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La Mairie de la Ville de Douala fait le bilan de ses prises de participations

INVESTISSEMENTS                 

Elle détient des actifs dans le capital de six sociétés pour un montant de 1 330 282 800 FCFA et des conventions d’octroi de crédits et autres apports pour un montant de 9 057 254 355 FCFA. Seulement, le retour d’investissements reste hyper-hypothétique.

 

La session ordinaire du Conseil de la Communauté urbaine de Douala comptant pour le premier trimestre de l’année 2021, consacrée à l’examen et à l’adoption du compte administratif de l’exercice clos au 31 décembre 2020 était l’occasion de voir clair sur les prises de participations consenties pour un montant de plus 1,3 milliard FCFA et des conventions de crédits à octroyer de plus de 9 milliards FCFA. Présidée par le Maire Roger Mbassa Ndine, sous la supervision de Benjamin Mboutou, le Préfet du Wouri, représentant de l’Etat, les grands conseillers de la Mairie de la Ville de Douala ont scruté scrupuleusement les informations détaillées contenues dans le compte administratif relatif aux prises de participations qu’elle détient dans six (06) structures quasi-autonomes mais pas indépendantes à la Mairie de la Ville de Douala. Il s’agit de la Société d’Aménagement de Douala (SAD), la Société Métropolitaine de la Ville de Douala (SMID), la Société Immobilière du Cameroun (SIC), la Société Camerounaise de Transport Urbain (SOCATUR), la Société des Etudes de Douala (SEDO) et la Société Nouvelle de Développement et d’Investissement (SNDI).

Pour les sociétés dont l’initiative de la création émane de la Mairie de la Ville, lorsqu’elle était sous les commandes de l’ex- Délégué du gouvernement auprès de la Communauté Urbaine de Douala, les grands conseillers ont relevé que : - Pour la SAD, la CUD a investi la somme de 20 160 000 FCFA pour le capital social de 36 millions FCFA. Soit 56% de parts, ce qui en fait l’actionnaire majoritaire. A cela s’ajoute une convention de prêt d’un montant de 7 188 144 355 FCFA pour une durée de 2 ans à taux de rémunération de 0% correspondant à l’avance de démarrage des travaux de la cité des cinquantenaires. En correction, les grands conseillers constatent que plus de deux ans après, aucun remboursement n’étant engagé, et recommandent que la restructuration du prêt soit rémunérée à un taux minimal de 5% par an pour tenir compte de la date effective de lancement des opérations commerciales des logements de la cité des cinquantenaires.

 

Des investissements hypothétiques

Pour la SMID, la CUD a investi la somme de 804 010 000 FCFA correspondant à 23% du capital qui se chiffre à 3 495 680 000 FCFA. Mais également a ouvert un compte courant associé à une convention de prêt de à l’actionnaire CUD à la SMID d’un montant au 31 décembre 2019 qui s’élève à la somme de 1 669 110 000 FCFA. Ce qui porte globalement l’investissement de la CUD à la SMID pour un montant de 2 473 120 000 FCFA, soit 70 du capital social de la SMID et 47,88% de ses capitaux permanents. Faisant ainsi passé la CUD en position d’actionnaire de référence de la SMID. Les grands conseillers relèvent un résultat net de la SMID présentant une perte de 341 088 972 FCFA au 31 décembre 2019.

Pour la SEDO et la SNDI, deux sociétés dont la CUD est initiatrice de leur création,  la CUD a souscrit pour la SEDO, 250 millions FCFA, représentant en valeur relative 24% du capital social qui s’élève à 1,045 milliards FCFA. Mais n’a libéré depuis le 02 octobre 2019 que la somme de 100 millions FCFA. Le sort de la SEDO étant intimement lié à celui de la SMID auprès de laquelle, elle serait liée par une convention, les grands conseillers recommandent au Maire de la Ville de Douala de s’assurer de la parfaite exécution du plan d’affaire de cette structure avant de libérer la totalité de la souscription. Pour la SNDI, la CUD a investi 10 millions FCFA depuis 2004 soit 01% du capital social qui s’élève à un milliard FCFA. Les grands conseillers constatent pour le déplorer que 17 ans après sa création, cette société «écran» n’a jamais démarré.

Pour les autres structures privées ou parapubliques dont les activités impactes la vie dans la cité capitale telles que la SOCATUR et la SIC, il ressort que la CUD a investi la somme de 51 675 000 FCFA correspondant à 5,1% du capital social de la SIC qui s’élève à un milliard FCFA à la création et passé à 75 milliards FCA en 2021. Ce qui laisse dubitatif les grands conseillers sur la probable dilution de la participation de la CUD et de la réduction considérable des intérêts. En revanche, la CUD a investi 194 437 000 FCFA à la SOCATUR, soit 27% du capital social qui s’élève à 720 140 000 FCFA. A cela s’ajoute une subvention annuelle d’un montant de 200 millions FCFA accordé au courant de l’année 2020.

En somme, les actifs de la Mairie de la Ville dans ses cinq sociétés s’élèvent à un montant global de 1 330 282 800 FCFA. Celles qui sont intimement liées à la CUD s’avèrent sérieusement à risque. A cela s’ajoute des conventions de crédits de l’ordre global de 8 857 254 355 FCFA et d’une subvention fantaisiste de 200 millions FCFA à la SOCATUR. L’audit récent indique déjà une perte de 451 088 972 FCFA. Ce qui a obligé les grands conseillers de signer une déclaration forte pour donner au Maire de la Ville de Douala le pouvoir de mener des actions en vue de défendre sans concession à travers les procédures judiciaires les intérêts de la Mairie de la Ville et des tiers embarqués. Ce d’autant plus que le retour d’investissements reste hyper-compromettant.

 

Mathieu Nathanaël NJOG

 

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