La vie c'est savoir partager, j'essaie de partager avec vous ce que je sais mieux faire. Ma passion, le journalisme. J'attends vos commentaires pour annimer cet espace d'échanges et d'informations. Je ferai des efforts pour l'améliorer au jour le jour. Votre motivation sera mon leitmotiv
Interview – Cardinal Christian Tunis
Dans l’effervescence qui entoure la venue du Souverain pontife, la troisième d’un Pape au Cameroun, nous avons rencontré le Cardinal Christian Tumi avec qui, nous avons abordé quelques préoccupations.
Cardinal Christian Tumi la venue au Cameroun du Pape Benoît XVI, premier pays africain à visité, a-t-elle une signification particulière ?
Il faut savoir que le Pape dans l’église catholique est le pasteur de l’église universelle, il est chez lui partout où une communauté chrétienne catholique se trouve. Non seulement sa présence est importante, mais il en a la responsabilité en tant que vicaire du Christ. A ce titre il a l’obligation de veiller à ce que l’évangélisation se passe bien, à la sanctification des membres de l’église en célébrant le ministère du christ avec les communautés chrétiennes à travers le monde autant qu’il peut. Il a aussi l’obligation de donner les conseils si le besoin se pose en ce qui concerne l’administration des biens de l’église dont il est le premier gestionnaire de tout ce qui appartient à l’église catholique au monde.
Cette visite du saint père est –elle une victoire de la diplomatie camerounaise ou de celle de l’église catholique ?
Comme je viens de le dire plus haut le Pape vient en qualité de pasteur, ce n’est pas une question de victoire, car nous ne sommes pas en guerre. Lorsque le Pape peut il visite les églises locales, ce n’est pas une affaire de diplomatie. L’église catholique du Cameroun l’a invité et le Cameroun à travers le chef de l’Etat l’a aussi invité comme il pouvait inviter tout chef d’Etat. C’est dire qu’il n’y a rien de diplomatie, ni de victoire.
Que peut tirer le Cameroun de cette visite du Pape Benoit XVI au Cameroun ?
Le Saint père vient pour une visite spirituelle. Il ne faut pas que le Cameroun attende un avantage matériel, il n’y en aura pas. Il va proposer la parole de Dieu à tout le monde qui veut l’écouter. Et là où la parole de Dieu est proclamée, il y a quelque chose qui se passe sur tout homme qui voudrait bien suivre cette parole avec beaucoup d’attention. Cette visite est d’autant plus spirituelle que c’est en cela qu’il va célébrer une messe au stade Ahmadou Ahidjo avec tous les fidèles qui seront là. C’est donc une visite spirituelle et pas matérielle. Il ne vient pas comme un agent de développement. Les camerounais n’ont pas à s’attendre des promesses d’aides financières où de quelques choses de particulier.
Au regard de la grande mobilisation peut-on dire que cette visite pontificale va permettre à l’église de se réconcilier avec elle-même et les fidèles de raffermir leur foi ?
Se réconcilier avec elle-même, je ne sais pas, je ne crois pas que l’église catholique romaine au Cameroun est en crise. L’église continue à avancer bel et bien en baptisant des milliers de fidèles chaque année lors de la veille pascale. Le pape Benoît XVI vient renforcer cette foi des fidèles. C’est la mission que Dieu l’a confiée. Il vient en tant évêque de l’église universelle pour confirmer la foi de ses paires qui sont au Cameroun.
Comment l’archidiocèse qui est sous vote direction s’est-elle préparée pour marquer de manière indélébile cette visite du pape Benoit XVI.
Il n’y a pas une préparation particulière pour les fidèles de notre diocèse. Nous avons répercuté le message aux fidèles tout en leur précisant qu’elle est une visite d’abord spirituelle et qu’ils devraient se préparer spirituellement dans les prières. Et c’est dans ce sens là que la conférence des évêques a adressé une lettre pastorale à tous les fidèles et c’est en ce sens qu’elle a été répercutée dans toutes les paroisses au Cameroun. Et j’espère que dans les paroisses on a eu à méditer sur la place du Pape dans l’église catholique.
La prédication de la retraite annuelle de l’entrée du carême du Pape Benoît XVI, le 7 mars 2009 a été prêché par le cardinal nigérian Francis Arinze. La dernière fois qu’un cardinal africain a eu cet insigne honneur, cela remonte en 1984 et c’était le cardinal Alexandre do Nascimento, archevêque de Lubango, en Angola. Peut-on y voir la place qui est accordé au clergé africain au Vatican ?
Pas forcement, le pape peut choisir n’importe quel prêtre à travers le monde pour prêcher la retraite annuelle au Vatican pour l'entrée en carême. Les prédications et la liturgie ont lieu en présence du Pape et de la curie romaine. Pour lui et ceux qui travaillent avec lui, il ne faut pas voir autre chose. Ce qui est certain c’est qu’on choisit toujours quelqu’un en fonction du thème qui est retenu. Et celui de cette année était « christologique et sacerdotal : Le prêtre rencontre Jésus et le suit ». Et sur le sujet, Francis Arinze préfet émérite de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements a mené une réflexion sur le sacerdoce dans l’église catholique et il a même écrit un livre sur le sujet. C’est dire que le choix du Pape et de son entourage pour approfondir cette réflexion pour eux sur le thème en début du carême n’a pas été fait au hasard.
Au regard de l’effet de l’élection d’Obama comme président des Etats-Unis, on se demande de plus en plus dans la communauté catholique si l’église universelle est aussi prête à accepter un Pape noir ?
Bien sûr que oui, l’église catholique est prête à accepter un Pape noir. Qu’est-ce que dit la loi de l’église catholique en la matière, tout fidèle même laïc qui remplit les conditions d’éligibilité peut être élu Pape.
En sa qualité de chef d’Etat du Vatican, peut-il lors de cette visite porter les préoccupations de l’église catholique au Cameroun dans ses rapports avec le régime, notamment les persécutions dont vivent certains prêtres qui sont assassinés et même contraints à l’exil. Ou alors dans l’église catholique on estime que c’est un complot.
C’est loin d’être un complot contre l’église, chaque situation à son histoire. Le Pape Benoît XVI a déjà parlé de ses assassinats au régime en place notamment, lorsqu’il a reçu l’ambassadeur du Cameroun auprès du saint siège. Il avait mis un accent sur ces assassinats des prêtres et l’effort camerounais avait publié cette préoccupation. Au stade actuel, c’est déjà arrivé qu’est-ce qu’on peut dire de plus. Demander que les prêtres soient en sécurité, il faut dire qu’ils ne sont pas plus en sécurité que les autres citoyens du pays. Il faut que l’Etat mette un accent sur la sécurité de tous les citoyens et pas seulement pour celle des prêtres.
Certes vous avez dit plus haut que l’église n’était pas en crise mais on relève dans les différents archidiocèses et diocèses des problèmes sociaux de petites moeurs et même des dérives financières… On est à se demander qu’est-ce qui est fait pour que ces dérives ne fragilisent pas la foi des chrétiens ?
Cela ne fragilise en aucun cas la foi des fidèles. Jésus avait dit que je serais toujours avec vous jusqu’à la fin du monde. Je ne sais pas ce qui se passe dans les autres diocèses, chaque évêque est mieux placé pour parler de son diocèse. Il faut dire que quelques fois les journaux les faits. Partout où il y a des hommes il y a toujours les conflits. Toutefois je ne peux parler aisément que de mon archidiocèse, ce qui se passe ailleurs je l’apprends comme vous. Il est alors difficile pour moi de faire des commentaires.
Un dernier mot à l’égard des chrétiens sur cette venue du Pape Benoît XVI au Cameroun
Que chaque fidèle prie pour la paix dans notre pays. Là où il y a la paix, tout est possible pour le bien de tous et de notre pays.
Entretien mené par Mathieu Nathanaël NJOG