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Liberté de la presse
L’affaire opposant Le ministère public au directeur de publication du journal La DétenteLibre a connu son épilogue hier mercredi 7 janvier 2009.
L'affaire Ministère public contre le directeur de publication du journal La Détente libre a connu son épilogue mercredi 7 janvier 2009. Le tribunal de première instance (Tpi) de Bonanjo-Douala, statuant en audience correctionnelle a vidé le contentieux qui oppose le ministère public à Lewis Medjo, le directeur de publication du journal La Détente libre.
Dans une célérité qu'on connaît peu aux tribunaux camerounais, les débats au fond ouvert mercredi 7 janvier 2009 avec la cross examination et l'examination in chief, ont abouti à la déclaration par le juge de la culpabilité de l'accusé. Convaincu de délit de propagation de fausses nouvelles, Lewis Medjo est condamné à trois ans d'emprisonnement ferme et deux millions de francs d'amende.
Après trois reports pendant lesquels la composition du tribunal a à chaque fois changé, avec de nouveaux juges et membres du parquet, le procès qui avait été renvoyé le 3 décembre 2008 pour cause d'absence des victimes et de la partie civile est finalement entré dans le fond malgré l'absence toujours constatée des concernés. Le ministère public a affirmé que la présence des victimes n'était pas importante parce que c'est lui qui est partie civile pour avoir engagé la procédure.
Pendant l'interrogation et la contre-interrogation, le ministère public a soutenu que l'article incriminé paru dans son édition n° 353 du 7 août 2008 sous le titre : " Coup de tonnerre à la cour suprême : Biya limoge Dipanda Mouelle ", est passible d'un délit de propagation de fausses nouvelles parce que Dipanda Mouelle est encore en fonction. Et qu'il comporte des termes tels que " limogé, éjecté, désaveu, " qui traduisent la ferme intention de l'auteur de l'article et de son directeur de publication de nuire.
Le paradoxe des faits et commentaires
Lewis Medjo pour sa défense a plaidé non coupable. D'autant plus que dans son analyse du décret du chef de l'Etat accordant une prolongation de mandat de certains magistrats hors hiérarchie de la Cour suprême et arrivés à l'âge de la retraite, l'auteur de l'article tenait tout simplement à dénoncer une injustice voilée. Singulièrement, il a relevé le paradoxe entre les années de mandats accordées et les âges des concernés, puisqu'il laisse carrément entrevoir que le président de la Cour suprême Alexis Dipanda Mouelle, plus jeune que ses autres collègues de même rang, bénéficie d'un mandat de deux ans, qui court jusqu'en 2009 alors que le mandat des autres s'étend jusqu'en 2011. Et de conclure que cela s'apparente à un "désaveu".
Il va aussi préciser qu'en journalisme, les faits sont sacrés et le commentaire libre. Il a pris l'exemple du discours à la nation du chef de l'Etat du 31 décembre 2008, pour dire qu'il est commenté et analysé sous toutes ses coutures et le sera encore pendant plusieurs semaines sans que cela n'émeuve personne. Toutefois, il va préciser que s'il a rediffusé le même article dans sa prochaine parution, ce n'était pas dans l'intention de nuire, mais de le dépouiller des épithètes, adjectifs qualificatifs sus-évoqués.
Il faut dire que c'est depuis le 26 septembre 2008 après une semaine de garde-à-vue à la police judiciaire du Littoral qu'il a été écroué à la prison centrale de Douala sans qu'on identifie le plaignant. Après avoir entretenu le flou, le procureur de la République qui avait décerné le mandat d'arrêt qui date de fin août 2008 a fini par se constituer partie civile. On se demande pourquoi seulement dans le cas d'un délit de presse, tant il est vrai que, plusieurs délits et crimes sont révélés à longueur des journées et les coupables connus sans que les services du procureur de la République montrent autant d'intérêt et de diligence.
Mathieu Nathanaël NJOG, publié Le Messager