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Sécurité des bébés dans les hôpitaux
Le Ministère de la santé publique a dans un communiqué publié en catimini rendu public des mesures de sécurisation des maternités qui sont inapplicables dans le contexte actuel.
Dans son édition du 06 mars 2012, le quotidien gouvernemental «Cameroon Tribune» a publié un communiqué du Ministre de la santé publique sur la sécurisation des maternités libellé comme suit: «Il est porté à la connaissance du public que pour renforcer la sécurité des bébés dans les hôpitaux, le Ministre de la santé prescrit que les personnes accompagnant une parturiente soient désormais présentées par elle et formellement identifiées par une carte d’identité dans un registre et le port d’un badge d’accès à la maternité. Il est prescrit par ailleurs la limitation des accompagnants à deux maximums et demande à chacun le strict respect des zones de restriction d’accès et des heures de visite aux malades. Ces mesures de sécurité sont valables tant pour les civils que pour les militaires.» Pour L’Action pour l’Humanisation des Hôpitaux(Acthu), ce communiqué a visiblement été fait à la hâte pour au moins une raison.
Le Ministère de la santé publique, qui a brillé par huit mois de silence sur l’affaire du bébé disparu à l’hôpital gynéco obstétrique et pédiatrique de Yaoundé, voudrait se sauver la face. Ce d’autant plus qu’u cours d’une émission de débat sur une chaine de télévision, «le Minsanté a dit que quatre bébés ont été volés dans les hôpitaux camerounais en 2011 ; mais, bizarrement, il n’a ni alerter le public ni officiellement sanctionner les coupables de tels actes odieux.» Aujourd’hui, à la faveur du scandale du bébé volé de Vanessa Tchatchou, André Mama Fouda, ministère de la santé publique choisit d’annoncer «en catimini» des mesures de sécurisation des maternités. «Ces mesures iniques présentent les patients et les usagers comme étant les seuls, sinon les principaux responsables des vols de bébés dans les hôpitaux ; ce qui est inacceptable ! » souligne l’Acthu. Non sans poursuivre que «Le Minsanté feint d’ignorer que ce phénomène est entretenu en amont par des personnels de santé et administrateurs des Hôpitaux en quête de gain facile.»
Et son président, Christian E. Locka de voir vouer à l’échec cette autre opération mal pensée. Car l’Acthu dans sa déclaration de dénonciation datée du 26 mars 2012, argue que ce communiqué est « laconique », donne l’impression que le Ministère de la santé publique n’est pas lui-même convaincu de l’efficacité des mesures de sécurité des bébés dans les hôpitaux qu’il demande au public de respecter ; étant donné que le message est brouillé par des imprécisions et sous entendus. Parmi ses imprécisions L’Action pour l’Humanisation des Hôpitaux(Acthu), relève notamment : -L’absence d’une date pour le démarrage de l’opération. La seule indication, qui n’en est d’ailleurs pas une, est «désormais». « En restant aussi vague sur la date, le Ministère de la santé publique entretient expressément le doute et la confusion dans les esprits», argue-t-il.
Par ailleurs, l’Acthu évoque entre autres : -Le support de communication. Le Minsanté est libre de choisir le média par lequel il souhaite passer son message. Mais «Cameroon Tribune» n’est pas accessible à toutes les couches sociales. «Cette option de restriction est surprenante eu égard au fait que ce Ministère est coutumier des conférences de presse pour annoncer des évènements moins importants », souligne-t-il ; -Le profil des formations hospitalières. Le communiqué est muet à ce sujet. «A supposer qu’il s’agisse de tout établissement de soins de santé public ou privé comportant un bloc maternité fonctionnel, il serait curieux de savoir comment le Ministère de la santé publique fera appliquer ses mesures dans les nombreux centres de santé clandestins qu’il a de la peine à traquer depuis plusieurs années», clame-t-il ; -Le financement de l’opération : Si cette mesure venait à être appliquée, elle permettrait de créer une multitude de postes de contrôle devant nos maternités et de recruter des agents de sécurité. En plus, il faudrait munir tous ces postes de badges et de registres. «Un investissement considérable que la plupart des établissements de soins privés et publics, sans le soutien du Minsanté, feront supporter aux patients et usagers», sérine-t-il ; -La fixation sur les maternités.
André Som
Encadré
Appel à l’application de la reforme hospitalière
Le communique parle de la sécurité des bébés dans les maternités ; et pourtant, ce ne sont pas les seuls endroits où séjournent les bébés dans les hôpitaux. « Quelles sont les mesures prises pour la protection des bébés dans d’autres salles de soins? Va-t-on par exemple créer des postes de contrôles devant les blocs pédiatriques qui hébergent également des bébés? », s’interroge-t-il ; -L’extension de la mesure aux militaires. Alors qu’il y a quelques mois dans un hôpital de référence de la ville de Douala, un militaire a tabassé des personnels médicaux qu’il accusait de négligence sur son patient qui est décédé, sans que le Minsanté n’y trouve d’inconvénient. «En étendant la mesure aux militaires, le Minsanté tente de faire croire au public qu’il est impartial et que la politique du «Deux poids deux mesures» est désormais révolue», fait-il remarquer. En somme, l’Acthu pense que la reforme hospitalière serait un début de solutions aux problèmes des hôpitaux au Cameroun. Mais, cette reforme, dont les travaux sont bouclés depuis plus de cinq ans, est bloqué dans les tiroirs. Et d’insister pour que le gouvernement mette en application cette reforme pour soulager les souffrances des usagers du système hospitalier. Car, pour l’Acthu, «la santé est un droit fondamental non négociable ! »