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Monsieur le président du Free media group, éditeur du quotidien Le Messager,
Depuis trois éditions (mercredi 10, lundi 16 et mardi 17 février 2010) vous publiez en page 2 de votre canard un communiqué indiquant que cinq de vos anciens collaborateurs ne font plus partie de vos effectifs. Ce n’est plus une information pour le grand public et particulièrement pour les lecteurs du quotidien Le Messager. D’autant plus que la crise sociale que traverse le Messager depuis le 2 décembre 2009 est connue de tous. Ses conséquences avec.
C’est pourquoi nous nous étonnons de l’insistance que vous avez à publier ce communiqué. S’il y a un besoin de remplir vos douze pages, vous voudriez bien mettre vos collaborateurs à l’ouvrage, ou mieux, diffuser les échanges de services pour les hôtels avec lesquels vous êtes en contrat comme par le passé. Une fois, nous aurions compris, mais plusieurs fois, il va de soi que cela ressemble fort bien à un acharnement doublé d’une volonté de nuire. Car vous essayez insidieusement de nous faire passer pour des personnes qui ont commis à l’égard de Le Messager un délit de droit commun. A notre connaissance, il n’en est rien. Sauf si réclamer ses arriérés de salaires nous rend coupable devant la loi. Au mieux à vos yeux. Même si nous restons de par la loi encore liés au journal Le Messager du fait que notre contentieux reste pendant à la délégation du travail et de la sécurité sociale du Littoral, individuellement nous n’avions plus jamais représenté le Messager, ni répondu à une invitation comme personnel de cette entreprise de presse, si cela en est une.
Car les certificats de travail dressés par votre administration sont dans la forme et dans le fond nuls et de nul effet. Manifestement dans votre volonté de nuire, vous l’avez daté du 8 février 2009, au lieu du 08 février 2010 comme cela se devrait. Une erreur pas du tout innocente. Contrairement au Code du travail, en particulier et au droit du travail en général qui, tous l’interdisent, vous avez mentionné les raisons de la cessation de collaboration. Pire, celle évoquée n’est pas juste. Raison suffisante pour vous abstenir de l’évoquer. Quant à la durée de notre collaboration, vous avez, pour certains d’entre nous, réduit leur ancienneté ; pour nous tous, vous avez intentionnellement daté au 30 novembre 2009 la fin de notre collaboration. Pourtant, le débrayage a débuté le 2 décembre 2009 et vous avez décidé de notre fin de collaboration le 8 décembre lors d’une réunion tripartite (en présence des syndicats). C’est la preuve que c’est vous qui aviez mis fin à notre collaboration. Assumez-le pardi. Il y a aussi le statut de plusieurs d’entre nous que vous avez faussé.
Si ce communiqué laconique, laisse transparaître un flou sur cette fin de collaboration, il faut rappeler à l’intention de l’opinion à qui vous avez choisi de vous adresser pour tenter désespérément d’échapper aux contraintes du droit du travail en vigueur dans notre pays, que, c’est après plus de deux mois de confrontation à la délégation du travail du Littoral à Douala que vous aviez été contraint, à la suite d’une mise ne demeure de Madame le délégué régionale du travail et de la sécurité sociale du Littoral, de clarifier notre situation contractuelle.
Faut-il vous le rappeler, au cas où votre mémoire commencerait à vous jouer de petits tours, vous avec mis fin à notre collaboration alors que nous étions déjà rendu au 3 février 2010. Nous qui avons eu le courage de dire non à cette gestion épicière du journal Le Messager, frisant franchement l’esclavagisme, étions vingt deux au départ. Vous avez retourné une bonne partie et il est resté dix de vos anciens collaborateurs bannis pour avoir décidé de réclamer leurs dus salariaux élémentaires parce que échus. Malheureusement, toute honte bue, votre communiqué ne ressort plus que cinq noms.
Ce n’est pas innocent. Non seulement vous avez choisi ceux dont vous avez décidé de ternir la réputation, mais en plus, vous ne voulez pas passer aux yeux de l’opinion publique comme un employeur qui vient de connaître une forte hémorragie au sein de son personnel. Et de quelle manière ? Avec la séparation de dix de vos collaborateurs pour avoir réclamé sept mois d’arriérés de salaire.
Curieux non! En tout cas, vous devez sans doute savoir qu’aucune entreprise citoyenne ne pourrait accepter coller son image à un tel média. Vous devez tellement le savoir, vous qui avez passé tout le temps que vous encombrez l’espace public de vos prétentions sans conviction, à faire croire à l’opinion nationale et internationale que vous êtes un chantre de la défense des droits de l’Homme et des Libertés. Votre masque vient de tomber. Lourdement. Pathétiquement même. Comme on dit dans nos quartiers que vous devez bien connaître, vous venez de vous casser la figure. Comment comprendre en effet que vous licenciiez une dizaine des membres de votre personnel pour avoir simplement réclamé, en plus pacifiquement, 7 mois d’arriérés de leurs salaires dus, vous qui aviez en 1978, alors jeune journaliste localier, tendu une embuscade à votre employeur, Abodel Karimou, sur le pont du Wouri pour l’empoigner et revendiquer votre mois de salaire non payé ?
Plus encore, nous avions manifesté notre volonté de reprendre le service à la suite d’une négociation tripartite entre vous, le personnel et les syndicats (invités par vous) à une réunion le 8 décembre 2009. Et aussi à la demande des organisations internationales telles que la Fédération internationale des journalistes (Fij) qui ont exigé de nous reprendre. Pis encore, avec votre communiqué, l’opinion publique pourrait penser que vous vous êtes acquittés de tous nos droits. Pourtant, vous nous êtes redevables encore de nos arriérés de salaires dont les mois continuent à augmenter jusqu’à ce que vous nous délivriez des certificats de travail en bonne et due forme.
Rappelons que lors de la confrontation du 3 février 2010, devant le délégué du travail et la sécurité sociale du littoral, dix procès verbaux de conciliation partielle ont été dressés individuellement pour les dix collaborateurs suscités. Nos droits sociaux y sont réclamés. Nous attendons de rentrer dans nos droits. Dites aussi à l’opinion publique devant laquelle vous avez décidé de nous discréditer qu’aucun d’entre nous ne bénéficie d’une couverture sociale, et qu’aucun de vos collaborateurs n’est inscrit à la Cnps. Avec des anciennetés de travail allant jusqu’à dix sept ans, gâchés qu’ils ne pourront jouir à leur retraite. Et que depuis que vous avez payé trois mois d’arriérés de salaire le 24 décembre 2009 sur les sept que nous réclamions, même ceux de nos anciens collègues encore en poste n’ont plus perçu au 18 février 2010 un radis de leur salaire. Cela a pour corollaire de rallonger votre dette sociale à l’égard de tout le monde à six mois d’arriérés à ce jour. Une attitude de négrier. Obligeant vos collaborateurs à devenir des rentiers. Pourtant si nous avions été fiers de faire partie du personnel du journal Le Messager, c’est parce que vous véhiculiez des valeurs de dignité et d’humanisme, malheureusement la réalité a été tout autre, parce que votre personnel est déshumanisé depuis près de cinq ans. On peut compter une centaine de départs volontaires ou non. Tirez en les conséquences qui s’imposent. Sos, sauvons Le Messager, c’est un pan de l’histoire de la presse camerounaise qui est ainsi dangereusement à la lézarde.
Le Collectif du personnel licencié du journal Le Messager
(Roland Tsapi, Léopold Chendjou, Bernard Batana, Mathieu Nathanaël Njog, Sévère Kamen, Frank William Batchou, Linda Mbiapa, Francis T. Meli, Serge Dooh, Michèle Kamo, )