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Pourquoi l’Etat finance la FIDD de Jean-Jacques Ekindi ?

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Soutenue financièrement et institutionnellement par le gouvernement, la Foire Internationale de Douala pour le Développement a clôturé ses activités 24 plus tôt que prévu.

Prévu pour se dérouler du 31 mars au 16 avril 2017, la 8è édition de la Foire internationale de Douala pour le Développement (Fidd), a éteint ses lampions le samedi 15 avril, 24 heures plus tôt que prévu. Contrairement à la précédente édition, où la foire a été prolongée de quelques jours. Ce rendez-vous d’exposition et de promotion des produits des créateurs de richesses  des secteurs formel et informel de l’économie est une initiative de Jean-Jacques Ekindi. Elle se tient chaque première quinzaine au parc des expositions de Douala sis à Deido place dans le vaste domaine familial. Soutenue par le gouvernement depuis sa première édition, cet accompagnement suscite des commentaires dans les chaumières et le microcosme politique camerounais. «Le gouvernement s’est engagé à chacune des huit éditions parce que Jean-Jacques Ekindi, le porteur du projet a refusé de se lancé tout seul», indique Georges Nem, le Commissaire de la Foire. Avant de préciser : «Avant son lancement, il a sollicité l’accompagnement de la présidence de la République qui a validé le projet et l’a placé sous le parrainage du Premier ministre». Surtout qu’il répondait aux idéaux de la plate-forme du dialogue entre le secteur public et le secteur privé que le gouvernement matérialise à travers la tenue à chaque mi-mars du Cameroon Business Forum (CBF). Son organisation nécessite pour autant, plusieurs centaines de millions Fcfa sans lesquels sa tenue est impossible.

A ce propos, le Commissaire de la FIDD reconnait d’ailleurs que «sans la subvention du gouvernement, l’organisation de la Foire internationale de Douala pour le Développement ne peut être possible». S’il refuse de se prononcer sur l’apport financier réel, estimant que «ce n’est pas à nous de dévoiler l’apport financier du gouvernement qui a plusieurs canaux officiels pour le faire», il avoue toutefois que cet apport est multiformes. On peut constater qu’il est politique, institutionnel, et financier. Tout d’abord placée sur le plan politique, sous le parrainage du Premier ministre, la cérémonie d’ouverture solennelle de la FIDD est toujours présidée par le Ministre du Commerce qui coordonne aussi toutes les réunions préparatoires. Et par la suite, il y a l’exposition de plusieurs institutions gouvernementales, entreprises publiques et parapubliques, ainsi que l’animation des conférences-débats spécialisées par les dirigeants de ces institutions. Cette 8è édition particulièrement a connu un plus important déploiement des ministères. Douze ministères au total. Entre autre, on peut citer : - Le Ministère des Finances, - Le Ministère de l’Economie, de la planification et de l’Aménagement du Territoire, - Le Ministère de l’Agriculture et du Développement rural, - Le Ministère de la Recherche Scientifique et de l’Innovation, - Le Ministère de la Forêt et de la Faune, - Le Ministère de l’Administration Territoriale et de la Décentralisation,…

 

Polémique

Sur le plan financier, on observe que cette année, le site de la FIDD a connu un embellissement certain avec des constructions en matériaux définitifs de la clôture de délimitation et de le dallage de près de 2 000m2 la plate-forme de ce qui est baptisé le Parc des expositions de Douala. Ce qui rend plus confortable le déploiement des exposants et visiteurs sur le site, quelqu’en soit les intempéries. Bien avant déjà, les deux voies d’accès ont été construites par la volonté gouvernement qui avait instruit la Communauté urbaine de Douala (CUD) de s’y investir. Le coût des travaux étaient de 350 millions Fcfa. Un investissement qui bénéficie aussi aux riverains. Un soutien qui ne laisse pas la classe politique indifférente. Certains, à la langue plus fourchue, ne s’empêchent pas de soupçonner, une relation incestueuse entre le régime du Renouveau au pouvoir et l’un des plus virulents leaders politiques de l’opposition, baptisé «Le chasseur du Lion». Au point que certains opposants au régime Biya évoquent ces sorties ambiguës sur des questions d’actualité comme celle faite en février dernier concernant la crise anglophone. Une sortie que les cadres du Mouvement progressiste (MP) qualifient pourtant de républicaine parce que condamnant ceux des protagonistes qui ont sacrifié l’éducation des enfants avant de prôner pour un retour de l’école dans les plus brefs délais. Tout en souhaitant le détachement de la personne Ekindi et la FIDD, le Commissaire de la foire s’offusque de savoir que la casquette politique du leader du MP occulte l’importance de cet évènement qui contribue à sa manière à booster l’économie et le développement du Cameroun.

«Il faut faire la différence entre l’Homme politique et le porte de projet». Et d’ajouter : «Il y a l’occasion où c’est l’homme politique qui s’exprime. Et sur ce champ, Paul Buiya et lui ne se font pas de cadeaux. Ce sera le cas lors des joutes électorales à venir». Toute en précisant que les deux hommes n’ont pas de problème personnel, sauf que leurs visions politiques sont différentes. Avant de conclure : «Il faut apprécier ce partenariat public-privé qui concourt a œuvré pour l’émergence du Cameroun». Mais il n’en demeure pas moins que la polémique est vive lorsqu’on sait Jean-Jacques Ekindi, le promoteur de la FIDD est certes dans le civil, un polytechnicien, et également un diplômé de l’École des mines d’Arles (France), ce qui justifie cette implication dans le développement de son pays. Mais sur le plan politique, il est le  leader du Mouvement progressiste (parti d’opposition), réputé pour ses coups de gueule et son courage lorsqu’il s’agit de défier le pouvoir. Même si son parcours indique qu’à son retour au Cameroun, en 1970, après ses études, Jean-Jacques Ekindi est arrêté, jugé et condamné par le régime Ahidjo, qui ne digère pas les convictions politiques de l’ex-vice-président de l’Union nationale des étudiants camerounais. Au début des années 1980, après un séjour en France, il rentre à Douala et, en mars 1985, adhère au RDPC. En 1991, en pleine opération «villes mortes », il quitte le parti présidentiel pour créer le MP. Il lui faudra attendre juillet 2007 pour être élu député à Douala (sa ville natale) sous la bannière de son parti. Ces détracteurs lui prêtent les intentions d’entendre au gouvernement. Ce qu’il a toujours formellement démenti.

Mathieu Nathanaël NJOG

 

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