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Assainissement – Auto écoles et médicaments de la rue
Des campagnes de lutte contre la vente illicite des médicaments dans la rue et des auto-écoles clandestines bat son plein. Détermination d’en découdre ou saupoudrage ?
Depuis le début de semaine, les vendeurs des médicaments de rue sont dans le collimateur des services compétents du ministère de la santé publique. Une opération menée avec le concours d’Interpol, des services des douanes, des forces de maintien de l’ordre et de l’Ordre des pharmaciens. En mi-semaine, la Direction du transport terrestre, du ministère des transports ont aussi entamé l’assainissement dans le secteur des auto-écoles. Deux campagnes de tri entre les mauvaises graines et l’ivraie dans les deux secteurs qui sont diversement appréciées. Les victimes sont aux abois, alors que ceux qui sont la légalité saluent ces initiatives en espérant qu’elles ne vont pas s’arrêter en si bon chemin. Car, cette activité illicite et parallèle avait fini par détourner les populations des pharmacies, boutiques agrées de vente de médicaments.
Depuis lundi 26 mars 2012, les services compétents du ministère de la santé publique ont décidé de prendre le taureau par les cornes. Ils ont entamé dans l’ensemble du territoire national une grande opération de chasse aux vendeurs des médicaments de rue. En présence de l’Ordre des pharmaciens du Cameroun qui n’ont jamais cessé d’appeler à une grande opération coup de poing, plusieurs cargaisons de médicaments ont été saisies dans les centres commerciaux réputés pour cette activité. A l’instar du lieu dit «Gazon au marché central » de Douala et du marché des pommes et du marché de recasement situé derrière l’hôtel Arista où ils ont été recasés au moment de la réfection de l’axe Deux églises – Shell New-Bell. D’autres quantités de médicaments ont été saisies dans des magasins de stockage souvent en l’absence des propriétaires, sinon discrètement postés dans les environs.
Même les kiosques et vendeurs des médicaments de contrebande qui ont essaimé les quartiers ont disparu. Les gérants de ses échoppes à la compétence douteuse, brillaient tout de même par l’administration des prestations médicales (consultation, prescription, soins,…). Transformant ainsi leurs cagibis en mini-centres de santé où certains usagers allaient se faire administrer des injections et même subir des Ivg (interruption volontaire de grosse). La prolifération des médicaments de rue a fini par offrir plusieurs emplois, certes, mais on ne saurait taire que les médicaments vendus sont de la qualité douteuse voie approximative. Ce qui n’a pas empêché cette activité illicite d’avoir pignon sur rue. Puisque les usagers étaient encouragés par une majorité du personnel de la santé qui n’hésitaient pas à s’approvisionner.
Preuve si besoin en est que le réseau de cette vente parallèle avait étendu ses tentacules au point de devenir une gangrène qui s’appuie sur une organisation internationale d’approvisionnement bien huilée. Si la majorité pouvait estimer trouver satisfaction au regard du coût, mais aussi de la guérison au bout, il n’en demeure pas moins des dégâts graves ont été enregistrés avec des effets secondaires néfastes au point d’handicaper voire faire passer certains usagers de vie à trépas. Et sur le plan économique, les dégâts ont conduit à la faillite de plusieurs officines pharmaceutiques. Pourtant, il est prouvé que les médicaments vendus dans la rue sont pour la plupart des molécules dont la fabrication ou la conservation ont connu une défaillance et ont été déclaré par les unités compétentes de contrôle des laboratoires de fabrication des médicaments comme inappropriés à la consommation.
Pour l’Ordre des pharmaciens et celui des médecins, il ne fait pas de doute qu’il faut seulement une volonté politique pour anéantir cette activité illicite. Car l’Etat a les moyens et les méthodes pour l’éradiquer. On en a pour preuve la lutte menée d’arrache-pied pour réduire quasiment anéanti la vente du carburant frelaté encore appelé « zoua-zoua » au grand bonheur de l’économie camerounaise. Puisqu’elle perdait des milliards Fcfa par jour. Ce qui est aussi le cas pour le secteur des médicaments. Mais, on note un certain scepticisme de la part des pharmaciens pour qui ce n’est pas la première fois que le gouvernement mène une telle opération coup de poing. Seulement, il a manqué de suivi, mieux après il y a eu un relâchement et cette activité de vente de médicaments de la rue a repris du poids de la bête. Au détriment des officines pharmaceutiques où les pharmaciens ont été obligés d’abandonner leur profession voire se trouver des activités parallèles pour survivre.
Barthélémy Nzock
Encadré
Les auto-écoles à la trappe aussi
Parallèlement, c’est au tour des éléments de la Direction du transport terrestre de descendre sur le terrain pour mener une opération d’inspection des auto-écoles. Il s’agit de faire la chasse aux auto-écoles clandestines mais aussi de s’assurer que ceux agrées respectent les normes exigibles de fonctionnement. Un local bien tenu avec plusieurs compartiments, une salle de réception, un secrétariat, des salles de classes, le respect des programmes notamment le code Cemac en vigueur depuis des années et la vérification du parc automobile avec des dossiers de véhicules à jour. Mais aussi des moniteurs qualifiés. Cette opération dont l’intérêt n’est pas à démontrer au regard des dérives constatées dans la formation et de la prolifération du secteur des auto-écoles laisse tout de même plus d’un sur la faim. Car, cette opération n’est pas immédiatement coercitive. Les auto-écoles qui ne répondent pas à la réglementation en vigueur ne sont pas aussitôt fermées de même que celles-dites clandestines. La délégation de la Direction du transport terrestre conduite par le directeur en personne se contente de faire des constations, et ce n’est que par la suite que les auto-écoles indélicates recevront des notifications et des délais pour se mettre en règle. Ce qui pourrait sonner comme un appel de pied à des bakchichs ou ouvrir la voix à la corruption qui est un fléau qui gangrène notre société. Pendant ce temps, la formation des automobilistes va continuer à se déprécier, et le phénomène d’achat des permis de conduire avec comme acteurs principaux les propriétaires et moniteurs des auto-écoles clandestins continuent à voir pignon sur rue. Conséquence, les chauffards inondent nos axes routiers et les accidents plus ou moins mortels se comptent à la pelle chaque jour pour cause de mauvaise conduite due à la non maitrise du code de la route.