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Jean-Marie Ndengoue Noumbissi : Président du Suacc
Le président du syndicat des usiniers acheteurs et conditionneurs de café-cacao du Cameroun (Suacc) porte un regard sur l’avenir de la filière café dans le Moungo.
Quelle est la situation actuelle des usines à café dans le Moungo et à Nkongsamba en particulier ?
Les quelques usines encore actives souffrent de la sous-production du café d’autant plus qu’ils ont une capacité de consommation des machines plus importantes. Mieux des investissements. On est très loin de cette époque où le département Moungo passait pour être le plus grand producteur du café arabica au Cameroun. Faisant parfois à lui tout seul, jusqu’à très souvent le tiers de la production nationale. C’est vous dire que les usines de cafés, celles qui résistent encore à l’air du temps sont à l’image de ce que la production du café est devenue. On assiste depuis un certain temps à la fermeture des grosses unités. Ce n’est qu’une conséquence logique. Les usines qui réapparaissent sont les plus petites unités que beaucoup d’opérateurs créent à la faveur de la libéralisation de la filière.
La situation n’est-elle pas inquiétante pour cette filière qui ne présente plus de capacité pour renaître des cendres ?
Il ne faut pas perdre de vue que la situation nationale de la filière café et cacao ne dépend pas de nous mais c’est bien une conséquence internationale. Les cours sur le marché mondial ne sont pas très rémunérateurs. Mais je puis vous avouer qu’il y a une volonté politique pour que les choses changent. Cela se traduit déjà dans les faits avec la création du fonds de développement des filières café-cacao. Il a été créé par décret en 2005, le comité de gestion a déjà été mis en place, c’est un comité paritaire (etat – secteur privé), qui regroupe les opérateurs de toute la chaîne de la filière. D’ailleurs, j’en fais partie. Nous avons déjà des mois d’existence et je crois d’ici les mois à venir on devrait déjà assister à des réalisations concrètes financées par ce fonds de développement.
Que faut-il concrètement pour relancer la filière café dans Nkongsamba ?
Il faut le dire et ce n’est un secret pour personne, les plants sont vieux, les planteurs qui ont créé ces plantations, pour la plupart ne sont plus de ce monde. Et ceux qui sont encore vivants n’ont plus la force d’entretenir ces plantations sources de leur prospérité d’antan. pendant, les périodes prestigieuses du Moungo. Par ailleurs, c’est ce qui a permis d’élever les fils du Moungo. Ce qui fait la nostalgie de plusieurs d’entre-nous au regard de la physionomie que présente le café et par ricochet celle du Moungo. Je pense que la relance passe par la création de nouvelles plantations avec de nouvelles variétés. Il faudra également que les jeunes s’impliquent dans cette politique du rajeunissement de la main d’oeuvre et des plants. Ce sont ces jeunes qui sont à même d’assimiler les progrès techniques qui permettraient de développer les plantations à fort rendement et cela entraînerait des revenus substantiels.
Par ailleurs, il y a certains facteurs hadicapants, notamment des petites unités. Celles-ci ont permis l’introduction des opérateurs qui brillent par leur dilettantisme. Ils y viennent sans conviction et à la moindre difficulté, ils repartent. Ce qui entraîne une certaine rotation d’individus dans la filière. Une instabilité qui n’est pas pour permettre la relance espérée.
Il faudrait de ce fait trouver les moyens pour refinancer les planteurs. Il y a un espoir avec le soutien des bailleurs qui y injectent déjà des financements dans la filière, notamment dans le cacao. Il faudrait que cela se prolonge sur le café. Vous savez que c’est le tandem cacao-café qui nourrit la quasi-totalité des planteurs dans la partie méridionale du Cameroun.
Par Par Mathieu Nathanaël NJOG
Le 20-06-2007