La vie c'est savoir partager, j'essaie de partager avec vous ce que je sais mieux faire. Ma passion, le journalisme. J'attends vos commentaires pour annimer cet espace d'échanges et d'informations. Je ferai des efforts pour l'améliorer au jour le jour. Votre motivation sera mon leitmotiv
Emeutes de février 2008
Purgeant une peine de 3 ans de prison ferme assortie du paiement des dommages et intérêts de 280 millions de F Cfa, Lapiro de Mbanga, a décidé de faire tomber les masques.
Lambo Sandjo Pierre Roger, de son nom d’artiste, Lapiro de Mbanga a décidé de contre-attaquer pour que la vérité jaillisse dans l’affaire des émeutes de fin février 2008 dans laquelle la condamnation du tribunal de première instance (Tgi) du Moungo a été confirmée à la Cour d’Appel du Littoral. Il vient de décider d’engager des poursuites judiciaires contre Ntyame Ntyame Michel, le président du Tgi du Moungo. Une plainte dans laquelle il cite aussi le directeur général de la société des Plantations de Mbanga et Pierre Moulina son directeur des ressources humaines. Son accusation contre le président du Tgi du Moungo s’appuie sur le fait que ce dernier a modifié les déclarations des témoins dans son jugement pour corser les faits reprochés à Lapiro de Mbanga en infraction. Des modifications que Lapiro de Mbanga, n’a eues de cesse de relever à la Cour d’appel pour démonter l’accusation. Rien n’y a fait. Ce qui ne cesse de conforter Lapiro de Mbanga du fond de sa cellule à la prison centrale de Douala qu’il est victime d’une conspiration des mains tapis dans l’ombre et d’une justice aux ordres. Il en veut pour preuve les notes d’audience du Tgi du Moungo du 9 juillet 2008 et le jugement qui a été rendu le 24 septembre 2008, en passant par les différentes déclarations de toutes les parties ayant déposées dans cette affaire.
Selon, Lapiro de Mbanga, il y a plusieurs incohérences qui méritent de s’y attarder au point de susciter des interrogations sur le procès Kafkaïen qui a conduit à un jugement qu’il qualifie de sévère. Pour soutenir cette conviction, Lapiro de Mbanga met à l’index les changements de déclaration du témoin du ministère public, Eyambe de Mbelle, entre les minutes d’audience et le jugement du président du Tgi du Moungo, Ntyame Ntyame Michel. «Le 27 février 2008 à 11h me trouvant à la sous-préfecture, les assaillants ont mis une moto dans l’immeuble qui abrite les impôts, après avoir cassé la porte. Ils y ont mis du feu pour incendier le bâtiment. Les policiers les ont chassés. Quelques temps après, ils sont revenus cette fois avec des herbes sèches et aussitôt M. Lapiro est arrivé sur une moto avec deux bidons de carburant qu’il a remis aux enfants qui se sont mis à l’ovationner, président, président. Immédiatement après, ces enfants ont définitivement mis le feu dans l’immeuble des impôts qui a été consumé. Je jure que j’ai bien vu et ce que je dis, ce n’est que ce que j’ai vu », déclare le témoin Eyambe de Mbelle dans les notes d’audience. Et dans le jugement rendu le 24 septembre 2008, il est ressort ceci : « En ce qui concerne Eyambe de Mbelle, celui-ci a révélé que le 27 février 2008 vers 11h, étant perché à la sous-préfecture de Mbanga, il a vu les assaillants déposer une moto dans l’immeuble qui abrite le centre divisionnaire des impôts de Mbanga, immeuble dont ils ont au préalable cassé la porte. Qu’en voulant y mettre du feu, ils ont été chassés par des policiers. Que quelques temps après, ils sont revenus à la charge cette fois-là avec des herbes sèches et aussitôt, Lambo Sandjo (Lapiro, Ndlr) est arrivé sur une moto avec deux bidons de carburant qu’il a remis aux manifestants qui se sont mis à l’ovationner président, président. Qu’immédiatement, ces jeunes ont refait irruption dans ledit immeuble, y ont mis du feu, et tout a été consumé ». Et Lapiro de conclure que cette incohérence est constitutive du délit de faux dans un acte de Justice.
La Spm joue-t-elle un double jeu ?
Par ailleurs, il relève les témoignages contradictoires des témoins à charge, en l’occurrence ceux de Eyambe et Mukete Njoh au sujet de Tigana (un moto taximan de Mbanga Ndlr) lors de leur confrontation. En outre, il s’étonne de ce que le président du Tgi, dirigeant la collégialité de la chambre criminelle dans laquelle il était jugé n’a jamais cru bon de faire déposer les policiers dont il est fait mention dans ces témoignages. Surtout qu’il ressort que c’est eux qui ont chassé les assaillants lorsqu’ils sont arrivés pour la première tentative d’incendie du bâtiment du centre divisionnaire des impôts. Curieusement, les juges ont feint de se demander où les mêmes policiers étaient passés lorsque les assaillants sont revenus à la charge avec la complicité de Lapiro. Pourtant ce dernier soutient les preuves à l’appuie que ce jour là, le 27 février 2008, il n’est pas sorti de son domicile. Il faut dire que le centre divisionnaire des impôts de Mbanga est situé en face de la sous-préfecture et à 100 m du bureau du procureur de la République, de la prison principal de Mbanga et de la brigade des recherches de la gendarmerie. Lorsqu’on sait que ce jour cité était un mercredi, donc un jour ouvrable, fait-il remarquer, il ne comprend pas ses avocats avec qui personne d’autre que Eyambe de Mbelle n’ait vu la scène ? Pis encore, alors qu’il était déjà condamné, et qu’il avait audience au Tpi de Mbanga pour une autre affaire, en avril 2009, les portes du Centre divisionnaire des impôts de Mbanga seront retrouvées dans un domicile privé à Mbanga. Un constat d’huissier a été fait et le détenteur reconnaîtra que la détention de ces portes lui avait entraîné des ennuis et il ne s’était en sorti qu’après avoir soudoyé le commissaire de sécurité publique Assoa Assoa qui vient d’être victime d’une affectation disciplinaire à Ngaoundéré où il est désormais 2è adjoint au commandant du Gmi. Une ville où il retrouve, l’ex-sous-préfet de Mbanga, Simon Nkwenti Ndo, lui aussi affecté un an plutôt 3è sous-préfet dans la même ville. Une coïncidence qui sonne comme une ville d’exil pour ces deux autorités qui ont activement contribué aux malheurs actuels de Lapiro de Mbanga. Autant contre Eyambé de Mbelle que du commissaire Assoa Assoa, Lambo Sandjo Pierre Roger a porté des plaintes respectivement pour faux témoignage et pour tentative d’assassinat, mais toutes ses plaintes piétinent encore dans les méandres de la justice. Pis encore, le procureur de la République du Tpi de Mbanga refuse de lui établir l’ordre d’extraction pour lui permettre d’assister à différentes audiences. Toutes choses qui ont amené Lapiro de Mbanga, il y a quelques semaines à dessaisir ce tribunal de toutes ces affaires.
Dans sa récente plainte, il a aussi impliqué le Dg et le Drh de la Spm. Non seulement parce que tout en ayant clamé haut et fort que la Spm n’a jamais porté plainte à Lapiro de Mbanga, la décision de justice leur a octroyé 200 millions en guise de dommages et intérêts. Curieusement ! D’autant plus que, les témoins de la Spm, notamment Pierre Molima, le Drh n’a eu de cesse de rappeler que c’est la Spm qui avait réquisitionné Lapiro de Mbanga au regard de sa qualité de leader d’opinion pour dissuader les casseurs de ne pas s’en prendre aux patrimoines de la Spm. Lapiro de Mbanga arrive au constat que la Justice refuse de prendre en considération le témoignage de tous ceux qui l’innocentaient dans cette affaire. Et est convaincu que la justice est aux ordres pour guillotiner les têtes de turcs comme lui (Lapiro de Mbanga). Et de conclure qu’il est la victime d'un rouleau compresseur qui aurait décidé d'en finir avec lui. Mais le condamné qui vient de décliner une démarche du Comicodi de demander une grâce présidentielle est de ne pas se laisser broyer par la machine de la justice. «Je n'ai pas dit mon dernier mot. La Cour suprême finira par m'innocenter», soutient-il mordicus. Inculpé pour «complicité de délit d’attroupement, d’obstacle à la voie publique, d’incendie volontaire, de dégradation des biens publics ou classés, de destruction des biens ainsi que de crime de pillage en bande », Lambo Sandjo Pierre Roger, alias Lapiro de Mbanga, ajoute : «Ce tribunal qui apparemment est utilisé par le pouvoir politique pour m'anéantir, a peur de l'opinion publique nationale et internationale.»
André Som, article publié dans Aurore plus du 7 mai 2010