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Première audience du procès de Lewis Medjo

Liberté de la presse

 

Le tribunal de première instance de Douala-Bonanjo siégeant en audience correctionnelle du 3 octobre 2008 a appelé l’affaire opposant le ministère public à Lewis Medjo, le Directeur d publication de l’hebdomadaire «La détente Libre». Le tribunal a après identification du prévenu Lewis Medjo, a lu le chef d’accusation : « Propagation de fausses nouvelles » et a renvoyé l’affaire à l’audience du 7 novembre 2008 pour « production du casier judiciaire N°2 du directeur de publication et citation éventuelle de la victime ». La victime n’a aps été nommée, mais il va de soi que ce soit le président de la Cour suprême, Dipanda Mouelle. Lorsque la citation lui sera notifiée, va-t-il se présenter devant la barre pour dire le préjudice que lui à causer cet article et probablement réclamer dommage et intérêts ? Puisque l’article incriminé porte sur l’une des éditions du mois d’août 2008 qui était titré à la Une : «Paul Biya limoge Dipanda Mouelle».

Dans l’article qui soutien ce titre à la Une, il a commenté le décret présidentiel qui accorde une prorogation spéciale à certains magistrats hors hiérarchies qui étaient atteint par la limite d’âge. Il y constate que Dipanda Mouelle qui était le moins âgé des magistrats concernés, bénéficie juste d’une prorogation de deux ans qui court jusqu’en 2009, alors que ses autres collègues, plus âgés, avaient une prorogation allant jusqu’à 2012 pour certains. Plusieurs observateurs y voient un dilatoire dans la démarche du tribunal dans le seul but de maintenir Lewis Medjo aussi longtemps que possible en prison. Pis encore, on ne sait  toujours pas jusqu’ici qui poursuit notre confrère. La victime ou le ministère public ?

Interpellé le 21 septembre 2008 aux environs de 23 heures par les éléments de la police judiciaire (Pj), alors qu’il était arrivé à Douala pour imprimer la dernière édition qui n’a jamais été tirée. Il a été conduit au parquet le 26 septembre 2008 et est passé le même jour devant le juge d’instruction où a eu lieu l’ouverture de l’information judiciaire. Mme la juge d’instruction après l’audition qui s’en est suivie, l’a inculpé pour le délit de «Propagation de fausses nouvelles». Et par la suite a signé son mandat de dépôt pour la prison centrale de Douala. Faute de véhicule de transition, il sera reconduit à la Pj où il a passé le week-end en cellule. C’est finalement depuis le lundi 29 septembre 2008 que Lewis Medjo séjourne à la prison centrale de Douala où il est détenu à la spéciale N°18. La cellule Vip. Jusqu’ici, notre confrère dit garder le moral malgré sa détention loin de sa famille résidente à Yaoundé.

Mathieu Nathanaël NJOG publié dans Le Messager

 

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