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Les revendications du personnel

Droits sociaux / Siac-Isenbeck – Sabc

 Après l’annonce du rachat de la Siac-Isenbeck par la société anonyme des brasseries du Cameroun (Sabc), les employés ne savent toujours pas à quelle sauce ils vont être mangés.

Depuis vendredi 19 septembre 2008 l’accalmie est revenue au sein de la société Siac-Isenbeck. Après la paralysie des activités de la veille, jeudi, à la suite d’un mouvement de grève, les employés ont repris le travail. Mais sous la cendre couve des braises ardentes. Jeudi 18 septembre 2008, les employés de la Siac-Isenbeck entrent en grève et séquestrent jusqu’à 23 heures le nouveau directeur général par intérim, Pierre Prouveur, par ailleurs directeur process qualité à la Sabc. Ils revendiquent la présentation du protocole de vente, ils entendent ainsi savoir le contenu des négociations, notamment le volet concernant le sort qui est réservé aux employés. Surtout que le liquidateur, qui n’est autre le Pdg de la Siac-Isenbeck, Joachim Haasen était reparti du Cameroun le mercredi 17 septembre 2008 sur la pointe des pieds. « Nous avons été mis devant le fait accompli. Nous n’avons même pas été consultés pour ce qui est de notre avenir. Tout s’est passé comme un hold up hollywoodien», déplore un cadre qui a requis l’anonymat. Les employés ont ouï dire que le rachat de la Siac Isenbeck a longtemps achoppé sur  la clause portant sur le sort des employés.

En lieu et place du protocole de vente, le directeur général de la Sabc, André Siaka va envoyer une lettre dans laquelle il rassure les employés de la Siac-Isenbeck. «Il ressort alors que tous les employés seront transférés dans les effectifs de la Sabc, tout en gardant les mêmes avantages. Ceux qui ne désireraient pas rester, leurs droits seront calculés et payés», confie notre source. Ce qui justifie l’accalmie. Néanmoins, les employés restent sur leur faim. «Nous allons poursuivre les négociations avec l’acquéreur. C’est trop facile cette proposition. Nous ne sommes pas dupes », affirme  notre source. Pour les employés, il y a les points d’ombre qu’il faut clarifier. Tout d’abord le respect du code du travail en la matière. «Il faut tout d’abord liquider nos droits d’anciens employés de la Siac  Isenbeck et signer les nouveaux contrats pour ceux qui voudront rester », déclare un délégué du personnel. Et par la suite, les employés entendent demander les garanties. « La Sabc n’aurait pas besoin de tout le personnel pour réaliser la même production. Il faut craindre que pour préserver le climat social on annonce pompeusement qu’on va garder le personnel et par la suite procéder à une épuration progressive. Pour cela nous devons avoir une garantie d’au moins cinq  ans de  conservation d’emploi», souligne le délégué du personnel.

D’autant plus qu’il y a trois cas de figure. Il y a les anciens employés de la Sabc qui occupent des postes de réflexion qui ne souhaiteraient pas être réduit à des postes d’exécution. Il y a ceux dont les départs de la Sabc n’ont pas toujours été sains et qui redoutent à terme des règlements de compte. Il y a ceux qui n’auraient jamais de leur propre chef voulu travailler à la Sabc. Dans ces conditions plusieurs employés sont dubitatifs sur la position à adopter. La précarité de l’emploi y est pour beaucoup. Mais l’épineuse question reste la méthode de calcul des droits sociaux. Ils entendent avec le soutient des syndicats veiller au respect de la loi.

Mathieu Nathanaël NJOG

 

 

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