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Opération coup de point
La rareté des véhicules de luxe dans la capitale économique le jeudi 20 et vendredi 21 novembre 2008 n’est passée inaperçue.
De jeudi 21 à vendredi 22 novembre 2008, les grosses cylindrées qui écument de manière ostentatoire les rues de la ville de Douala avaient disparu de la circulation. Et pour cause, l’opération baptisée «Gbanda» menée conjointement par Interpol, la douane et la police camerounaise s’est déployée dans la capitale économique pour traquer des voitures volées depuis l’Europe et l’Asie via les Emirats arabes unis. Déployés depuis le levé du jour du jeudi, à Akwa-nord et Bonamoussadi, les éléments d’Interpol ont créé un effet de surprise, avant que la nouvelle ne soit éventrée. Ce qui a permis à l’opération qui a duré 48 heures, de récupérer 17 grosses cylindrées, volées en Belgique, en France et au Japon.
En effet, l’opération «Gbanda» a pour but de démanteler un vaste réseau international de vol de grosses cylindrées en occident pour les écouler dans les pays africains. Le Cameroun passe pour être la plaque tournante de ce gigantesque trafic en Afrique en général et dans la sous-région Afrique centrale en particulier. Ce qui explique pourquoi, les modèles les plus récents des grands concessionnaires d’automobiles (Porsche, Mercedes, Ferari, 4x4 de dernier modèle) se retrouvent très régulièrement en circulation au Cameroun alors que dans les pays producteurs on parle encore d’organiser les cérémonies de présentation. On apprend alors que, ce réseau maffieux a des très longs tentacules internationaux. Ainsi il y aurait des braqueurs spécialisés déployés dans les pays Européens qui s’emploient par des moyens divers voire par des braquages (vrais ou simulés) des propriétaires des voitures de luxe neuves qu’ils maquillent en changeant la confection de faux papiers, plaques d’immatriculation, les numéros de châssis et de moteur et même de couleur pour les écouler aussitôt dans les pays africains auprès des preneurs qu’ils rencontrent lors de leurs passage dans ses pays ou par le canal des rabatteurs qui ont la charge de trouver les clients dans les pays africains. Très souvent, les trafiquants travaillent à la commande.
Les clients se recrutent dans la haute administration des Etats, les pontes des régimes, des opérateurs économiques, les institutions d’Etat, les diplomates étrangers et chez les feymens qui aiment bien ne pas passer inaperçus. Le délégué général à la sûreté nationale, Alain Edgar Mébé Ngo’o a fait une descente à Douala vendredi 21 novembre 2008. Il s’agissait pour le patron de la police de donner la caution du gouvernement à cette opération afin qu’aucune amalgame de soit faite. Afin que les propriétaires des voitures arrêtées ne bénéficient d’aucun soutien pour se soustraire à cette récupération. Les propriétaires des grosses cylindrées avaient à justifier leurs acquisitions (le pays d’origine, la maison de vente ou le vendeur dans le cas d’un particulier et l’authenticité des documents d’achats). «Ce sont des affaires en or, les prix sont de moitié voire du tiers, ce qui justifie que l’acheteur n’est pas très regardant sur l’authenticité des papiers des ces véhicules», affirme un policier. Mais selon certains observateurs, cette opération ne peut être efficace que si elle est permanente et va traquer ces véhicules volés dans les domiciles.
Mathieu Nathanaël NJOG, publié dans Le Mesager