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Aes Sonel – climat social
Ils ont demandé à rencontrer le Dg de Aes-Sonel. Ensemble ils ont célébré le succès du dialogue social. Mais des syndicalistes de base restent sceptiques.
La salle de réunion de la direction générale de Aes Sonel a servi de cadre à une rencontre, hier mercredi 20 août entre Jean David Bilé, directeur général de Aes Sonel et les dirigeants de cinq des six centrales syndicales regroupées à l’Union des confédérations syndicales du Cameroun (Ucsc). Il s’agit de : René Bernard Ekedi, président de la Confédération général du travail (Cgt-Liberté) et coordonnateur de l’Ucsc, Ntoné Diboti, président d’une faction de la Confédération syndicale des travailleurs du Camerooun (Cstc), Louis Sombès, secrétaire exécutif de la Confédération des syndicats autonomes du Cameroun (Csac), Flaubert Moussole, président de l’Union des syndicat libre du Cameroun (Uslc), Mougoue Oumarou, président de la Confédération des syndicats indépendants du Cameroun (Csic). Etait aussi de la partie, Boris Boniface Mba, secrétaire général de l’Ucsc. Cette rencontre, sollicité par les principaux dirigeants des Centrales syndicales suscités a porté sur « la situation générale des travailleurs et le climat social qui prévaut à Aes Sonel depuis le préavis de grève déposé par le syndicat des employés de cette société, le syndicat national de l’énergie électrique (Snee)».
Le directeur général, Jean David Bilé a profité de l’occasion pour présenter les résolutions des travaux de la 12ème session du comité Ad hoc qui s’est tenue du lundi 18 août à 14 heures et a pris fin le lendemain. Il ressort que l’employeur a fait des avancés significatives pour satisfaire les revendications des syndicats. Notamment, pour ce qui est de la police d’assurance, l’amélioration des taux de couverture dans les formations sanitaires qui sont passés de 95% à 100% dans les hôpitaux parapublics, de 90 à 95% dans les hôpitaux Ad Lucem et le maintien à 100% dans les hôpitaux publics et confessionnels. Au sujet des salaires, l’employeur a consenti à débloquer une enveloppe « substantielle » d’un milliard de francs Cfa à repartir au personnel afin de combler les écarts dénoncés. Même si le Snee estime le ratio à 100 milliards de francs Cfa. Sur la rétrocession de 5% du capital aux travailleurs qui étaient actifs à l’Aes Sonel à la date du 18 juillet 2001. L’employeur confirme que le Groupe Aes corporation tiendra ses engagements et fera au personnel une offre d’achat de 5% des actions de l’entreprise au plus tard le 31 mars 2009.
Sur ces explications, les dirigeants des centrales syndicales ainsi réunion pour le compte de l’Ucsc ont adressé un satisfecit à la direction générale. « Nous l’exhortons à aller de l’avant malgré nos relations qui sont souvent conflictuelles », déclare René Bernard Ekedi. Au sortir de cette rencontre, ils ont proposé la mise en place d’une plate-forme de discussion pour œuvrer à la formation et à l’éclairage des travailleurs sur le paysage syndical camerounais et l’exercice du droit syndical. On peut toutefois remarquer que les centrales syndicales parlaient plus en leur nom qu’au nom des syndicats actifs dans cette entreprise.
Toutefois, les releveurs, qui avaient décidés de suspendre leur travail auraient décidé de surseoir à leur grève. Ces derniers, qui ne font pas directement partie des effectifs de Aes-Sonel mais d’une société d’intérim, pèsent d’un poids énorme dans le mouvement syndical. Un mouvement qui ne recrute pas que les employés de Aes-Sonel, mais de toutes les entreprises du secteur de l’énergie électrique. Apparemment donc, il y comme une accalmie. Le problème est-il pourtant définitivement réglé ? On attend de voir… car malgré le satisfecit des dirigeants confédéraux, de nombreux syndicalistes de base continuent de manifester leur insatisfaction quant à la réintégration de leurs camarades licenciés, ou sous le coup de sanctions.
Mathieu Nathanaël NJOG
Le Messager du 21-08-2008