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Le diable envahit le temple Epc

Le consistoire Sanaga vole en éclats


Depuis quatre mois, le consistoire Sanaga du synode Bassa de l’Eglise presbytérienne camerounaise, est hanté par des batailles internes. Les forces de l’ordre et les tribunaux ont été saisis.

 

1- Un Dieu, deux consistoires

L’atmosphère est de plus en plus électrique dans le consistoire Sanaga, synode Bassa de l’Eglise presbytérienne camerounaise (Epc). Deux camps s’affrontent sans ménagement. Les partisans de l’éclatement et les non partisans. Les éclats de voix sont de plus en plus explosifs dans les paroisses. La naissance du consistoire Grand Sanaga est douloureuse. La déchirure a embrassé toutes les structures de l’organisation de l’Epc. On a même frôlé les affrontements lors des cultes de dimanche tout au long du mois de mai dans certaines paroisses. Depuis quelques semaines, certains cultes sont dits avec le concours des forces de l’ordre. C’est le cas de la paroisse Sic Peniel au quartier gentil de la Cité-Sic. Des remous ont été enregistrés dans les paroisses de Beedi, Karis de Dizangué et Hermon de Nagoundéré lorsque le consistoire Grand Sanaga a voulu installer ses nouveaux pasteurs.

Ailleurs, certains pasteurs sont mis en minorité. A l’Epc francophone de Bonamoussadi à Douala, le Rév. pasteur Pierre Ndenga, après avoir ramé à contre courrant du collège d’anciens de sa paroisse, a capitulé. Cette paroisse s’est alignée pour le scindement du consistoire. Une assisse de conciliation a eu lieu le 25 avril dernier sous la conduite d’une mission du Rév. Abessolo Ze Celestin, secrétaire général assistant et directeur du personnel de l’Epc.

Le 27 mai jour de la pentecôte, c’est dans la fébrilité que les cultes ont été dits. Dans les paroisses de l’ancien consistoire Sanaga, ce n’est plus la sérénité. A la paroisse Sinaï, le culte en bassa s’est déroulé avec moins de vingt fidèles. Les portes ont été closes comme si on avait peur des représailles. A la paroisse de Beedi, les belligérants étaient devant le sous-préfet de Douala Ve vendredi 25 mai aux environs de 20 heures. Tout comme le pasteur Hion Songhe Samuel de la paroisse Sic Peniel. Il était devant le même sous-préfet avec l’aile résistante de sa paroisse.

 

2- Le nœud du problème

Tout part de la conquête du poste de secrétaire général de l’Epc qui est rotatif aux différents consistoires. En 2000, la communauté Bassa dans ses limites naturelles constate que sur les 25 consistoires de l’Epc, elle ne comptait que 4 consistoires, contre 21 pour l’aire géographique Centre-Sud-Est qui avait éclaté plusieurs de ses consistoires. Selon les données actuelles, il faut plus de vingt ans pour qu’un pasteur du synode Bassa se retrouve au poste de secrétaire général de l’Epc. C’est alors que le synode Bassa trouve la nécessité d’éclater certains de ses consistoires. Parmi lesquels, le consistoire Babimbi très vaste, et le consistoire Sanaga. Il faut au moins cinq paroisses pour constituer un consistoire et au moins trois consistoires pour former un synode. Le consistoire Babimbi est prévu pour être éclaté en quatre consistoires en fonction du découpage géographique (Ndom, Massock, Ngambe et Songmbengué). “ Le principe est accepté pour le développement évangélique. Surtout qu’il devait aboutir à la à transformation du consistoire Sanaga en synode et créer trois nouveaux consistoires qui devraient en découler et changer de nom ”, reconnaît le Rév. pasteur Jean Rolland Hondt. Il dit s’être plié à cette décision après avoir été mis en minorité. Mai, il reste farouchement opposé.

Le schéma de l’éclatement du consistoire Sanaga est dessiné. Les 38 paroisses sont réparties dans les trois consistoires virtuels au point de mettre les plus nantis, les moins nantis et les plus pauvres dans chacun des consistoires. Même les noms provisoires sont évoqués : Macédoine, Yérusalem, Antioche.

En 2002, le consistoire Sanaga connaît des remous. Les suffrages qui donnaient préalablement un ancien d’église vainqueur sur un pasteur pour le poste de modérateur sont contestés. Plusieurs pasteurs sont outrés de cet acte de fraude dont est coupable l’un de leur collègue. C’est alors que l’idée du scindement du consistoire est remise sur la sellette. Le processus reprend alors son cours normal. Les études, la sensibilisation et le lobbying sont multipliés. Pendant quelques années, le processus passe plus ou moins à l’oubli. L’idée du scindement du consistoire ne trouve plus l’assentiment des paroissiens et des collèges des anciens d’église. Le 11 juin 2005, une assise des anciens d’église de ce consistoire se penche sur la question et rejette l’option du scindement. “ Le consistoire Sanaga reste et demeure un et indivisible ”, lit-on dans leur correspondance.

La lettre de demande de scindement est réintroduite lors des assises du consistoire Sanaga à Bertoua en novembre 2006. La lettre est transmise aux assises du 53è synode Bassa du 6 au 12 décembre 2006 qu’abrite la paroisse Sic Peniel. La lettre est supposée avoir été initiée par 13 pasteurs de ce consistoire. Mais seuls 11 l’ont effectivement signée. Le pasteur Emmanuel Hondt dénonce la falsification de sa signature et le pasteur André Lissouck qui est supposé soutenir cette initiative n’a ni de signature apposée parce que hors du pays, ni de procuration pour justifier sa position.

Dans cette lettre rédigée en langue bassa, les propos frisent l’injure, la haine et la calomnie. Les signataires qualifient les “ opposants ” d’indignes, d’ivrognes, de personnes peu recommandables parce que sataniques. Le synode Bassa que dirige Hion Songhe Samuel partisan de la scission constate : - Qu’aucune consultation n’a eu lieu à la base. – Que les 13 pasteurs sont curieusement les bergers des paroisses les plus nantis et sont issus d’une même génération. – Les motifs avancés pour soutenir leur demande de scindement ne sont plus de nature à favoriser une vie commune. Conclusion : “ Le comité synodal accepte le principe du scindement mais exige que le processus suive le respect de la constitution de l’Epc. ” Il faut dire que ce même comité a suspendu le modérateur du consistoire Sanaga, le Révérend Emmanuel Moutapam, de ses fonctions. “ Si oui on lui reproche de soutenir l’aile conservatrice ”, avancent ses partisans.

 

3- L’argent, le nerf de la guerre

Les pasteurs conservateurs opposés à cette idée de scindement, du moins “ à la violation du processus ” comme ils tiennent à le préciser, y voient, des intérêts financiers dont le contrôle ni plus un enjeu voilé, ni négligeable. “ En 2002, on décide de faire des affectations rotatives des pasteurs dans les paroisses juteuses qu’après trois ans. Le temps pour chaque pasteur de connaître des bons moments dans sa pastorale. Sachant pertinemment qu’ils sont au terme de leur mandat et que les affectations sont prévues au mois de juin, lors du “ call meeting ”, les onze pasteurs actuellement modérateurs de ces paroisses posent le problème du scindement du consistoire pour ainsi se maintenir au poste ”, arguent-ils. Me Ruben Moalal, ancien d’église à la paroisse Epc Sinaï de Pk 8 et membre de la commission de révision de la constitution de l’Epc partage cette critique. “ Tous veulent trouver des paroisses financièrement pourvues. Mais aucun d’eux n’œuvre pour rendre ces paroisses riches. La Bible nous demande d’aller faire le porte à porte pour ramener dans la maison des disciples du Christ. Sinon comment une paroisse sera-t-elle pourvue ?”, fulmine-t-il.

C’est alors que le pasteur Hondt Jean Rolland de Bot-Nem à Ndogbati fait appel à cette décision du synode Bassa sur l’éclatement du consistoire Sanaga. Sa plainte destinée à la commission juridique, instance compétente, est malicieusement transmise à l’assemblée générale de l’Epc à Zoatélé. Cette instance suprême demande au synode Bassa de procéder au scindement de ce consistoire. “ C’est cet activisme du Révérend Hondt Jean Rolland, tête de file des conservateurs du consistoire, qui déclenchent le processus qui aurait pu traîner plusieurs années encore, le temps de poursuivre les études ”, indique l’ancien d’église Ruben Moalal favorable au scindement.

 

4- Vanité des vanités, …

Le 20 mars 2007, la réunion de dépouillement des consultations le choix d’appartenance à l’un des deux consistoires (Grand Sanaga pour la nouvelle et Sanaga pour l’ancienne) a lieu à la paroisse Peniel à New-Bell. Au cours de cette réunion, 13 paroisses se disent favorables pour le consistoire Grand Sanaga, 18 paroisses sont pour le consistoire Sanaga, 5 paroisses sont indécises et 2 paroisses reportent leurs votes. On en sort avec des contestations. A l’Epc Beedi, les paroissiens disent avoir voté massivement pour rester dans le consistoire Sanaga. Mais, ils accusent leur délégué Ferdinand Mbii d’avoir falsifié les signatures des anciens d’église pour inscrire leur paroisse parmi les partisans du changement.

Dans plusieurs autres paroisses, pourtant favorables au changement, les fidèles sont opposés au collège des anciens d’église et à leur pasteur. “ D’autres pasteurs au lieu de consulter les paroissiens, ont opté de consulter les anciens d’église qui représentent les 2 % de l’église ”, dénoncent les fidèles et les pasteurs conservateurs de certaines paroisses.

L’installation de deux nouveaux consistoires a eu lieu le 6 mai 2007 à Edéa. Malgré la saisine du tribunal de première instance de Ndokotti-Douala par Me Samuel Mahop, paroissien à l’Epc Sinaï, commis par le camp des conservateurs pour empêcher cette installation. Par ordonnance n° 219, le magistrat Réné Lucien Eyango décide de placer le consistoire Sanaga (Cosa) sous administration judiciaire jusqu’à l’issue de son éclatement en deux consistoires distincts. Un collège de trois pasteurs et deux laïcs est constitué pour administrer le consistoire Sanaga. Il s’agit des pasteurs Mouatpam Emmanuel (modérateur), Makon Abed Nego (doyen), Hondt Emmanuel (vice-doyen) ; les anciens d’église Billong Emmanuel et Mbenoun Jean Luc, responsable des deux structures financières du consistoire (caisse commune et caisse de fonctionnement). Ils ont pour mission de “ mener l’inventaire des biens mobiliers, immobiliers et financiers du Cosa et gérer le personnel en bon père de famille ”.

L’ordonnance du juge est piétinée. A Edéa, l’installation a eu lieu sous fond de boycott. Treize anciens d’église délégués des paroisses sur les 38 attendus et onze pasteurs sur les 26 pasteurs attendus, ont fait le déplacement d’Edéa. Le rapport final mentionne que, 13 paroisses seulement sur les 18 qu’on présente comme favorables au changement étaient présents contre 20 autres dites opposées au changement qui n’y avaient aucun représentant. Toutefois, la scission a été validée et les biens de l’ancien consistoire Sanaga partagés. Il s’agit du foyer Jape de Pouma, du foyer des filles d’Edéa, des palmerais de Pk 12, de la caisse commune, de la caisse de fonctionnement et des avoirs financiers des différentes associations. D’autres biens que revendique l’ancien consistoire Sanaga ont été déclarés appartenir à la centrale de l’Epc. A l’instar du foyer social Ta Neal à Edéa et de l’hôpital de Sackbayémé. En outre, un délai de 7 jours a été donné aux pasteurs qui n’appartiennent pas au consistoire de libérer. Ce que dénoncent les pasteurs conservateurs : “ La constitution de l’Epc est sans ambages sur la question. Seule le synode a la prérogative d’installer les nouveaux consistoires et pas l’administration centrale de l’Epc. ” 

 

Par Mathieu Nathanaël NJOG

Le 06-06-2007

 

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