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Le patronat dresse un bilan économique annuel morose

Economie – Gicam : Assemblée générale

 

Réunis mercredi 19 décembre 2007, dans le cadre de la 104è session de son  assemblée générale du Groupement interpatronal, les chefs d’entreprises ont exprimé leurs inquiétudes au  ministre des finances.

« Nos préoccupations sont les vôtres [M. le ministre des finances] et tournent autour du faible taux de croissance de notre économie, résultat entre autres du niveau insuffisant d’investissement et du climat des affaires qui prévaut dans notre pays », soutient André Siaka, le président du Gicam. La croissance de l’économie nationale a décélérée, elle est estimée à 2,9% en cette année 2007, contre une moyenne de 3% depuis les quatre dernières années. Toutefois, les projections pour l’exercice 2008 tablent sur un taux de croissance d’environ 4% et 4,5%. Ils comptent sur le rattrapage attendu dans les secteurs des industries manufacturiers et surtout de la reprise dans les bâtiments et travaux publics via le lancement des grands travaux d’infrastructures.

Toutefois, le patronat relève quelque note de satisfaction, tels que la maîtrise de l’inflation. « Par rapport à l’année 2006, où la hausse des prix avait atteint 5,1%, l’inflation est estimée à 1,5% en 2007», avoue André Siaka. Ceci s’est traduit grâce aux mécanismes de stabilisation du prix du pétrole brut à la pompe, en dépit, d’une poussée vertigineuse enregistrée  entre juin et novembre 2007 en passant de 67,2 dollars le baril à 100 dollars. Mais le ministre des finances a vite fait de rappeler que cette situation ne pourra pas durer. « Dans cette situation, il y a quelqu’un qui paie cette compensation. Alors si la situation persiste, l’Etat sera obligé de répercuter la hausse du prix à la pompe dès janvier prochain », annonce Essimi Menye.

 

Solution : investir dans l’agronomie

Par ailleurs, le patronat constate que le Cameroun n’a pu tirer profit de la relève de la hausse des cours mondiaux des produits agricoles d’exportation. Car, les exportations n’ont pas suffisamment bénéficié de la hausse des cours. « Ils ont enregistré une diminution des quantité de l’ordre de -05%, entraînant la chute des recettes d’exportation », relève le président du Gicam. Et pour cause, les principaux produits agricoles d’exportation ont accusé des baissent de production. Il est ainsi de la banne (-2,9%), du cacao (-10,8%), le café robusta (-1,2%), le café arabica (-14,3%), le coton (-26,4%). Conséquence, la balance commerciale hors pétrole brut demeure encore largement déficitaire et le déficit est passé de 1081 milliards Fcfa à 277,7 milliards Fcfa soit en valeur relative de +156,9%.

Le ministre des finances en a profité pour inciter à la colonie des créateurs de richesses du Gicam de se lancer dans le secteur agricole. « La relance de l’économie devra être assise sur une base industrielle qui nous permette d’abord de gagner le marché intérieur. Il faut créer une valeur ajouter locale et accroître la production agricole de rente. Pour cela j’invite les chefs d’entreprises à investir dans l’agro-industrie », souligne Essimi Menye. Car, il s pose un réel problème de la diversification de la base production de l’économie camerounaise pour sortir du piège du pétrole. « Sur les 10 premiers produits d’exportation en dehors des feuilles de placage, du carburant et lubrifiants, et dans une certaine mesure le bois sciés, tous les autres sont vendu à l’ Etat brut à peine ouvrés », reconnaît la note économique du Gicam. Le président du Gicam reconnaît que le taux d’utilisation des capacités industrielles installées est inférieur à 70%.

Une situation qu’il faudrait remédier d’urgence avec la signature par le Cameroun des Ape Acp-Ue qui ouvre la voie à la compétitivité. Un défi que notre tissu industriel n’est pas suffisamment préparer pour le relever. Les chefs d’entreprises en ont aussi profité pour revendiquer la hausse des salaires des fonctionnaires. Le ministre des finances en réplique dira n’être pas opposé au principe, mais demande de trouver une régie qui lui permettre d’engranger 70 milliards supplémentaires pour augmenter ces salaires de 15%. « Sauf si vous acceptez une réévaluation de 2% des impôts», demandera Essimi Menye. Avant de préciser que dans le contexte actuel, cela ne profitera pas à une économie camerounaise essentiellement dépendent des produits d’importation.

Mathieu Nathanaël NJOG
Le Messager du 22/12/07

 

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