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Banda Kani dans le collimateur du réseau Ekane Anicet

Crise au Manidem

Une réunion d’urgence du bureau politique tenue samedi dernier à Douala a désavoué la démarche du président national et soumis son sort à la réunion du comité national de coordination annoncé pour la fin du mois.

 

Le siège du Mouvement africain pour la nouvelle indépendance et la démocratie (Manidem)  au carrefour Tif à Akwa-Douala était l’attraction de la presse samedi 7 mai 2010. Et pour cause, une réunion du bureau politique était convoquée d’urgence en session extraordinaire, pour statuer sur la crise qui secoue ce parti une semaine plus tôt. Il n’en était autrement puisque, c’était le seul point à l’ordre du jour. Mais pour ne pas arranger les choses, l’absence du président Banda Kani, principal protagoniste de cette crise a été fortement remarquée. Ce qui a laissé planer comme un goût d’inachevé voire d’illégalité de cette assise. Même si les participants ont vite fait de soutenir que le quorum était atteint, avec en prime plusieurs procurations. Soit 22 des 25 membres parmi lesquels, les potentiels membres qu’entend exclure le président. Toutefois, ils ne pouvaient prendre aucune  décision à l’encontre du président, conformément aux dispositions statutaires du parti. Même s’ils déplorent son absence, ils affirment qu’il avait été régulièrement informé et invité à y prendre part. Si Banda Kani ne réfute,  pas cet argument, il soutient mordicus que cette assise est illégale.

C’est dire que la montagne a accouché d’une souris. L’exclusion du président en fonction que prédisaient les proches de l’ex président Anicet Ekane n’a pas eu lieu. Banda Kani reste et demeure jusqu’à nouvel avis le président national du Manidem. «Le Bureau politique n’était réuni pour couper les têtes. Nous avons juste fait un état des lieux de la crise de direction au sein du Manidem. Un dossier a été préparé et sera transmis au Comité national de coordination qui se réunira le 29 mai 2010. Après étude, cette instance prendra une décision sur le cas Banda Kani. Tout dépendra de ce dernier. Mais déjà on souhaiterait avoir sa version des faits. Ce qui suppose que le camarade président consente déjà d’y participe pour justifier ses agissements et ses sorties médiatiques. Si Banda Kani avait des plaintes, il aurait dû attendre de les soumettre au Cnc, comme le prévoit les textes», explique Jean Emmanuel Mpouma, un des membres du bureau directeur. Avant de poursuivre, « En attendant le 29 mai prochain, poursuit-il, le président du Manidem est attendu à la permanence du parti où on ne l’a plus vu depuis le 5 mai. Et on comprend qu’il puisse naître de telles incompréhensions. Il faudrait tout simplement que les uns et les autres aillent à ces assises dans le but de laver le linge sale en famille. Car au regard des défis qui nous attendent, on ne devrait pas se tromper de cible.»

 

La lézarde se poursuit

Préalablement la session séance extraordinaire du bureau politique du Manidem de samedi dernier, a constaté « la nullité » et « l’inapplicabilité » de l’exclusion de son sein de six cadres comme l’annonce le président Banda Kani. Il s’agit de : Fils Valentin Dongmo, vice-président chargé des élections et des relations avec les institutions de la République, Pierre Abanda Kpama, secrétaire à la formation, Richard Martin Ntondo, secrétaire à l’organisation, Jean Emmanuel Mpouma, secrétaire adjoint des affaires économiques, Bona Bepa, coordinateur du parti dans le département du Mfoundi, et Ghonda Nounga, simple membre du Bureau politique. Est-ce que d’ici là le président Banda Kani aura mis de l’eau dans son vin et accepter cette issue du bureau politique? Difficile de le dire, car il semble toujours resté figé sur ses positions de départ. Obtenir la tête de ces membres qu’il désigne comme ceux qui pourrissent la vie du parti depuis sa prise de fonction. «Les membres que j’ai exclus le demeurent jusqu’à nouvel avis. Les résolutions du Bureau politique sont de nul effet. Et la convocation du Cnc est illégale», inisiste-t-il fermement. Dans le clan Ekané Anicet, où se recrute la quasi-totalité des exclus, il ne fait aucun doute que le sort de Banda Kani reste donc suspendu à la réunion du Cnc prévue le 29 mai prochain à Yaoundé. La crise de direction demeure vive au sein du Mouvement africain pour la nouvelle indépendance et la démocratie (Manidem).

Il faut dire que tout part le 5 mai 2010 lorsque la conférence de presse convoquée par le président du Manidem est saboté par les membres de son parti. Mais à l’heure indiquée, le siège du parti restera désespérément fermé. Banda Kani apprécie mal cette humiliation. La conférence de presse n’aura pas lieu. Pour éviter d’être ridicule, le président national du Manidem livré la quintessence de sa communication à travers les interviewes accordées. Il était question d’annoncer l’exclusion de six membres pour indiscipline caractérisée au sein du parti. Pour Anicet Ekane, propriétaire de la propriété abritant le siège du parti c’était une mesure conservatoire, car il n’avait pas respecté les textes du parti qui ne donnent pas au président de l’opportunité de prendre les initiatives et de les mettre en application sans informer le bureau politique. Depuis cet affront le président Banda Kani a déserté le siège et c’est par médias interposés que lui et le camp d’en face se livrent à des joutes épistolaires qui pourraient entamer sérieusement la crédibilité de ce parti.

André Som, article publié dans Aurore plus du 10 mai 2010

 

 

 

 

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