La vie c'est savoir partager, j'essaie de partager avec vous ce que je sais mieux faire. Ma passion, le journalisme. J'attends vos commentaires pour annimer cet espace d'échanges et d'informations. Je ferai des efforts pour l'améliorer au jour le jour. Votre motivation sera mon leitmotiv
Augmentation de salaire - Paralysie de la CUD
Un mouvement généralisé d’humeur des personnels de toutes les collectivités décentralisées du Wouri a entraîné un débrayage à la communauté urbaine de Douala.
Sous les feux d’artifices depuis sa prise de fonction pour les œuvres d’aménagement de la cité capitale économique, il est depuis quelques jours vomis par son personnel. Hier mercredi 27 août 2008, le fonctionnement de la communauté urbaine a été entièrement paralysé par la grève du personnel de la Cud. Pendant toutes la journée, les agents communaux ont bloqué le fonctionnement la grille d’entrée principale de l’immeuble siège de la Cud à Bonanjo. Même le déploiement des agents de la société de gardiennage Dog security avec des chiens n’y a rien pu. « Personne n’entrée, personne ne sort !», lançait les agents postés devant cette entrée. Ce qui a contraint tout le reste du personnel d’être maintenu hors des bureaux. Loin s’en faut, même les cadres étaient discrètement dans la danse. Loin des regards furtifs, ils ne cachaient pas leur participation indirecte à ce mouvement d’humeur. «Nous sommes tous concernés par ces revendications. Ce n’est pas une affaire des seuls agents comme on veut le faire croire », avoue dans l’anonymat un des hauts cadres. Pourtant, quarante huit heures plus tôt, Fritz Ntonè Ntonè lors d’un point de presse était confiant : « La majorité a compris notre position. Mais il y a une minorité qui fait dans l’agitation. Ce sont les syndiqués, ils sont 379 sur un effectif de 749 personnels».
Il vient d’être pris au dépourvu avec une grève quasi générale du personnel de la Cud auxquels se sont joints les agents des cinq communes de Douala. Pancartes à la main ou avec des affiches collées sur les murs des bâtiments de la Cud, on pouvait lire : « Grève illimité des collectivités du Wouri jusqu'à l’application du décret 2008/099 du 7 mars prescrivant l’augmentation de 15% de salaire » au personnel militaire et civil; « M. le Délégué du gouvernement nous exigeons l’application sans réserve du décret 2008/099 du 7 mars 2008 du président, qui vous a fait Roi». En effet, après un énième report de 48 heures pour laisser prospérer les négociations entamées par le préfet du Wouri, Bernard Okali Abilaï, qui n’ont pas produit les résultats escomptés, ils ont à nouveau remis en exécution leur préavis de grève.
Ntonè Diboti à la rescousse
Dans l’après-midi d’hier, le Délégué du gouvernement a de nouveau été obligé d’aller à la table de négociations. Des tractations menées avec deux délégués de chaque collectivité décentralisée du Wouri ; Maximilien Ntonè Diboti, le président de la Confédération du syndicat des travailleurs du Cameroun (Cstc) dont est affilée la Sacw, et le délégué départemental du ministère du travail et de la sécurité sociale. Après plus d’heure de débat houleux, Ntonè Diboti a convaincu les grévistes d’accepter la proposition d’un report de la grève pour le jeudi 4 septembre, soit sept jours. Le temps qu’une délégation conjointe se rende à Yaoundé pour obtenir le décret d’application que réclament Fritz Ntonè Ntonè, le délégué du gouvernement et Jean Jacques Essono, le contrôleur financier détachée auprès de la Cud. «Le problème est liée à la difficulté d’interprétation. Si les militaires sont facilement identifiables, le personnel civil dont fait allusion le décret, concerne-t-il simplement les fonctionnaires ou faut-il l’élargir aux autres agents des secteurs public et privé», affirme Isaac Mbondja Soelle, le secrétaire général de la Cud pour expliquer la position ferme du Délégué de ne pas céder à la pression des grévistes. Si tous les maires ont cédé à l’augmentation, ils butent au refus de paiement de jean Jacques Essono. Pendant ce temps, l’exécutif de la Cud dit attendre toujours la réponse du ministre de l’administration territorial vers lequel il s’en est remis pour la conduite à tenir. En réplique, le personnel de la Cud dit ne pas comprendre cet entêtement de leur exécutif communautaire. « Lorsqu’il a fallu appliquer la baisse des salaires, les agents des collectivités les ont subi tout autant que les fonctionnaires ; d’où vient-il que lorsqu’il faut bénéficier d’une augmentation on pinaille sur la qualité de personnel civil », souligne Thérèse. Chaud devant !
Mathieu Nathanaël NJOG
Le Messager du 28-08-2008