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Insécurité
Sur le territoire national, les populations sont de plus en plus inquiets devant les exploits des gangs qui opérèrent en toute sérénité et au regard de l’impuissance des forces de maintient de l’ordre.
Jusqu’ici on savait que les gangs armées sévissent loin des grandes métropoles où sont concentrées les bases des forces armées. Le comble a été atteint dans la nuit du 29 au 30 octobre 2008. Cette nuit là, une bande armée est allée narguer les autorités du pays en opérant en toute quiétude dans la ville de Yaoundé, laissant un mort sur le carreau. Pendant une heure, un gang de cinq éléments en treillis vert des forces de l’ordre, prend le contrôle de l’entrée sud de la capitale, au niveau du quartier Ahala. Ils opèrent comme des coupeurs de routes. Bloquant l’axe reliant Yaoundé à Douala, ils mettent en respect tous les véhicules et dépouillent les occupants. Argent, bijoux, cette bande ne laissent aucun objet susceptible d’avoir une valeur marchande. Le scénario ressemble fort à un film d’action hollywoodienne.
Ce qui était encore des actes perpétrés dans les zones rurales, a mis ostentatoirement le cap au siège des institutions. A la grande désolation des populations qui ne sentent plus en sécurité à quelques endroit que ce soit du territoire nationale. Une situation qui rappelle bien les émeutes qui ont embrassé la quasi-totalité des villes du Cameroun dans la dernière semaine du mois de février 2008. Alors que les autorités indiquaient que seules les villes « rebelles » étaient concernées, et que la capitale était épargnée, elles ont été pris au dépourvu de constater qu’à Yaoundé, autant sinon plus que dans les autres villes du pays, le pouvoir était dans la rue. Un mouvement populaire qui avait fait vaciller l’autorité de l’Etat pendant trois jours.
Les villes balnéaires cibles
Depuis le retour au pays du président Paul Biya le samedi 1er novembre d’un long séjour hors du pays, dans les différentes villes du camerounais, l’armée est fortement déployée. Les patrouilles des forces de l’ordre écument les artères de nuit. Les contrôles sont pratiquement systématiques. C’est le cas la ville balnéaire de Kribi où depuis le vendredi 24 octobre, militaires et gendarmes investissent le célèbre carrefour Kingué. Ils ferment tous les bars et interpellent tout individu suspect. Un état de sécurité instauré à la suite des nombreux coups de vols perpétrés en toutes impunité par des gangs qui avaient toujours réussi à ne pas se faire prendre. Le rubicond a été franchi avec le braquage manqué de la Banque internationale pour le crédit et l’épargne du Cameroun (Bicec), dans la nuit du 21 au 22 octobre. Lorsque un gang est tombé dans les mailles de la police au moment de passer en pleine opération.
A Limbé, les populations sont encore sous le choc avec les multiples braquages que mènent de manière audacieuse une bande de malfrats qui terrorise cette cité balnéaire. Sous le nez et la barbe des patrouilles mixtes qui essaiment les rues de jour comme de nuit. A l’aide de tracts, ces gangsters annoncent la date de leur passage dans certains quartiers et demandent aux habitants de préparer portables, bijoux et argent. Ce qu’ils récupèrent lors de leur en toute quiétude lors de leurs opérations. Les habitants des quartiers «Haoussa quater et Upper cassava farm» en ont été victimes dans le même scénario. Ils ont promis de braquer Upper cassava farm, le 22 octobre 2008, cette nuit là, ils ne se sont pas passés. C’est le lendemain qu’ils ont débarqué vers quatre heures du matin, mettant en respect toutes les habitations. Un climat d’insécurité qui sévit après le braquage spectaculaire du 28 septembre 2008. Cette nuit là, le quartier administratif a été tenu en respect par des pirates qui ont fait crépiter les balles et les explosifs pendant plusieurs heures pour braquer trois banques. Au finish, ils ont emporté 258 millions de francs à l’agence Amity Bank, faisant un mort et plusieurs blessés.
Les coupeurs de route font recettes
Dans la province de l’Ouest, le 13 octobre 2008, des coupeurs de routes abattent le commandant de brigade de Massagan après l’avoir identifié parmi les passagers d’un véhicule de transport en commun qu’ils avaient intercepté. A cela s’ajoute, les multiples bus de transport en commun que des brigands opérant comme des coupeurs de route mettent régulièrement en respect sur l’axe Douala – Bafoussam, notamment au niveau de Souza, Njombé et Melong.
Dans la plupart des cas, ces gangs de bandits de grand chemin russisent toujours à s’évanouir dans la nature. Ce qui pose de manière cruciale le problème de l’insécurité au Cameroun. Une insécurité où les forces de l’ordre ne sont pas toujours innocents. C’est le cas de Cipriano Nguema Mba, l’officier équato-guinéen, exilé au Cameroun depuis 2003 et qui a été enlevé le 8 octobre dernier par deux policiers Ibrahim Ndam et Ndam Amadou et acheminé par route jusqu’à Kye-Ossi, à la frontière entre le Cameroun et la Guinée-équatoriale.
Mathieu Nathanaël NJOG, publié dans Le Messager