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Ntonè Ntonè conditionne les 15% d’augmentation

Revendications salariales

Les collectivités décentralisées de Douala sont secouées par une grave crise sociale. Les agents communaux réclament l’application de 15% d’augmentation prescrite par le chef de l’Etat en mars. Ce qui n’est toujours pas le cas.


Hier, lundi 25 août 2008, dès les première heures de la matinée, les bureaux de la mairie de Douala 1er sont fermés, les agents de cette commune devisent dans la ruelle d’en face. En effet, les agents de cette commune ont mis en exécution le préavis de grève que le syndicat des agents communaux du Wouri a lancé au sortir de la réunion tripartite de juillet dernier. Surtout que le rapport final avait débouché sur le fait que cette augmentation ne souffre d’aucun ambiguité. «Nous ne comprenons pas que le maire Lengue Malapa  de la commune de Douala 1er ait pris les dispositions pour que depuis les salaires d’avril nous bénéficions de l’augmentation de 15% telle que prescrit par le décret du chef de l’Etat le 7 mars 2008, mais le contrôleur financier de la communauté urbaine s’y oppose », affirme un agent qui garde l’anonymat.

En revanche, Essono Jean Jacques, le contrôleur financier en poste depuis deux semaines dit pour sa part n’y être pour rien. Il respecte certaines dispositions, à l’instar de la circulaire du gouverneur du 18 juillet 2008 qui demande d’attendre « la solution qu’apportera la hiérarchie qui est saisie du problème ». Par ailleurs, il se susurre que certaines communes ne disposent pas de recettes nécessaires pour appliquer cette augmentation. C’est le cas de la mairie d’arrondissement de Douala IVème qui accuse des arriérés de salaires et dont les agents sont entrés en grève dès la mi-journée d’hier pour les mêmes raisons que leurs homologues de Douala Ier. Une tension vive depuis plusieurs mois dans toutes les communes de Douala et même à la Communauté urbaine de Douala (Cud). Alors qu’on annonçait que le mouvement devrait s’essaimer dans toutes les collectivités décentralisées de Douala, le syndicat des agents communaux du Wouri a interrompu la grève qu’il a reportée pour 48 heures. Dans l’attente des solutions qui déboucheront des concertations entamées par le préfet du Wouri, Bernard Okalia Abilaï.

Face à cette détermination des agents des communes du Wouri, le Délégué du gouvernement Fritz Ntonè Ntonè a donné en fin de journée d’hier un point de presse pour préciser sa position. «Les revendications des agents communaux sont légitimes, si l’application est plus aisé pour les agents de l’Etat immatriculés, il faut une certaine assimilation pour les agents communaux », déclare Ntonè Ntonè. Seulement il est confronté à une situation complexe. En 2002, une délibération du Conseil de la Cud a décidé une augmentation améliorée de 10,26% des salaires des agents de la communauté urbaine. Dès son arrivée à l’exécutif de la Cud, le ministère de l’administration territoriale et de l’administration décentralisée (Minatd) commet un cabinet d’étude pour procéder à un diagnostic sur les communautés urbaines de Douala et Yaoundé. La communauté urbaine de Douala a été interpellé aux écarts observés, par rapport  à son sureffectif qui est de 749 employés contre 300 pour la Cu de Yaoundé et sur les salaires portant la masse salariale de la Cud à près de 190 millions Fcfa. « Nous n’avons pas pu fournir des arguments pour soutenir cette augmentation », avoue-t-il. Alors dès que le décret du président de la république est pris, il dit avoir saisi le Minatd pour décider s’il faut appliquer cette augmentation sur la grille de salaire de 1993, ce qui va déboucher à un réajustement de 4,76%, ou sur les salaires actuellement appliqués. « Dans tous les cas, quelqu’en soit la décision du Mintad, nous nous engageons à faire un rappel à l’immédiat. La communauté urbaine n’a pas de problème de liquidité », rassure Ntonè Ntonè.

Mathieu Nathanaël NJOG
Le Messager du 26-08-2008

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