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Insécurité
Après les événements de la nuit de samedi 27 au dimanche 28 septembre 2008, la vie a repris sereinement.
C’est dans une ville de Limbé où la vie a repris normalement son court que nous avons débarqué dans la matinée du lundi 29 septembre 2008. Les établissements scolaires et le centre commercial connaissent l’ambiance bruyant des jours habituels. «Nous sommes tranquilles, les gens qui ont braqué les banques sont déjà repartis avec leur butin en quoi cela nous regarde», affirme Emily, une commerçante. Même les établissements financiers de la ville fonctionnent à merveille. Seules, la Sgbc et Amity bank, les deux banques sérieusement endommagés lors des attaques de la nuit de samedi 27 au dimanche 28 septembre 2008 sont restées fermées. Les forces armées et police en civil ou en treillis militaires sillonnent la ville en véhicule de ravitaillement et de transport de troupes ou discrètement tous les lieux d’attroupement.
Conséquence de l’assaut d’une bande armée bien organisée et non identifiée dans la ville de Limbé. Un butin de 257 millions de francs et plusieurs de ces enseignes détruits. Un écriteau marqué au feutre rouge indique devant l’entrée principale de Amity Bank : « La banque est fermée pour des besoins d’enquêtes ». Au regard de sa façade principale restée intacte, elle n’a pas l’aire d’avoir été victime. Pourtant, c’est la seule banque qui a été pillée. On apprend que c’est par l’arrière que la bande armée y a accédé.
Jouxtant, la Amity Bank sur son flan droit, la Sgbc est encerclé par une bande de sécurité qui signale l’inaccessibilité et matérialise que la zone est dangereuse. Les volets des portes et des fenêtres de sa façade principale sont éventrés, laissant entrevoir les stigmates d’une violente attaque. A la gauche de Amity Bank, se trouve, la Scb-Crédit agricole. Le travail y a court, les clients y ont accès, le bâtiment principal n’ayant pas été attaqué. Des enquêteurs en civil relèvent minutieusement tous les détails de la destruction subie par le box du guichet électronique situé à l’extérieur. On peut apercevoir au sol, le point d’impact de l’explosif utilisé pour souffler les grilles d’entrée. En face sont postés les éléments de la gendarmerie armés. Quelques curieux s’arrêtent pour s’enquérir de la situation.
Paroles aux victimes
A l’hôpital provincial de Buea, trois blessés sont internés. Wilfried Babila, un jeune bachelier qui revenait de la fête des finissants du côté de Down Beach lorsqu’il a reçu deux balles dans l’abdomen alors qu’il regagnait le domicile familial. «Au niveau du carrefour de la Beac, j’ai été atteint par deux coups de feux, je n’ai pas eu le temps de voir d’où était parti la balle, je me suis écroulé et rampé jusqu’à un domicile voisin où j’ai demandé le secours les occupants ont refusé de me venir en aide », raconte-t-il. Son camarade, Tah Gustave, qu’on trouvé à son chevet dit avoir beaucoup plus de chance. « Nous rentrons ensemble et moi j’étais légèrement avancé lorsque nous avons entendus des coups de feu, c’était le sauve qui peut », déclare-t-il. Dans la salle voisine, se trouvent deux autres blessés. Samba Alids, vigile à la société Spider security and service est encore pâle. Il escortait le bus de Fini hôtel lorsqu’il a été atteint par quatre balles. Kom Evarist a été atteint par une balle dans l’avant bras droit entièrement bandé. Il dit avoir reçu une balle alors qu’il se trouvait dans une voiture personnelle lorsqu’elle a été mitraillée. Tous ont un point commun, ils ont été attaqués au niveau du carrefour de la Beac qui se trouve à 10 mètres des banques attaquées.
Selon, les informations concordantes des victimes, notamment des couche-tard qui étaient dans la boîte de nuit qui fait face à ce centre administratif (désert dans la nuit), deux véhicules suspectes de marque « Prado » ont garé aux environs de 22 heures au niveau du carrefour Beac du côté de la plage. Ces occupants étaient tous en costumes sombres. Les passagers du bus Fini hôtel disent avoir distingué des hommes habillés en costume sombre avec un bandeau blanc autour de la tête et des hommes en treillis militaires suffisamment armés qui était posté dans une embarcation en équilibre au bord de la mer. La proximité des différentes banques avec le bord de la mer où elles ont pratiquement les pieds dans l’eau a favorisé cette opération kamikaze. C’est dire, si la menace plane sur les villes côtières comme celle de Kribi.
Mathieu Nathanaël NJOG publié dans Le Messager