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Vérités sur les émeutes de Kumba

Controverse

Les versions s’affrontent sur ce qui s’est réellement passé. Mais selon les autorités…

 

Les corps d’Ali Ousmanou et Epee Nkeng Kema reposent en ce moment à la morgue de l’hôpital Hope clinic de Kumba. Les deux individus auraient été poignardés au couteau et avec des tessons de bouteilles par le nommé Yola Ernest, né en 1988 à Magba, dans la région de l’Ouest. La scène se serait passée à Buea Road, vers 2h du matin dans la nuit du 1er au 2 mais 2009. Suite à ce double meurtre, une frange de la population de la ville de Kumba est sortie pour s’attaquer, en guise de représailles, à des boutiques à Sona Street et en face City Motel, supposées appartenir à des Nigérians. Les manifestants, selon des témoignages, entendaient ainsi protester contre ce double meurtre, dont l’auteur présumé serait d’origine nigériane. Dans leur expédition punitive, les assaillants ont aussi attaqué des maisons individuelles, molesté les occupants et emporté des objets de valeur, laissant derrière eux trois blessés, qui sont venus s’ajouter aux deux autres enregistrés au cours de la rixe ayant entraîné la vie de Ali Ousmanou et Epee Nkeng Kema et qui serait à l’origine de ce soulèvement populaire.

Selon le lieutenant Mbo Mbo Jean, adjoint au commandant de la compagnie de gendarmerie de Kumba, l’auteur du crime est bel et bien un Camerounais. Selon lui, des vandales ont tout simplement profité de cette occasion pour piller des boutiques, sous prétexte de se venger. Il explique que l’auteur du forfait qui a été appréhendé et conduit à la compagnie, a ensuite été mis sous mandat de dépôt à la prison de Kumba, par mesure de protection. “ La foule surexcitée voulait brûler la compagnie, et l’auteur de ce forfait avec, mais nous avons été obligés de l’extraire de la pour la prison, pour éviter le pire. ”, explique le gendarme.

 

Contradictions

Pour l’adjoint au commandant de la compagnie, il lui est impossible au stade actuel de l’enquête de dire dans quelles circonstances le drame s’est produit. Il explique néanmoins que le meurtrier n’a pas encore été auditionné, et que sa présence dans les geôles de la prison vise juste à l’éloigner du centre ville, où il peut être facilement attaqué. La version de la gendarmerie rejoint celle de la communauté nigériane stigmatisée par les émeutiers. “ Les Nigérians n’ont rien à voir dans cette affaire, ils ne sont impliqués ni de près ni de loin ”, affirme sous anonymat celui qui se présente comme le porte parole de la Nigerian Union à Kumba, en l’absence de Chief John Nlemchuku, le président, en déplacement au Nigeria, et de Augustin Nwafor, vice président, présent dans la ville, mais injoignable. Il estime que la communauté à laquelle il appartient est simplement victime d’un sentiment de haine. Pour lui, les deux morts et les deux blessés de la rixe sont des agresseurs qui ont attaqué cette nuit là celui qui se présente aujourd’hui comme leur bourreau. Après l’avoir dépouillé de son téléphone et d’une somme de 5 000 Fcfa, ils se sont mis à partager le butin devant lui et c’est alors qu’il a ramassé une bouteille, et après l’avoir cassée, s’est servi des tessons.

Cette thèse est vivement contestée par Kema Enow Georges, le père du défunt Epee Nkeng Kema. Trouvé dans son domicile dans le campus de Frank Harcourt Bilingual high school à Mile 1, il paraît plus serein que son épouse, inconsolable. Selon lui, son fils est mort en voulant défendre son ami. Il explique que son rejeton, élève en classe de terminale à Frank Harcourt Bilingual high school, a quitté la laverie où il travaille à ses heures creuses à 23h30, pour accompagner un ami venu le chercher. Cet ami lui aurait demandé de l’accompagner pister sa copine qui flirterait avec un Nigérian. Les deux tourtereaux auraient été effectivement retrouvés devant un bar. Une dispute s’en serait suivie, et le Nigérian aurait sorti un couteau pour régler son compte à son rival. Un inconnu, qui se serait interposé, aurait pris le premier coup fatal du couteau. Le jeune Epee aurait alors réussi à arracher le couteau, et l’agresseur aurait donc cassé la bouteille pour le blesser mortellement.

A en croire le père d’Epee, le discours des autorités sur la nationalité du meurtrier, vise juste à calmer la tension. Mais à la prison où nous nous sommes rendus, il nous a été impossible de rencontrer le sieur Yola. Mais le régisseur de la prison nous a confirmé sa présence dans ses installations, tout en confirmant aussi son origine: Yola Ernest, est né en 1988 à Magba, fils de Yenang Emmanuel et de Suzanna Leunze, apprenti maçon de profession.

 

Victimes

Morts : Ali Ousmanou (sans autre précision) et Epee Nkeng Kema Nguti, né le 22 février 1989, élève

Deux blessés non encore identifiés, victimes de la rixe internés au Hope clinic (source, gendarmerie)

Deux blessés nigérians, victimes des émeutes (source, communauté nigériane)

 

Par Roland TSAPI Envoyé spécial à Kumba

Le 05-05-2009

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Commenter cet article
N
ce qui s'est passé à kumba est deplorable et prouve que les camerounais qu'on dit hospitaliés ne sont pas en fait differents des equato-guinéens qu'on traitent de tous les noms.si les conditions sont reunies comme ça l'est en guinée equato on se comporterait de la meme façon que nos voisins.d'ailleurs entre camerounais meme ces comportement se sont dejà produit.
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