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Cemac
Permettre une utilisation de masse de la monétique dans la zone Cemac, voilà le défi que se sont assignés les professionnels de ce mode de paiement. C’était lors du premier forum qui s’est tenu à Douala du 31 octobre au 1er novembre 2007.
1- Un instrument encore de luxe
«La monétique, c’est l’ensemble des systèmes et procédés permettant à un client appelé porteur de réaliser des retraits, paiements ou tout libre service bancaire (Lsb) à l’aide généralement d’un support plastique nommé carte », souligne Jean Gallo Jiotsa, Directeur général d’Adsnet. Jusqu’ici cette utilisation s’effectue à l’aide d’une carte de paiement ou de retrait par opposition aux espèces ou instruments de paiement non dématérialisés. En Afrique centrale, l’usage de la monétique est encore élitiste. Pour les professionnelles de la monétique, réuni à Douala du 31 octobre au 1er novembre, cette première édition du forum monétique qu’ils veulent annuel a traité du développement et de l’optimisation de l’usage des carnets de retrait ou de télépaiement dans la sous-région.
Au Cameroun, l’usage est encore réservé à une élite. Elle seule a accès à ces systèmes et modes de paiement qu’offrent certaines banques (Sgbc, Standard Charteret Bank, Bicec, Scb crédit agricole, Afriland First Bank,…) à travers les guichets électroniques. « Ces sont des automates bancaires (Dab ou Gab) à partir duquel le porteur effectue diverses opérations (retrait, consultation,…) », précise Jean Gallo Jiotsa. A cet effet, les clients des banques qui souhaitent bénéficier de cette facilité remplissent certaines conditionnalités et sont dotés d’une carte électronique. Ceux en circulation dans le marché bancaire sont les cartes : Visa, Master Card, Visa électron, Américan Express (Amex), Icard et même la Traid’card que vient de mettre sur le marché la société pétrolière Tradex. Encore expérimentale au sein du personnel, elle permet à ses employés d’effectuer les achats dans les stations services et boutiques de cette société.
Outre la Traid’card, certains commerçants acceptent, en règlement d’un produit ou d’un service, le paiement effectué via une carte électronique. On peut citer les boutiques Mahima et les guichets de paiement de Aes Sonel qui acceptent le paiement avec la carte Icard d’Afrique Firts Bank. « Le Paiement Manuel est réalisé chez les commerçants-affiliés pour les achats, au guichet de la Banque à travers le Cash-Advance. Alors que le paiement électronique est réalisé à l’aide d’un T.P.E (Terminal de Paiement Electronique) pour les mêmes services » précise Bénedict Belibi. Ainsi plusieurs gammes de cartes interbancaires sont offertes aux porteurs pour développement de nouveaux services (Transfert d’argent, paiement de factures…)
2- Les entraves d’un défi
A ce jour, sur les 38 banques, établissements financiers et postaux de la Cemac, seuls une dizaine offre des systèmes monétiques. Ainsi sur les 2,6 milliards de cartes de retrait ou de paiement en circulation à travers le monde, la région Afrique et Moyen-Orient compte 49 millions de cartes. En tête des pays francophones de cette région, le Maroc avec 2,5 millions de cartes. Un chiffre en constante augmentation. Un niveau que n’atteignent ni l’ensemble des pays de la zone Uemoa et de la Cemac. L’Omac (Office monétique de l’Afrique centrale), la Smac (société monétique de l’Afrique centrale), les deux instances tutélaires de la monétique et les institutions financières ont décidé de combler l’énorme retard de la Cemac en matière de monétique. Ils ont convenu de l’urgence de la rendre l’accessibilité à toutes les couches sociales. « Il est question de vulgariser la carte pour qu’elle ne soit pas réserve à une élite », précisera Blaise Bollet, Directeur général de la Smac. Car, ces systèmes et moyens de paiement ont l’avantage de « faciliter l’accès des populations aux services bancaires, favoriser le développement du commerce dans la région Cemac, assurer des services de proximité et offrir une possibilité aux porteurs de profiter d’un réseau de retrait et de paiement plus vaste », ajoutera-t-il.
Pour cela, la tâche ne s’annonce pas facile. Le taux de bancarisation de la sous-région est de 3%. Très faible ! Tels que les échanges. « Si on se réduit au système bancaire, il est évident qu’on ira pas loin. Il faut l’étendre à ceux qui ont ou non un compte dans les banques », lance un participant. Les instances tutélaires de la monétique accusent un retard énorme dans leur mise en place de ses structures. Prévu pour janvier 2007, elle a été reportée pour janvier 2008. Ces deux instances ont la lourde mission pour y parvenir de réussir prioritairement l’interbancarité monétique en zone Cemac. Cela demande un investissement énorme estimé à des centaines de milliards de francs cfa. Or, le capital de l’Omac est de 3 milliards Fcfa.
Il est urgent que les différentes parties s’accordent à investir. « Notamment les Etats de la Cemac qui n’ont aucune véritable politique de masse en faveur de l’appropriation de cet outil révolutionnaire dans les habitudes de consommation des usagers », indique un cadre d’une entreprise fournisseurs des terminaux monétiques. Surtout qu’il faudra des terminaux performants qui marchent à toutes les sources d’énergies. Il y a aussi l’obstacle de certaines banques françaises qui ont déjà institué l’utilisation des cartes à accès international. Mais rassurent les responsables de l’Omac et de la Smac « les banques françaises concernées vont émettre des cartes régionales », rassure Benedict Bélibi. D’ailleurs on annonce qu’il y aura plusieurs cartes. Les cartes à usage national, régional et international. Toutes ses cartes fonctionneront sous trois formes majeures : - Le Système de Gros Montants Automatisé de l’Afrique Centrale (Sygma), - le Système de Télécompensation de l’Afrique Centrale (Systac) et le Système Monétique Interbancaire (Smi)
Il faut dire que les services intrebancaires permettent aux clients de faire des retraits d’espèces sur les automates de toutes les institutions bancaires dans la zone Cemac. Et même le paiement chez n’importe quel commerçant de la même zone. Au final, ils facilitent l’accès des populations aux services bancaires, favoriser le développement du commerce dans la région Cemac, et assurer des services de proximité. Ils offrent une possibilité aux porteurs de profiter d’un réseau de retrait et de paiement plus vaste.
Mathieu Nathanaël NJOG
Le Messager du 8/11/2007
Focal
L’Omac est une structure de gouvernance et de tutelle de la monétique sous-régionale constituée en décembre 2005, sous forme d’Association et dénommée l’Office Monétique de l’Afrique Centrale (Omac). Il est chargé d'assurer la définition et le suivi de la réglementation, la définition des normes interbancaires, l'élaboration de la tarification interbancaire, la veille technologique, les relations avec les émetteurs internationaux, la promotion des cartes interbancaires et la formation de ses membres. A ce jour, l’Omac regroupe 38 banques, établissements financiers et postaux de la Cemac
En revanche la Smac est une structure de traitement ou Société Monétique de l’Afrique Centrale (Smac), créée sous forme de « société anonyme » en décembre 2005, qui assurera des prestations de services monétiques interbancaires, délégataires et complémentaires pour le compte des banques de la Cemac et hors Cemac. Elle proposent les services de trois sortes : - les services interbancaires, - les services délégataires, les services complémentaires.
Mathieu Nathanaël NJOG
Le Messager du 8/11/2007