veut avoir le contrôle sur les hommes de commandement et les hommes en charge de la sûreté et de la sécurité de son pays. Malheureusement, le Cameroun est l’un des rares pays au monde dépourvu d’un ministère de l’intérieur. Or dans la majorité des pays qui ont des institutions fortes, le ministre de l’intérieur existe bel et bien dans le gouvernement, et il est le super patron à la fois des autorités administratives (des gouverneurs, des préfets, sous-préfets et des maires des communes) et les forces de police. «Avec tout ce monde sur le même commandement, la sécurité des citoyens peut être mieux assurée» dixit Jean Vincent Tchienehom. Avant de poursuivre dans sa chronique tri-hebdomadaire sur radio Equinoxe que «le Cameroun sous Ahidjo et Biya a choisit une autre solution, celle de séparer l’administration territoriale de la police.» L’option, conclut-il «est contre productive», car le gouverneur des régions et les responsables régionaux des forces de maintien de l’ordre, répondent aux ordres de leurs  supérieurs hiérarchiques  respectifs. Pis encore, c’est depuis les premières années de l’indépendance que sous ces deux régimes successifs, les chefs d’Etat ont décidé d’avoir la haute main sur la police, en la rattachant à la présidence de la République. Certainement pour contrôler les services des renseignements généraux. «Ahidjo justifiait cette précaution par les raisons liées à la difficile construction du nouvel Etat souverain et à la lutte contre le maquis, mais 50 ans après est-il vraiment nécessaire que la police reste sous le contrôle direct de la présidence ?» s’interroge Jean Vincent Tchienehom.

Simplement, en décidant de rattacher la police à l’administration territoriale pour en faire un ministère de l’intérieur comme dans tous les autres pays modernes du monde, il ne fait pas de doute que le ministre qui occupe le poste devient forcément un personnage politique très puissant et même un potentiel dauphin. Puisqu’il a la possibilité de contrôler le pays  avec des hommes clés dont il gère les carrières, mais aussi les renseignements confidentiels et sensibles sur l’ensemble du pays. Plusieurs hommes politiques à travers le monde se sont forgés un destin présidentiel en passant par le ministère de l’intérieur. A l’instar de Nicolas Sarkozy. C’est certainement ce type de scénario que Paul Biya redouterait «puisqu’il existe au Cameroun une loi non écrite qui veut que le seul homme fort du pays, soit le président de la République, président du parti au pouvoir qui risque de redevenir d’ailleurs le parti unique », souligne JVT. Et ses thuriféraires défendent mordicus cet archaïsme datant des années 60. Il y a quelques semaines Jacques Fame Ndongo, ministre de l’enseignement supérieur et homme du sérail a déclaré tout honte bue : « nous sommes tous des créatures ou des créations du président Paul Biya, c’est à lui que doit revenir toute la gloire de tout ce que nous faisons, personne d’autre d’entre nous n’est  important. Nous ne sommes que ses serviteurs et ses esclaves.»

Le chroniqueur de radio Equinoxe fait remarquer qu’il n’est pas sain que dans un pays le seul homme fort soit le chef de l’Etat. En Egypte face au grondement de la rue, Hosny M. vient de s’en rendre compte mais il a compris beaucoup trop tard en nommant précipitamment un vice-président de la République, alors qu’il s’y était refusé pendant 30 ans. Et de poursuivre que «le Cameroun a lui aussi besoin d’une réforme de forte amplitude s’il veut asseoir solidement les bases de sa  modernisation politique.» Avant de conclure que «ce serait un bon poids pour l’homme du renouveau qui doit se souvenir de cette vérité venue d’Amérique et énoncée avec conviction par Barack Obama : l’Afrique n’a pas  besoin d’hommes forts mais de fortes institutions.»

André Som

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