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Aes Sonel – Mouvement d’humeur
Une centaine d’agents temporaires d’une société intérimaire ont investi la devanture de l’immeuble siège pour réclamer leur intégration et dénoncer les licenciements abusifs.
Dès les premières heures de la matinée de jeudi 21 août 2008, une hordes de jeunes gens ont investi l’entrée de l’immeuble siège de la direction générale de Aes Sonel. Ils arborent des tee-shirts jaunes ou des chemisettes blanches parées de bleue, portant les insignes de Aes Sonel, d’un numéro et de l’inscription « Releveur ». Ils justifient leurs actions. «Après un préavis de grève déposé le 10 août par notre syndicat, le Snee, et dans lequel nous réclamons l’intégration des 179 releveurs de Douala à Aes Sonel après 40 mois de travail comme temporaire, nous avons entamé la grève le 19 août», affirme Ndjebayi, releveur.
Face à cette situation, une rencontre a eu lieu entre le sous-directeur de la communication, Alex Siewe, la directrice du partenariat communautaire et du développement durable, Marlyse Tongo Manga Bell et quatre représentants des releveurs. Au sortir de cette rencontre les représentants des releveurs n’ont pas caché leur déception. « Nous ne sommes pas satisfaits de cette rencontre. Tout d’abord, parce que nous n’avons pas été reçus par le directeur général et aucune suite n’a été donné à nos revendications», affirme Prosper Mongo, porte-parole.
En revanche pour Marlyse Manga Bell, précise : «C’était une rencontre informelle. Nous avons rencontré ces jeunes pour leur conseiller les démarches à suivre ». La restitution de cette rencontre est révélatrice. «Les dirigeants rencontrés ont réaffirmé la détermination de Aes Sonel de maintenir les releveurs à la charge de la sous-traitance. A ceux qui voudraient reprendre le travail, il leurs est exigé de prendre l’engagement de ne plus rien réclamer à Aes Sonel. Aux autres, il leur est demandé d’engager les procédures nécessaires pour rentrer en possession de leurs droits», rapporte Prosper Mongo.
Aes Sonel ou rien
En effet, les releveurs sont formels, ils se considèrent comme employés de Aes Sonel et non d’Intérima, la société sous-traitante. Ils soutiennent cela par leurs tenues qui sont estampillées Aes Sonel, leurs badges qui sont signés du directeur régional, Simon Nyambal et de leur bulletin de paie qui porte deux raisons sociales : Aes Sonel et Interima. En outre poursuit Bekono. «Nous avons intercepté cet échange d’e-mail où Jean Pierre Moudourou, directeur des ressources humaines demande à Simon Nyambal de licencier tous les grévistes sans paiement de nos droits, comme si le droit de grève n’était plus reconnu au Cameroun ». Et un autre de conclure : «Si nous n’étions pas employés de Aes Sonel pourquoi ce sont les directeurs de cette société qui décident de notre sort ».
En avril 2005, un peu plus de 170 jeunes sont retenus à l’issu des tests psychotechniques et affectés dans les différentes agences Aes Sonel de Douala en qualité de releveurs/distributeurs. Connu sous l’appellation des « maillots jaunes » de par la couleur de leur tee-shirts servant d’uniforme. Ils seront reversés quelques temps après à Intérima. Cette dernière, en lieu et place des contrats de travail, délivre des « contrats de mission » de deux mois renouvelables. Les jeunes recrus qui ont tous le niveau minimum du baccalauréat sont rémunérés à 50.000 Fcfa. Ce salaire est progressivement revu à la hausse pour atteindre 90.000 Fcfa. En 2007, les releveurs réclament un contrat de travail. « C’est alors que devant le chef de brigade de l’inspection de travail, Intérima nous apprend qu’il n’est pas l’employeur des releveurs », souligne Ngamo.
Mathieu Nathanaël NJOG
Le Messager du 22-08-2008