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Affaire Pad -Détournement du mobilier
Après trois jours d’audience, le procès continue d’explorer les différents chef d’accusation portés contre l’ex-Dg du Port autonome et compagnie.
« M. Siyam, faisons un effort de ne pas nous énerver », lance le président de la collégialité de la cour d’appel siégeant en audience criminelle dans l’affaire du Port autonome de Douala (Pad). C’est qu’après l’examination in chief ou interrogation de ses propres avocats, une phase soft, l’entame de la cross examination ou la contre interrogation entamée par le ministère public et les avocat du Port autonome de Douala (Pad) a été plus éprouvante. Alphonse Siyam Siwé qui répondait des accusations de détournement du mobilier de la résidence du directeur général du Pad au lendemain de sa passation de service a affiché à certains moments une attitude d’énervement. Il supportait mal les questions insidieuses, au point de souvent se dérober. « Je ne suis pas à l’oral d’un examen... Je ne réponds plus des questions d’informations générales qui finissent par se retourner contre moi. J’en ai tiré les leçons », affirme Siyam Siwe dans le box pour se détourner d’une question d’un avocat du Pad. Me Anatole Ayissi Ngah, l’un de ses conseils parle même d’un acharnement.
Pour Siyam Siwe, il ne comprend que les avocats de la partie civile fassent dans la mauvaise foi, «Ils savent ce que j’en pense depuis la grande instance, mais ne manque pas de faire des insinuations ». A la fin d’un interrogatoire avec Me Ondobo, avocate de la partie civile, le président de la collégialité va reconnaître que : « C’était chaud ! ». Tout en rappelant que les avocats ne font que leur travail.
Pour cet autre chef d’accusation auxquels étaient consacré les débats de l’audience d’hier, mercredi 27 août 2008, Siyam Siwe comparaissait aussi bien comme prévenu que comme témoin. D’autant plus que le ministère public avait fait appel pour rattraper plusieurs biens mobiliers détournés d’une valeur de près de 76 millions de francs cfa. Représentant le reliquat, d’un inventaire dont la valeur globale est de 122 millions de francs cfa de biens mobiliers qu’on l’accuse d’avoir emporté dans la résidence du Directeur général du Pad sise à Bonapriso. Hors, le premier juge ne l’avait déclaré coupable de détournement que d’une salle à manger d’une valeur de 48 millions de francs cfa acquis auprès de la société 3T de Bafoussam. Siyam Siwe condamné, a aussi fait appel pour ce même chef d’accusation pour se disculper de ce délit. Ce qui a achoppé les débats.
Enumérant, les biens détournés, le public était surpris d’apprendre du ministère public que pour la seule année de 1999, Siyam Siwe s’était approprié au compte du directeur général du Pad, fonction qu’il occupait parfois en un mois, une cinquantaine d’ustensiles, 9 cuisinières, 5 salles à manger, 4 congélateurs, 2 téléviseurs, dont le prix unitaire allait toujours cherché dans le million de franc au minimum. «Il s’agit d’une redite qui vient du fait qu’à la création du Pad en juillet 1999, il y a eu un transfert du patrimoine de l’ex-Onpc qui a donné l’impression de nouveaux achats », justifie Siyam Siwe.
L’audience a été suspendue après six heures de débats pour reprendre le jeudi 28 août. Chaque partie a exposé les motifs de l’appel et une nouvelle fois l’affaire Pad a été renvoyée pour le 9et 10 septembre 2008. Les débats porteront sur «le marché de modernisation du terminal à container du port de Douala ». Sont concernés, Siyam Siwe et Siwé Nintcheu. Mais déjà les avocats annonce cette audience très épique. « Car, il sera question de récupérer les milliards de francs cfa », lance les avocats de la partie civile.
Mathieu Nathanaël NJOG