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Affaire Pad en appel
Empêchés, ils sont arrivés quand le juge avait déjà prononcé le renvoi.
Lorsqu’on appelle l’affaire dite du Port autonome de Douala (Pad) dans la salle d’audience n°1 de la cour d’appel du Littoral, hier 25 mars 2008, toutes les parties sont présentes sauf les appelants : Edouard Nathanaël Etondè Ekoto (ex président du conseil d’administration), Alphonse Siyam Siwe (ex directeur général), Simon Noah Ewodo (ex directeur général adjoint) et François Siewé Nitcheu (cadre au Pad). Malgré la présence de leurs conseils et des intimés (Maurice Teguel, Etienne Abessolo, Eric Tita Babila, Kamdem, Mba Tsang Asa’ana et Nouga Wensitcheu), l’audience n’a pas pu aller au-delà de l’appel. Le juge a renvoyé l’affaire pour le 29 avril prochain. Les quatre condamnés arriveront en salle d’audience après cette décision. Ils ont été extraits tardivement de leur cellule en prison, certainement à cause de la lourdeur administrative.
La déception du public est grande, lui qui a fait le déplacement espérant voir l’affaire débattue au fond. On se souvient qu’avant l’expiration des délais prévus par la loi, les deux parties (le Pad, partie civile, et les condamnés de l’instance précédente) avaient fait appel de la décision du tribunal de grande instance (Tgi) de Douala qui a statué sur l’affaire de détournements de derniers public et escroquerie foncière au Port autonome de Douala. Cette juridiction avait lourdement condamné, en décembre 2007, les prévenus Edouard Nathanaël Etondè Ekoto, Alphonse Siyam Siwe, Simon Noah Ewodo et Francois Siewé Nitcheu. Des condamnations allant de 10 à 50 ans de privation de liberté et des centaines de millions de Fcfa de dommages et d’intérêts à payer aussi bien individuellement que solidairement.
Au cours d’une conférence de presse donné le 19 décembre dernier dans les salons de l’hôtel Akwa Palace, Me Emmanuel Pensy et ses deux confrères Martine Mbongo Bwame et Jean Daniel Likalé, conseils de Edouard Etondè Ekoto, ont indiqué que cet appel porte sur les deux volets de la condamnation. Primo, la condamnation au sujet des 500 millions de Fcfa payés à AITI dans le cadre d’une convention dont les traites ont été établies en bonne et due forme, selon les propres termes des conseils de Etonde Ekoto Edouard. Secundo, celle portant aux 400 millions de Fcfa payés aux administrateurs sur la base d’une résolution du conseil d’administration du Pad.
Dans la même lancée, Me Tchakouté Patié Charles, l’un des conseils de Alphonse Siyam Siwé, annonçait aussi avoir interjeté appel ce même mercredi 19 décembre 2008. «Cet appel porte sur les deux condamnations. Il s’agit des décisions sur la culpabilité et sur les peines prononcées », confiait-il. Par la suite, les autres condamnés ont suivi la même procédure.
Le Port autonome de Douala, alors partie civile, a également contesté le jugement d’instance. Me Ngann Supermann, l’un des conseils du Pad, affirmait qu’il avait introduit son recours le 18 décembre 2007. « Il s’agit d’un appel total en ce que nous ne sommes pas d’accord sur l’ensemble des dommages et intérêts qui nous ont été accordés», déclarait-t-il. En attendant que la cour se prononce définitivement sur cette affaire, on a l’impression d’être dans une spirale de recours sans fin. D’autant plus qu’on se souvient que les conseils de Edouard Etondè Ekoto disaient être prêts à aller jusqu’au niveau de la Chambre commune de justice et d’arbitrage d’Abidjan au cas où leur client n’avait pas gain de cause.
Mathieu Nathanaël NJOG