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Liberté de presse - Opération Epervier
Le directeur de publication de la Détente a été interrogé hier lundi aux environs de 23 heures par les éléments de la division provinciale de la police judiciaire du Littoral.
Depuis lundi 21 septembre 2008, le directeur de publication (Dp) de l’hebdomadaire « La Détente » est sous la paille à la Division provinciale de la police judiciaire du Littoral (Dppjl). Il a été interpellé à la demande du procureur de la république devant lequel, devrait être conduit devant dans les heures qui viennent. Lorsque le commissaire principal Minkoa Ngah Vincent, le chef de la Dppjl, signe sa mise en garde à vue aux environs de 2 heures du matin, après trois heures d’interrogatoires, il est mentionné qu’elle est valable pour 48 heures renouvelables. On lui reproche la détention de certains documents qu’on dit confidentiels. Les enquêteurs entendent tirer de lui plusieurs informations, en ce qui concerne l’origine du décret présidentiel qu’il a publié en fac-similé et exploité pour titrer à la « Une » dans l’une de ses éditions « Paul Biya limoge Dipanda Mouelle». Mais aussi, le passeport de Yves Michel Fotso dont il avait publié en fac-similés des pages dans l’une des ses éditions. A en croire les fins limiers de la police judiciaire, il ne les faciliterait pas la tâche « en refusant de collaborer ».
C’est au sortir du diner-débat offert à l’occasion du deuxième anniversaire de Fritz Ntoné Ntoné à la tête de l’exécutif communautaire de la ville de Douala que Lévis Medjo a été interpellé devant des confrères pratiquement indifférents. C’est tout d’abord deux éléments de la brigade anti-gangs de la Pj qui l’abordent, mais il refuse de s’exécuter prétextant la non présentation de la convocation. Ce qui va obliger le chef de la Dppjl en personne de sortir d’un véhicule banalisé pour le convaincre de les suivre. Aussitôt à la Pj, le procureur de la république est informé par téléphone de son arrestation. Car, à la suite d’une convocation téléphonique le 14 août 2008, il éconduit la police en se faisant représentant au rendez-vous par un ami, conseiller municipal Sdf de la Commune de Douala IIè.
Après l’avoir présenté le mandat d’amener du procureur de la république, il sera aussitôt soumis à un interrogatoire. Il est poursuivi pour le chef d’accusation de « Propagations de fausses nouvelles » pour avoir commenté le décret présidentiel qui accorde une prorogation spéciale à certains magistrats hors hiérarchies qui étaient atteint par la limite d’âge. Il constatait que Dipanda Mouelle qui était le moins âgé des magistrats concernés, bénéficiait d’une prorogation qui court jusqu’en 2009, alors que ses autres collègues, plus âgés, avaient une prorogation allant jusqu’à 2012 pour certains. Et de titrer : « Paul Biya limoge Dipanda Mouelle
Pendant qu’il était en cellule nous confie son rédacteur en chef qui l’a rencontré, un des adjoints du chef service de la Dppjl lui aurait rappelé qu’après cette première affaire, il devra aussi répondre de l’affaire du passeport retiré de Yves Michel Fotso par la police et dont il a réussit l’exploit d’entrer en possession et de publier des pages. Il est question pour la police de retrouver les personnes qui ont tenté de «vendre» ledit passeport au père Fotso Victor à plusieurs centaines de millions de francs Cfa.
Mathieu Nathanaël NJOG publié dans Le Messager