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Les avocats du Pad divisés sur le sort de Me Abessolo

Affaire Pad

A la suite des réquisitions du ministère public, les avocats du Port autonome de Douala ont clos le mercredi 11 mars 2009 leurs plaidoiries dans un élan de désaccord.

 

Après les réquisitions du ministère public, deux semaines plus tôt, les audiences de mardi 10 et mercredi 11 mars ont été consacrées à la plaidoirie des avocats du Port autonome de Douala (Pad). Les avocats du Pad (Mes Jean-Marie Nomo Beyala, Superman N’gann, Nyo, Abdoul Bangui, Hélène Ondobo, Ngongo Ottou) ont pendant deux jours soutenus les réquisitions du ministère public qui ont demandé avec forces et arguments l’inculpation de tous les prévenus. Mais semblent faire exception de l’inculpation de leur confrère Me Etienne Abessolo. Mardi 10 mars 2009, lors de la première journée de leurs plaidoiries, on a frôlé  un incident lorsque Me Hélène Ondobo, avocat du Pad s’est mis a plaidé. Les avocats de la défense et ceux de la partie civile ont vidé la salle reprochant à Me Ondobo d’avoir demandé l’inculpation de leur confrère Me Abessolo. Ce dernier est poursuivi comme les autres treize prévenus d’avoir en coaction avec l’ex-Dg du Pad, Siyam Siwé, monté une entourloupette où il a été chargé d’aller recouvrer la deuxième partie des fonds octroyés par l’Etat pour la recapitalisation du Pad. Ce qui a permis de le payer illégalement des centaines de millions Fcfa de commission. Pour le ministère public, tout comme pour Me Ondobo, la constitution de Me Etienne Abessolo pour recouvrer cette subvention de l’Etat n’était pas opportune. Car l’Etat n’a pas besoin d’agent de recouvrement pour débloquer l’argent décidé de sa propre initiative. D’autant plus que la première partie n’avait pas eu besoin d’un agent de recouvrement.

 

Désaveu de Me Ondobo

D’ailleurs Me Hélène Ondobo précisera que seul l’ex-Dg Siyam Siwe savait en initiant cette procédure ce qu’il visait. Solidarité de corps oblige, les avocats du Pad dans leurs plaidoiries tentent de disculper Me Etienne Abessolo. Puisque dès l’ouverture de la deuxième journée de cette plaidoirie des avocats de la partie civile, le 11 mars 2009, Me Ngongo Ottou dans sa plaidoirie soutiendra que les avocats de la partie civile dans ce volet de recouvrement de la deuxième partie des fonds de l’Etat, ne demandent pas l’inculpation de leur confrère Me Abessolo, accusé comparaissant libre. Surtout que le premier juge n’avait retenu aucun des deux accusés dans ce volet de l’affaire Pad. Une intervention qui sonnait comme un désaveu de Me Ondobo par ses autres pairs du groupe des avocats défendant les intérêts du Pad. Mais pour certains observateurs, il y a eu mauvaise interprétation du plaidoyer de Me Ondobo. Qu’à cela ne tienne, ce quiproquo a bien laissé des séquelles dans le groupe des avocats du Pad. Pour les proches de Me Hélène Ondobo, dont la concentration lors de sa plaidoirie avait visiblement pris un coup, on affirme que la distribution des volets d’intervention a été faites par ses autres confrères qui résident tous à Yaoundé. Son avis n’a pas été sollicité. Ces volets d’intervention lui ont été imposés. Ce qui est perçu aujourd’hui comme un piège. «Car tous ayant évité les volets sensibles où sont impliqués Etondé Ekotto et Me Abessolo», soutient notre source. 

Toutefois, les avocats ont globalement dans leurs plaidoiries, mis un accent sur les aspects qu’ils estimaient ne pas avoir été suffisamment étayés. Me Abdou Bangui a ainsi démontré que le Pad ne pouvait pas être uniquement soumis à l’acte uniforme Ohada, comme le soutien les avocats des prévenus, mais aussi à la loi du 22 décembre 1999 sur le statut général des entreprises publiques et parapubliques pour avoir été enregistré au registre du commerce. Le président de la collégialité a renvoyé l’affaire pour le 14 avril 2009 afin de laisser les avocats de la défense préparer leur riposte.

Mathieu Nathanaël NJOG      

 

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