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Les arts martiaux pour préserver la tradition Sawa

Société & Sport – Mben Mwa Sawa

Découverte

 

Les pratiquants des arts martiaux originaires de Douala sont constitués en association. Un mouvement en symbiose avec les us et coutume de toutes les tribus de la côte littoral en général et du Ngondo en particulier.

 

1- Les maîtres des arts martiaux Sawa structurés

Samedi 15 décembre, une horde de hauts gradés des arts martiaux de la ville de Douala, toutes disciplines confondues, arborant leur kimono d’apparat défilent dans les rues du canton Akwa. On a cru à une procession funéraire, le public a vite fait de supputer sur l’éventuel décès d’un grand maître. Il n’en sera rien puisqu’on apprendra plus tard que cette procession avait lieu pour une occasion heureuse.  « Nous sommes mobilisés pour le mariage de Maître Yéké Georges, maître 4è dan de Full contact  et son épouse Solange. C’est l’un des objectif de notre association, assister nos membres en cas de bonheur ou de malheur », indique maître Jonguelle Ebelle Kwa, président de cette association Sawa des arts martiaux (Asam).

C’est en 2006 que l’Association Sawa des arts martiaux prend véritablement corps avec sa légalisation sous le N° 829/l/C19/Bapp du 10 août 2006. Il comprend à ce jour plus de 350 membres pratiquants des arts martiaux parmi lesquels plus de 155 hauts gradés et entraîneurs de clubs. Le bureau mis en place pour un mandat de sept ans est conduit par Maître Jonguelle Ebelle Kwa, 6e dan de Kung-Fu, président et Maître Mbappe Daniel 4è dan Karaté, secrétaire général. Deux autres plus hauts gradés, maîtres Moukoko et Damé 6è dan occupent le stratégique poste de conseillers. Dans ce regroupement on retrouve plusieurs présidents des ligues provinciaux et des fédérations des arts martiaux. A l’instar des maîtres Mongole, de la Fécakada, Ngambi Thomas, du Taekwendo, Ekwe du Kung-Fu, Epée du Self défense, tous présidents provinciaux, auquel on peut ajouter  Moudourou, ex-président provincial du Nambudo. La liste est loin d’être exhaustive.  

Par ailleurs, on relève aussi que beaucoup d’autres grands maîtres des arts martiaux, souches Sawa pour des raisons diverses, n’ont toujours pas adhérés à ce regroupement. « Il y en a qui ont manifesté le désir d’appartenir mais ne se sont pas acquittés du payement des frais d’inscriptions qui s’élèvent à 5000 Fcfa », lance Maître Jonguelle Ebelle Kwa. Toutefois, on évoque aussi les querelles de chiffonniers qui sont souvent les répercussions des batailles de leadership ou de compétence entretenues dans les clubs ou dans les différentes fédérations. « Ce n’est pas les grades qui nous unissent. Moins encore, on ne vient pas dans cette association pour chercher des grades. Cela n’influence en rien nos rapports », s’insurge Maître Jonguelle Ebelle Kwa. Il va sans dire qu’il y a un travail que l’équipe dirigeante en place devra mener pour ramener le dernier carré des réfractaires de ce mouvement qui travaille en étroite collaboration avec les chefs traditionnels du Ngondo. Il y a trois deux ans encore ils étaient garant de ce mouvement, aujourd’hui, pour répondre à l’évolution du temps, ils sont réduits à constituer le comité des membres d’honneur.

 

2- Des prérogatives étendus sur la côte Littoral

Cette association dont le slogan est « Amour, vitalité et transparence » a pour objectifs de resserrer les liens de tous les fils Sawa pratiquants des arts martiaux, et œuvrer pour la valorisation des us et coutumes Sawa. Cela passe par la contribution aux respects du pouvoir traditionnel et à assurer la sécurité des chefs et rois Sawa. D’ailleurs, apprend-on l’Association Sawa des arts martiaux est issue de celle de « Mbem Mwa Sawa » qui existe depuis 1972.

Les dirigeants de l’Association Sawa des arts martiaux ne font pas de différence entre leur association et le « Mben Mwa Sawa ». Traduction : « Le nœud gordien qui lie une catégorie de personnes pour le bonheur et pour la paix. » A ces débuts, le « Mben Mwa Sawa » est un mouvement de la jeunesse, garde des traditions et des chefs supérieurs, elle est chargée de la sécurité des chefs supérieurs de la côte Littoral. Allant de Campo à Nkongsamba en passant par Edéa, Yabassi, Douala et Limbé. Ces membres sont les éléments exerçant dans le service de protocole, le service de renseignement, la garde rapproché et l’armée traditionnelle de toutes les chefferies du Ngondo originel. Au total, ils sont un peu plus de 3600 membres recensés. Auprès desquels près de 155 hauts gradés des arts martiaux servent d’encadreurs.

Toute en conservant la même configuration et les mêmes prérogatives, l’association « Mben Mwa Sawa », mieux encore Sawa des arts Martiaux, a pris son autonomie en 2006. C’est ainsi qu’elle est constituée de plusieurs commissions chargé : des initiations, de la culture, de l’animation, de sécurité, de liaison, de la formation aux sports de combat,… « Nous avons en projet de mettre sur pied un politique qui permettra de constitué une pépinière qui va assurer la relève et apporter énormément dans le plan de la sécurité des chefs traditionnels », confie Maître Jonguelle Ebelle Kwa. Avant d’ajouter qu’elle va aussi se lancer dans les prochains aux actions sociales.

Mathieu Nathanaël NJOG
Le Mesager du 20/12/07

 

 

 

 

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