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Le Minfi déroule sa feuille de route à Douala

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Réformes

 

Le Minfi déroule sa feuille de route à Douala

Trois mois pour combler un gap de 20 milliards Fcfa. En perspective un comportement plus social du personnel des impôts.

 

A 93 jours de la fin de l’année, les objectifs des recettes fixées pour le budget de 2007 accusent un retard de 20 milliards Fcfa. La révélation est du ministre des Finances. C’était au cours d’une réunion de concertation tenue à Douala vendredi dernier avec les agents de ses différents services. Pour cela, il a lancé un appel à la mobilisation de tous les agents. Malgré les difficultés rencontrées sur le terrain. Et de s’engager à réécrire la stratégie des régies financières : la direction des impôts, la direction des douanes. Objectif : les rendre plus performantes voire plus productrices.

Certains personnels parlent de malaise au sein de la famille des impôts, de la douane et des autres services. Il y a la frustration créée par le non aboutissement du statut spécial de la Douane qui vise à uniformiser ses deux corps (Le corps civil et le corps en tenue). Mais, il y a aussi le traitement disproportionné du personnel, la demande du retour à l’orthodoxie qui passe par la définition d’un profil de carrière, le respect des compétences et la motivation. Des préoccupations que le ministre Essimi Menye a dit prendre à son compte. “ Nous allons essayer avec une stratégie propre à nous de mettre quelque chose de durable en place. Je suis conscient que dans ces conditions, ça joue dans le moral et la productivité ”, avoue Lazard Essimi Menye.

 

Perspectives de 2008

Des sessions de formation et de recyclage pour les personnels des différents services du Minefi vont redémarrer. Notamment en informatique. “ Pour ceux qui ont peur des ordinateurs, je ne sais pas trop ce qu’on fera d’eux… ”, indique-t-il. Pour 2008, un saut qualitatif de la direction des impôts est envisagé. Celle-ci sera dotée d’un programme de modernisation en matière d’informatique, à l’instar de Sydonia de la direction des Douanes. “ Le potentiel humain existe, mais on va leur donner le potentiel technologique afin que nos impôts se modernisent, autant sinon plus performant que la douane ”. Toutes ses initiatives devront permettre d’améliorer la mobilisation des recettes.

Dans la même lancée, il annonce (grâce à la fibre optique) de mettre dans les deux semaines qui viennent un processus de connexion des services financiers du Minfi de Douala et Yaoundé avec la comptabilité du trésor de la Beac. Mais aussi des différents services comptables des ministères avec le Minfi. Ce qui permettra un suivi des opérations, et à terme de tendre vers le paiement électronique des impôts par les grandes entreprises. Il en sera de même pour le suivi des mouvements financiers dans les services extérieurs. Dans le cadre de la répression fiscale, il recommande à ses collaborateurs un comportement plus social. A cet effet, il dit créer à terme des brigades spécialisées en fonction des différents secteurs d’activités. “ L’inspecteur des impôts devra connaître l’entreprise, la filière, la qualité du service, le processus de production, bref comprendre toute la chaîne de fonctionnement d’une entreprise, ses ramifications, cela permettra d’avoir un comportement social avant d’opérer à une répression moins agressive ”, précise-t-il. Et d’annoncer la révision de la réglementation sur la taxe des importations des voitures. Celle en vigueur favorise l’achat des voitures d’occasion (vieilles de plus de quinze ans). Transformant le Cameroun en un dépotoir. “ Il est question d’améliorer le parc automobile en qualité. Car, il n’y a pas 1000 voitures neuves importées par an. Parce la réglementation décourage les gens qui achètent les voitures neuves ”, affirme Essimi Menye.

 

Par Mathieu Nathanaël NJOG

Le Messager 01-10-2007

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