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Meurtre
Les fins limiers de la légion de gendarmerie du Sud-Ouest explorent toutes les pistes.
A la légion de gendarmerie du Sud-Ouest, une discrète réunion regroupe trois gendarmes et un militaire dans le bureau du chef d’Etat-major en cet après-midi du lundi 4 mai 2009. Parmi les participants, il y a trois officiers supérieurs et un seul major de gendarmerie. Ils font le point de l’enquête qui leur a été confiée. Visiblement, la présence du reporter du Messager à cet endroit n’est pas appréciée. Mais le chef d’Etat-major se réjouit de la démarche. “ Malgré qu’au stade actuel, on ne puisse rien vous dire parce que les enquêtes sont encore en cours, il vaut mieux de chercher ainsi l’information, au lieu de faire comme les autres qui restent dans leur bureau et écrivent n’importe quoi ”, déclare-t-il. Avant d’ajouter : Nous aussi, nous cherchons les réponses aux questions de savoir : s’il s’est suicidé ou s’il a été tué et par qui ? ” Toutefois, l’équipe chargée des enquêtes conseille au journaliste du Messager de se rendre à Bonakake dans le village Bova, situé à 8 km de Buea pour en savoir davantage.
Selon nos propres investigations, le médecin légiste de l’hôpital régional et le délégué régional des Mines du Sud-Ouest, ont été mis à contribution dans le cadre de cette enquête. Le premier pour effectuer l’autopsie de la dépouille du commandant du 21eme Bataillon d’infanterie motorisé (Bim) afin de déterminer de quoi il est mort. Le second pour expertiser le produit que contenait le bidon retrouvé à côté du mort. La commission d’enquête mixte attend toujours impatiemment ces résultats. La délégation des Mines aurait à cet effet présenté des besoins financiers pour effectuer cette expertise. Pendant ce temps, la commission d’enquête mixte est sous la pression du commandant de légion qui aurait prescrit des résultats probants avant la programmation des obsèques.
Il devait passer le commandement
Au camp de Long street où le 21eme Bim a ses quartiers, les militaires de rang et ses proches collaborateurs sont encore sous le choc. La gorge nouée par la douleur, ils ne tarissent pas d’éloges envers le colonel Paul Pagou. Sa disparition brutale survient alors que ses éléments n’avaient pas encore fait le deuil de son départ imminent, puisqu’ils avaient accueilli, dix jours plus tôt, avec tristesse, son affectation à l’école de guerre de Yaoundé. “ D’ailleurs, les jours précédant son décès, il ne cessait de multiplier les réunions pour assurer la réussite de cette cérémonie de passation de service ”, confie un de ses proches collaborateurs.
Dans son quartier Bokwoanko en face de la station Crtv du Sud-Ouest, c’est la consternation totale. On se refuse à toute déclaration. Tout ce que le reporter a appris, c’est qu’il a quitté son domicile le lundi 26 avril 2009 à 6 heures du matin et n’est plus jamais revenu. Au village Bonakane, non loin de la maternité de Bova où son corps a été retrouve inerte au volant de sa pick-up de service, sans arme, les galons ôtés des épaulettes et posés sur le siège passager, l’affaire fait encore des gorges chaudes. C’est un chasseur de la localité qui a fait la macabre découverte.
Selon son témoignage rapporté au journaliste, il aurait trouvé la pick-up garée dans les buissons à côté de la piste qu'il emprunte. Le chasseur pense d’abord à une sortie de piste. Mais au moment de dépasser le véhicule, il découvre que le conducteur a un journal ouvert sous ses yeux. De retour en fin de soirée, il retrouve le véhicule au même endroit, mais sachant que c’est le véhicule des militaires, il dit n’avoir pas prêté plus d’attention. Curieusement, le lendemain mardi, il retrouve la voiture au même endroit, seulement, n’apercevant plus de conducteur, il croit à une opération spéciale en ces lieux. Mais lorsqu’au troisième jour, il se rend compte que le véhicule est a la même position et qu’il y a un essaim de mouches, tout autour, il se rapproche et découvre le fait macabre. Il ameute les villageois, qui accourent avant de se décider d’alerter la légion de gendarmerie.
Digne fils Moundang de Monokane dans le département du Mayo-Kani, région de l’Extrême-Nord où il est né en 1960, le colonel Pagou laisse six enfants et une veuve éplorée.
Par Mathieu Nathanael NJOG Envoyé spécial à Buea
Article publié dans Le Mesager du 05-05-2009