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Aes Sonel - Intégration des releveurs
Une conférence de presse convoquée par la plate-forme intersyndicale pour désamorcer le climat social très tendu à la filiale camerounaise du groupe Siroco s’est muée en réunion de médiation syndicale.
La conférence de presse convoquée par l’Union des confédérations syndicales du Cameroun (Ucsc) à la bourse du travail de la Cstc à Douala, hier, mardi 26 août n’a pas porté ses fruits. Cette conférence de presse qui s’est transformée en réunion de médiation syndicale n’a permis d’éclairer les journalistes sur les trois points de l’ordre du jour. La position de l’Ucsc sur : - le climat social à Aes Sonel – les travaux du Comité ad hoc pour le dialogue social – et le statut des releveurs actuellement en grève. Les journalistes ont plutôt assisté à un échange houleux et parfois épistolaire entre les différentes parties prenantes dans le conflit. Au centre duquel, l’Ucsc, organisatrice et médiatrice de circonstance s’est contentée de briller par la langue de bois.
Les journalistes ont relevé et dénoncer ce dérapage. C’est ainsi qu’en mi-parcours de ce conclave de quatre heures, ils ont quitté bruyamment la salle, avant de revenir après moult négociations. Une réaction qu’a eu précédemment la horde des cent cinquante releveurs présents dans la salle. Ils protestaient contre la sortie de la salle de Jean-Pierre Moudourou, le directeur des ressources humaines (Drh) de Aes Sonel et le refus de donner la parole à Julien Fouman, le président du Syndicat national de l’énergie électrique (Snee). Ce n’était qu’une incompréhension, puisque le Drh qu’on soupçonnait de fuir la riposte du président du Snee, allait plutôt répondre aux interviewes des télévisions.
Echec
Même si les responsables des centrales syndicales déclarent que «Aes Sonel ne saurait être une société philantrope, car le code de travail est intangible pour le cas des temporaires qui excèdent six mois de travail, ils sont de fait considérés comme titualires», soutient Louis Sombès. Il en ressort toutefois que l’issue de cette crise sociale avec au centre le statut des releveurs de Douala et Yaoundé, qui sont actuellement en grève reste confuse. «Toutefois notre position n’est pas très claire », affirme René Bernard Ekedi, le coordonnateur de l’Ucsc. Et pour cause, « On se retrouve dans un dilemme entre l’Aes Sonel qui déclare n’être pas l’employeur des releveurs et les releveurs qui soutiennent qu’ils ne reconnaissaient pas la société sous-traitante Intérima comme leur employeur », poursuit Louis Sombès de la Csac. Et Flaubert Moussolé de l’Uslc de conclure : «Nous allons tout d’abord rencontrer le ministre de travail et de la sécurité sociale jeudi 28 août 2008 avant de nous prononcer. Mais on pense déjà à la mise sur pied d’une commission ad hoc technique pour trouver une solution sur l’avenir des releveurs ». Ce qui n’a pas empêché Maximilien Ntonè Diboti de l’une des factions de la Cstc d’y voir «une finalité positive au vu de la caricature du dialogue sociale qu’on a pu obtenir à l’issu de cette rencontre ».
Mais il faut dire que cette rencontre portait déjà en elle-même les germes de son échec. D’autant plus que, l’Ucsc a décidé de rencontrer l’employeur et organiser cette pseudo conférence de presse sans être au préalable rapprocher des releveurs en grève, ni de leur Syndicat de base, le Snee. Toute chose dont a d’emblée dénoncé Julien Fouman. «Je déplore pour le dénoncer que ceux qui sont appelés à parler en notre nom, les confédérations, sont d’abord allées s’enticher avec l’employeur». En attendant, Julien Fouman et ses camarades releveurs ont décidé de maintenir le sit-in à Douala et Yaoundé jusqu’à ce qu’ils soient intégrés dans le personnel de Aes Sonel ou alors que leurs droits soient entièrement payés comme employés de Aes Sonel pour une séparation à l’amiable. Il va de soi que l’accalmie n’est pas pour demain.
Mathieu Nathanaël NJOG