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Justice - Emeutes de février
Le tribunal de grande instance (Tgi) du Moungo siégeant en son audience criminelle du mercredi 24 septembre 2008, n’a pas acquitté Lambo Sandjo Pierre Roger.
Mme Lambo Sandjo Julienne en larme en pleine salle d’audience, Mme les consolations de son époux, condamné, ne suffisent pas pour la calmer. Le public venu nombreux pour suivre le verdict de cette affaire est désemparé. Le président de séance, Nytame Ntyame Miché jugeant en collégialité vient de prononcer le verdict du procès qui oppose le ministère public et la partie civile représentée par la Société des plantations de Mbanga (Spm) et le Centre divisionnaire des impôts (Cdi) de la ville éponyme contre Lambo Sandjo Pierre Roger, plus connu sous le pseudonyme d’artiste musicien de « Lapiro de Mbanga » : « Statuant contradictoirement à l’égard de toues les parties déclare le prévenu coupable du délit d’attroupement sur la voie publique ; obstruction de la chaussée et pillage en bande. Le condamne a trois ans d’emprisonnement ferme ». De même, entériné le désistement de la société anonyme des brasseries du
Cameroun (Sabc) et la Société des eaux minérales du Cameroun (Semc); mais retient la demande de dommage et intérêt de la Spm et la Cdi ; « condamne le prévenu a versé 200 millions de francs cfa à la Spm ; 80 millions de francs cfa au titre de dommages et intérêts ; et 359.489 Fcfa aux dépens ; assortis de 12 mois de contrainte par corps. Et décide du mandat d’internement à la barre ».
Le tribunal suspend une nouvelle fois l’audience pour quinze minutes, avant la suite de l’audience du jour. La salle se vide, Joe la conscience et Sam Mbende, les deux artistes présents sont consternés. Ils vont comme plusieurs personnes réconfortées leur confrère. Les avocats déçus, lancent avec un brin d’espoir qu’ils s’en remettent à la Cour d’appel où leurs arguments seront beaucoup plus pris en compte. Me Augustin Mbami engage immédiatement les voies de recours nécessaires. « C’est une mauvaise décision d’autant qu’elle n’a pas tenu comptes de nos arguments », affirme Me René Manfo. Lapiro lui-même lance : « La lutta continua », comme une invite à tous les siens à poursuivre avec lui le combat pour que seule la vérité triomphe.
Parodie de justice ?
C’est à l’audience du 27 août 2008 que l’affaire est mise en délibérée par le tribunal siégeant en collégialité pour se prononcer sur la culpabilité ou non de Lapiro de Mbanga. Il renvoyait ainsi les parties à la suite du réquisitoire du ministère public, la plaidoiries des avocats de la partie civile et des avocats de la défense à la suite de plusieurs mois de débats sur le fond et la forme, soutenus par des interrogatoires et contre interrogatoires. Hier, mercredi 24 septembre, dès l’entame du procès, le tribunal a déclaré Lapiro coupable. Le ministère public a alors requis entre 10 et 20 ans d’emprisonnement ferme, soutenu la demande de la partie civile dans leurs réclamations des dommages, soit 1 milliard de francs cfa pour la Spm et 100 millions de francs Cfa pour le Cdi de Mbanga. « Face à cette première sentence nous avons refusé la rupture ne refusant de plaider », affirme un avocat de la défense.
Les avocats de la défense ont tour à tour démonté toutes ses réclamations et même cette peine requis par le ministère public. Me René Manfo a démontré que n’eut été un procès politique, son client, Lapiro de Mbanga ne serait pas jugé en criminelle et ne saurait être condamné à la peine requise par le parquet. Et pour cause, ses supposés complices ont été jugés en correctionnel et ont écopé d’au plus 18 mois d’emprisonnement ferme et ont tous été élargis par la grâce présidentielle du 10 février 2008. Par ailleurs, la défense s’est offusquer de cette attitude de la « Spm qui veut s’enrichir illicitement», d’autant qu’à la dernière audience, Me Makembé de regretté mémoire, avait reconnu avoir sollicité la médiation de Lapiro pour sauver les plantations de bananes de Mbanga pendant les émeutes, tout en rappelant que la Spm n'a jamais porté plainte contre l'artiste, mais plutôt contre inconnu. Quant àla demande du Cdi de Mbanga, Me Mbami a révélé que le chef de centre n’avait aucun mandat du ministère des finances pour parler en son nom. Et par ailleurs, lors de la dernière audience déjà le rapport sur la destruction du Cdi de Mbanga produit contre Lapiro, a été jugé irrecevable. Tout en faisant remarqué que la parie civile n’a produit aucune preuve justificative pour soutenir les montants réclamés, la défense a plaidé les circonstance atténuante du fait que le casier judiciaire produit par le ministère public faisait de Lapiro un délinquant primaire du fait qu’il était vierge. C’est alors que le tribunal va se retirer pour délibérer sur la sentence.
Mathieu Nathanaël NJOG publié dans Le Messager