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Education - Revendication
Les enseignants des Universités d’Etat sont en colère suite à l’inertie du ministère de l’enseignement supérieur, au sujet de l’amélioration de leurs conditions de travail.
Il est 10 heures ce lundi 10 novembre 2008. Le Syndicat national des enseignants du supérieur (Synes) est assis devant le rectorat de l’Université de Douala. C’est le début de la grève annoncée le 03 novembre dernier. Les membres de cette ligue, déterminés à poursuivre la grève, distribuent des prospectus aux passants dans le but d’amener les autres enseignants hésitants à les rejoindre à ce mouvement d’humeur. Selon Dika Manga Joseph, coordonnateur du Synes à Douala, il s’agit «d’une grève d’avertissement qui va s’étendre jusqu’au Samedi 15 novembre 2008».
Le Synes réclame une augmentation du salaire des instructeurs des universités d’Etat, qui selon Ndikontar Maurice Kor, secrétaire national à la communication du Synes, est largement inférieur aux appointements reçus par les professeurs des autres universités d’Etat dans les pays africains ayant un niveau économique comparable à celui du Cameroun. Les partisans de cette revendication se plaignent également de l’excès de travail qu’engendre le système Licence Master Doctorat (Lmd) en vigueur dans toutes les universités d’Etat. De plus, ils revendiquent les primes des enseignants «qui s’élèvent à un montant de 10,7 milliards par an», affirme Ndikontar Maurice Kor.
Depuis 1999, le Synes a entrepris en vain des démarches auprès du gouvernement camerounais pour le sensibiliser sur la grave détérioration des conditions de vie et de travail des étudiants et des enseignants dans les six universités d’Etat du Cameroun. Il a entre autres soumis des propositions concrètes au gouvernement le 22 octobre 2007 au sujet de la réactualisation du programme triennal 2001-2004, d’amélioration des formalités d’activité des enseignants. Considérant que ces plaintes portées à l’attention du ministre de l’enseignement Supérieur n’ont abouti à rien de concret, que les pourparlers avec cette autorité gouvernementale n’ont pas apporté des solutions aux problèmes des enseignants, «le Synes prévoit au-delà de la grève, d’employer autres mesures plus radicales si les choses ne changent pas d’ici le 15 novembre prochain», soutient Joseph Dika. Cependant, pour sa part, le ministre de l’enseignement supérieur a confié que le travail de préparation des documents devant générer des avantages pécuniaires aux enseignants est très avancé. Il serait même déjà déposé à la présidence de la République. Or le président gère son temps et ne travaille jamais sous pression. Donc les enseignants risquent d’attendre encore longtemps.
En attendant, on note des points de désaccord entre différents syndicats ayant participé à la rencontre avec le ministre Fame Ndongo. Sur les quatre, seul le Synes semble tenir au maintien du mot d’ordre de grève. Pour les membres de ce syndicat, les autres (dont les chefs de file sont Mono Djana, Rachel Bidja et jean Bertrand Amougou), ne sont pas représentatifs. En dehors de Douala, d’autres universités ont néanmoins suivi le mot d’ordre de grève du Synes. Les universités de Dschang, Buea et Yaoundé I ont ainsi été passablement paralysées, empêchant les cours prévus de se dérouler normalement. Sur les six université d’etat 5een dehors de celle de Maroua), seules Ngaoundéré et Yaoundé II Soa n’ont pas été touchées par le mouvement.
Linda MBIAPA (Stagiaire)