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La Guinée-équatoriale atteinte de la cote d’alerte

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Xénophobie

Une nouvelle vague de 30 étrangers sont arrivés mardi 23 février 2010 à Campo. Cela fait le troisième contingent pour le seul mois de février. Soit au total 62 étrangers expulsés.

 

Une nouvelle vague de 30 étrangers sont arrivés mardi 23 février 2010 à Campo. Cela fait le troisième contingent pour le seul mois de février. Soit au total 62 migrants étrangers expulsés. Selon le premier adjoint préfectoral de l’Océan, Ndobo Kuntz Placide, que nous avons joint au téléphone, hier mercredi 24 février 2010, il a été enregistré l’arrivée d’une nouvelle vague d’expulsion. Au nombre de 30 migrants étrangers, parmi lesquels des camerounais et d’autres ressortissants des pays subsahariens. Une arrivée qui n’a pas été une surprise d’autant plus le précédent contingent de 19 migrants expulsés arrivés le vendredi 19 février avait annoncé aux autorités administratives qu’une autre vague de refoulés arriverait dans les prochains jours. Le Sous-préfet de Campo a été chargé de les accueillir avant que les procédures administratives et si possibles de prise en charge par les organismes des droits de l’Homme ne permettent leurs transferts auprès de leurs familles respectives ou des connaissances. Il était difficile au premier adjoint préfectoral de communiquer la composition de cet autre contingent des refoulés. Et pour cause, il n’avait pas les moyens financiers pour assurer leur transfert de Campo pour Kribi, encore moins de recevoir le bordereau d’enregistrement établi à la sous-préfecture de Campo. Les moyens de communication n’étant pas encore de pointes.

Mais aussi parce qu’aucune Ong de défense des droits de l’homme ne s’est impliquée dans cette opération. L’Ong, Un Monde Avenir qui a souvent offert son étroite collaboration dans la facilitation du transfert de ses camerounais et autres communautés étrangères (Malienne, Nigériane,…)  de Campo pour Kribi dans un premier temps sous escorte militaire et de Kribi pour les métropoles camerounaises (Douala et Yaoundé) n’a pas pu apporter sa sollicitude habituelle. «Nous avons la volonté, mais il se trouve que notre personnel est dispersé dans plusieurs autres activités, ce qui nous handicap sérieusement pour apporter notre assistance habituelle », affirme Philippe Nanga, Coordonnateur de l’Ong Un Monde Avenir. Dans ces conditions, le Sous-préfet de Campo, va uniquement se charger de les établir des certificats de rapatriement et laisse chacun se débrouiller de ses propres moyens pour Kribi et plus tard les métropoles. Un abandon de l’Etat qui est criard. Surtout lorsqu’on apprend que la quasi-totalité est refoulée sans aucun sou, ni aucune pièce d’identité. Après avoir été dépouillés de leurs biens et avoirs ; et même subis des sévices et tortures inhumaines. C’est sur la base des déclarations verbales que sont établies les certificats de rapatriement qui les servent de pièce d’identification au cours de leur parcours du combattant vers le retour des villes (Douala, Yaoundé, Mamfé, Dschang, Garoua, Ngaoundéré,…), voire les pays (Mali, Nigeria, Bénin, Niger, Ghana) de départ.

Les motifs officiels de leur expulsion portent toutes sur l’irrégularité de leur situation sur le sol équato-guinéen : - Cartes de séjour, cartes de résidence et visas expirés. En revanche, ses migrants refoulés réfutent ces raisons des autorités équato-guinéennes, en soutenant qu’ils ont été victimes d’emprisonnement arbitraire dans les conditions ignobles et par la suite de rapatriements abusifs. Car même ceux détenteurs des titres de séjours en cour de validités ont été retirés, de même que leur passeport pour éteindre toute trace justificative. Et les organisations des droits de l’Homme de rappeler que « cela est violation de l’article 13 de la Charte universelle des droits de l’Homme qui reconnaît à tout individu le droit d’aller et de venir et de s’installer partout où il lui semble agréable de vivre. Et cela est de nature à conduire à la décadence de la solidarité africaine qui se traduit par la fermeture des frontières entre états voisins et se manifeste par la reconduite des travailleurs immigrés aux postes de frontières et les expulsions en masses des ressortissants des pays étrangers souvent dans les conditions inhumaines et à travers des moyens non conventionnels », dénonce Philippe Nanga.

 

Menace sur la Cemac

 

Dans le but de contribuer à l’intégration sous-régionale, les chefs d’Etats de l’Afrique centrale, réuni à la mi-janvier à Bangui, se sont engagés à s’abstenir de toute mesure susceptible de faire obstacle à l’union. Ils ont décidé d’accélérer le processus de l’union en anticipant sur le chronogramme établi en adoptant le principe de la libre circulation des biens et des personnes dans la zone. Même si sur le terrain la réalité est tout autre. La conférence des chefs d’Etats de l’Afrique centrale a mis un accent sur la mise en œuvre de la feuille de route consensuelle visant à consolider la libre circulation des biens et personnes sur toute la zone de la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale (Cemac). D’autant plus que, à cette date seuls la Rca, le Cameroun, le Congo et le Tchad appliquaient ce consensus de l’ouverture des frontières aux ressortissants de ses quatre pays qui y franchissent sans visa. Le Gabon et la Guinée Equatoriale, étant à la traîne. Le Gabon, au départ préoccupé par des questions de sécurité. Il a exigé et obtenu lors des dernières assises de Bangui, l’intégration de données biométriques dans ce passeport et ils exigent néanmoins le contrôle au niveau des frontières. Ceci avec la collaboration étroite d’Interpol. L’entrée en vigueur est annoncée pour le 1er avril 2010. On espère que ce sera la bonne. Ainsi, on aura plus besoin de visa pour entrer au Gabon ou en Guinée équatoriale. Car les deux pays, autrefois réticents, se sont engagés à favoriser la libre circulation des biens et des personnes en supprimant le visa pour l’entrée dans leurs territoires. Mais la vague des expulsions des camerounais et autres étrangers venant des pays voisins, observée ces derniers jours laisse dubitatif.

Mathieu Nathanaël NJOG

 

 

 

 

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