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Affaire Chantier naval - Justice
L’ex-directeur général du Chantier naval et industriel du Cameroun était à nouveau devant le juge d’instruction les mercredi 19 et vendredi 21 novembre 2008.
Face à une situation confuse sur de nombreux points, notamment sur les pièces contenues dans le rapport du commissaire aux comptes, le juge d’instruction a décidé de confronter les différentes parties. De 10 heures à 3 heures du matin, le mercredi 19, Forjindam a été opposé à Louis Claude Nyassa, le président du conseil d’administration (Pca), Antoine Bikoro Alo’o, directeur général du Cnic et l’expert comptables Charles Kooh II, par ailleurs commissaire aux comptes du Cnic. Tout porte à croire que l’on s’achemine allégrement vers la clôture de l’information judiciaire. Selon nos sources le juge d’instruction Eyiké Vieux devrait se prononcer dans les prochains jours sur l’inculpation…ou non de Zacchaeus Mungwe Forjindam, Mme Massot épouse Njoh Moudio Rose Constante Angèle et plusieurs anciens collaborateurs qui sont poursuivis dans cette affaire de coaction de détournement de deniers publics, d’un montant global de 998 millions de Fcfa sur plusieurs exercices. Aura-t-il la hauteur nécessaire pour faire preuve d’indépendance dans cette procédure judiciaire à connotation politique ?
Le duel
Lors des 17 heures de confrontation de mercredi dernier, les échanges étaient très épiques. Louis Claude Nyassa n’aurait pas eu d’arguments pour justifier l’onction donnée dans le déclenchement de cette affaire. Notamment pourquoi il a privilégié le rapport du commissaire aux comptes à celui du Contrôle supérieur de l’Etat. Antoine Bikoro et Charles Kooh II ont affronté Forjindam sur les nombreuses pièces contenues dans les annexes N°2 et 3 du rapport de l’expert comptable Charles Kooh II. Des pièces qui concernent particulièrement le cas du «prétendu fournisseur Fermac», qui a servi de trame à la dénonciation et aux déclenchements des enquêtes diligentées par le chef de la division provinciale de la police judicaire du Littoral (Dppjl). Des pièces que Mes Innocent Bonu et Barnabé Nekuie, les avocats de Forjindam indiquent qu’elles «présentent les caractéristiques d’actes fabriqués».
D’autant plus qu’il se trouve que Zacchaeus Mungwe Forjindam a pu retrouver les copies de liasses comptables relatives aux prestations qu’incrimine le commissaires aux comptes dans l’annexe N°4 du rapport du commissaires aux comptes. Documents qui avaient été présentées aux inspecteurs du contrôle supérieur de l’Etat lors de leurs investigations pour dénoncer la gestion de Forjindam et faire passer Fermac comme un fournisseur fictif. Seulement, la comparaison ressortirait le caractère manifestement apocryphe (non authentique voire douteux) des documents qui émanent du commissaires aux comptes.
Malheureusement la partie civile ne parvient toujours pas à produire les originaux. Bikoro n’était pas en fonction au moment des faits, et met cela sur la gestion peu orthodoxe qu’il a trouvée. Charles Kooh II dit qu’il avait obtenu les photocopies à partir des originaux par l’entremise de Antoine Njiande, le directeur financier de l’époque. De même, il serait resté sans voix lorsque le juge d’instruction l’a demandé s’il avait rencontré l’ex-Dg pour élucider les manquements de sa gestion avant d’aller faire des dénonciations judiciaires. Il faut indiquer que cette affaire porte sur trois volets et la responsabilité du préjudice financier causé à l’Etat par cette mauvaise gestion est imputée à 7 personnes au total : Forjindam, Njiande, Njoh, Youte, Gounou, Meugang et Nuwal. Le premier degré de détournement porte sur une somme de 652 millions de Fcfa, le deuxième degré est une distraction de 232 millions de Fcfa et le troisième degré de détournement porte sur un montant de 84 millions de Fcfa.
Vendredi 21 novembre 2008 lors de son retour à l’instruction, il a été question de parcourir la pile de documents perquisitionnés dans son domicile de Bamenda, le 3 octobre 2008. Il s’agissait des dossiers confidentiels, des documents du Rdpc, des demandes d’emplois au Cnic, une caisse que l’on n’a pas pu ouvrir, un disque dur d’ordinateur, un décodeur d’antenne «satellite». Lors de ce dépouillement rien d’important n’aurait retenu l’attention du juge d’instruction dans sa quête des éléments matériels qui pourraient conforter la thèse du détournement de deniers publics. Certains ont même été remis à la disposition de Forjindam.
L’ex-directeur général et l’ex-directrice de l’administration et du personnel sont les deux personnes placées sous mandat de détention provisoire depuis le 8 mai 2008 dans le cadre de cette affaire. Le 4 novembre 2008, le juge d’instruction chargé de ce dossier a pris deux ordonnances, l’un prorogeant leur durée de détention provisoire de six mois supplémentaires et l’autre rejetant la requête «aux fins de voir ordonner une expertise graphologique sur les originaux des pièces suspectes de l’accusation », adressée par les conseils de l’ex-Dg.
Mathieu Nathanaël NJOG, publié dans Le Messager