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RENCONTRE PM-GICAM
Profitant de l’historique descente du Premier Ministre, Chef du gouvernement au siège du GICAM, le 18 mai 2021, le Président de la principale organisation patronale en a profité pour porter les doléances prégnantes des chefs d’entreprise.
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L’émotion était grande pour la communauté des affaires et particulièrement le Président du Groupement Interpatronal du Cameroun (GICAM), Célestin Tawamba. Car après avoir vu passer de très prestigieux, dynamiques et influents présidents, en 64 ans d’existence, c’est sous son magistère que le GICAM va accueillir lors de ses assises et dans son immeuble siège, la visite d’un Premier ministre et Chef du gouvernement. Cet honneur leur a été fait par Chief Joseph Dion Ngute. D’emblée, le Président du GICAM ne va pas cacher cette joie : «Jamais en 64 années d’existence, le GICAM n’avait été honoré de la visite du Chef du Gouvernement de notre pays dans les locaux abritant son siège». Et d’y voir une marque d’intérêt pour le patronat : «Notre organisation patronale voit dans votre geste historique et inédit, non seulement la réitération de votre humble accessibilité, mais également le marqueur de votre attachement au développement du secteur privé, dans l’intérêt bien compris de notre Nation».
Une visite pareille qui est normale et régulière sous d’autres cieux où c’est le Président de la république en personne qui va à la rencontre du patronat, au Cameroun, c’est une occasion exceptionnelle qui risque ne pas se renouveler de sitôt, tant il est vrai que certains ministres ne voient pas la nécessité de répondre personnellement à l’invitation de la principale organisation patronale pour échanger sur les questions qui peuvent décrisper les rapports avec les institutions étatiques. C’est pourquoi profitant de cette singulière opportunité, certes, étant une rencontre d’échanges entre le Premier Ministre, Chef du gouvernement et le monde des affaires pour solliciter un accompagnement à la réalisation du Plan Présidentiel de Reconstruction et de Développement des Régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest (PPRD-NOSO), le Président du GICAM en profité pour porter les doléances prégnantes du monde des affaires de ces dernières années. Faisant remarquer que certains ont exprimé une «certaine frustration, voire même de l’amertume, en raison du sentiment qui est le leur, que le secteur privé ne trouve grâce, aux yeux du Gouvernement, que lorsque l’Etat a besoin de lui, mais rarement lorsqu’il s’agit de répondre à leurs préoccupations».
Mieux encore, Célestin Tawamba a porté l’étonnement des créateurs de richesses sur le fait qu’«ailleurs dans le monde, dans le contexte de la pandémie du Covid-19, ce n’est pas l’Etat qui a besoin d’un soutien du secteur privé, c’est le Gouvernement qui apporte des aides en soutien aux entreprises». Rappelant que le niveau du cri de détresse de la communauté des affaires a atteint les sommets au point que «les entrepreneurs et les chefs d’entreprise se disent incompris, abandonnés», parce que naviguant entre la baisse de l’activité pour certains, l’arrêt complet de l’activité pour d’autres, des blocages de comptes bancaires à la suite de redressements souvent fantaisistes et, dans le même temps, contraints de subir des contrôles administratifs, intempestifs et disproportionnés, notamment fiscaux, douaniers, ou encore des tracasseries relevant d’autres administrations à l’instar de la justice. Et de poursuivre avec quelques griefs qui sont d’actualité : «A cela s’ajoutent les blocages de transferts par la BEAC, observés ces dernières semaines et qui font peser des risques réels d’arrêt à court terme des activités ainsi que des pénuries de denrées alimentaires et autres produits».
Paralysie de l’environnement des affaires
Le rôle du Secteur privé dans ce type de mécanismes ne saurait en effet se réduire à être mis devant les faits accomplis et satisfaire des demandes de financement. Il serait en outre dommageable pour l’Etat de se passer de l’expertise de son partenaire privé dans la dimension économique et sociale de la gestion des activités de reconstruction. «Ce voeu appelle à l’urgente nécessité de mettre en place un dialogue Etat - Secteur privé de seconde génération, empreint d’humilité et de bonne foi réciproque», sollicite le porte-parole du patronat. Qui va me manière efficiente, demander que le Gouvernement se penche résolument sur l’examen des dernières propositions du GICAM sur ce la paralysie de la crise anglophone sur l’économie et tourne résolument le dos au dialogue de façade, au dialogue-alibi. Avec cette visite, le patronat y voit le symbole d’une marque de confiance et de sollicitude que les chefs d’entreprise espèrent trouver auprès de notre partenaire privilégié qu’est le Gouvernement. Car «cette confiance, cette sollicitude, sont des ingrédients essentiels pour l’exercice serein de nos activités», déclarera-t-il.
Surtout que la crise anglophone a eu des conséquences énormes sur les entreprises. Certains ont perdu près de 36 % d part de marché. Les manques à gagner en chiffres d’affaires se comptent par centaines de milliards de Fcfa l’an.
Les pertes au niveau de l’exploitation ont culminé à des niveaux historiquement jamais atteints. Fort logiquement, ces régressions ont eu des répercussions négatives sur le niveau des recettes fiscales. Par ailleurs, des emplois par milliers ont été perdus. Qui plus est, des entreprises emblématiques de ces régions telles que la CDC, PAMOL, CTE, certains secteurs comme l’hôtellerie, le tourisme, les transports, les forestiers, etc… se retrouvent aujourd’hui en quasi-arrêt d’activités, accumulant d’importants arriérés en termes de dettes fournisseurs et de dettes sociales et forcées de licencier des personnels. Cette situation a contribué à faire naître et aggraver les crises de devises. Ce qui a conduit à une situation sociale fortement dégradée, caractérisée entre autres par l’apparition de poches de précarités, de graves actes de violence, banditisme et vandalisme.
Mathieu Nathanaël NJOG
Publié par L'essentiel du Cameroun