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RETOMBEES
Tout en affirmant sa volonté et son engagement d’agir pour la reconstruction des deux régions anglophones, la communauté des affaires a exigé quelques garanties et énuméré des mesures complémentaires indispensables pour booster l’élan citoyen des entreprises.
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En sa qualité de porte-parole du patronat, le Président du Gicam, Célestin Tawamba a d’emblée invité ses pairs à souscrire au Plan de Présidentiel de Reconstruction et de Développement des Régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest (PPRD-NOSO) : «Chers entrepreneurs et chefs d’entreprises, chers amis du Secteur privé, je vous lance un appel à vos contributions, un appel au déploiement de votre effort : non pas un effort de guerre, mais un effort de paix ! » et d’ajouter : «Je réitère au Premier Ministre notre engagement à le soutenir et travailler la main dans la main avec lui tant qu’il restera aux côtés du secteur privé et prendra des mesures pour renforcer la compétitivité des entreprises et du pays». Des différentes interventions, il est ressorti clairement que pour le secteur privé/public que la reconstruction économique des régions meurtries du NOSO est un élément-clé et déterminant de la solution à la crise qui sévit depuis quatre années, infligeant les pires malheurs aux populations et aux entreprises.
C’est alors que le Président du GICAM va définir l’option prise par le monde des affaires : «Il faut pouvoir tronquer l’arme contre un emploi». Parce qu’il apparait de la nécessité absolue de faire en sorte que dans le quotidien du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, «les statistiques sur le nombre de victimes soient remplacées par les statistiques sur le nombre d’emplois créés !», soulignera-t-il. Le patronat est conscient que l’ampleur des problèmes est donc gigantesque. Ce d’autant plus qu’il reconnait les efforts menés par le Gouvernement pour restaurer la paix dans ces deux régions, mais force est de constater que les résultats escomptés demeurent très mitigés voir insuffisants. C’est pourquoi, malgré des conditions d’activités structurellement difficiles et soumises à des aléas tout autant difficiles et qui tendent à s’inscrire dans la durée, la volonté du secteur privé à faire partie de la solution est véritablement claire. «Le secteur privé est résolument déterminé à contribuer à éradiquer cette économie de guerre qui ne profite pas aux populations», lancera Célestin Tawamba.
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301,200 milliards FCFA récoltés
Réitérant que la conviction du monde des affaires est que les options sécuritaires et politiques ont montré leurs limites, le moment est venu de leur adjoindre une troisième composante : «Placer résolument l’économie au cœur des efforts nationaux visant le retour de la paix dans ces deux Régions». La session des échanges a vu se succéder au pupitre les personnalités pour faire des observations et apporter des contributions diverses et souvent concrètes. Parlant du Cameroun, comme étant son pays adoption, le Dg de la SABC, Emmanuel De Tailly par ailleurs vice-président du GICAM va ouvrir le bal avec une contribution de 500 millions de FCFA qui pourrait doubler si le projet est bien exécuté pour le porter à un milliard FCFA. Le Groupement des Industries Meunières du Cameroun (GIMC) avec à sa tête Célestin Tawamba va annoncer une contribution de 200 millions de FCFA. Le secteur bancaire se dira disposé à accompagner les entreprises sinistrées sous réserve d’une lettre de confort de l’Etat pour un montant de 200 milliards de FCFA dans la limite du plafond de couverture fixé par la loi de finances 2021, va déclarer Alphonse Nafack, Président de l’APECCAM. Les assureurs par la voix de Théophile Moulong, Président de l’ASAC se sont dit prêts à assurer la couverture des entreprises face aux risques d’insécurité et à mobiliser leurs dépôts oisifs de 100 milliards FCFA pour financer des investissements sous réserve de la garantie de l’Etat afin de permettre l’admission de ces sommes en représentation de leurs engagements. L’Association Les Nouvelles Femmes Dynamiques Africaines s’investira dans la prise en charge et la formation des filles mères célibataires. Soit au total, 301 milliards 200 millions FCFA collectés, soit de manière concrète la somme de 700 millions FCFA et 300 milliards 500 millions FCFA en découverts conditionné.
Le président du GICAM, tout en fixant un horizon de trois à quatre mois pour permettre aux entreprises de concrétiser leurs engagements, il n’a pas manqué d’énumérer quelques garanties de transparence dans la gestion des fonds qui seront mobilisés et des mesures complémentaires indispensables pour booster l’élan citoyen des entreprises telles que la sécurisation physique des investissements.
Mathieu Nathanaël NJOG
Publié dans L'essentiel du Cameroun