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Les grands conseillers corrigent le compte administratif de Ntonè Ntonè

Communauté Urbaine de Douala                                   

La session ordinaire du premier trimestre 2017 consacrée à l’adoption du compte administratif de l’exercice clos au 31 décembre 2016 l’a validé avec mention «pitié».

Dans les couloirs le Conseil ordinaire du premier trimestre 2017 de la Communauté urbaine de Douala (CUD) était annoncé quelques jours avant comme étant épique. Personnes n’y croyait tellement, les grands conseillers et le Délégué du gouvernement entretiennent aux yeux de plusieurs observateurs avertis des relations empreintes de complicité. D’ailleurs, le nouveau Préfet du Wouri, Jean Bernard Mache Njouokwet lors de son intervention s’est offusqué de la forme de démocratie qui est appliquée lors de cette session du conseil et du fait que les grands conseillers ne soient pas allés dans une déclinaison exhaustive des différents aspects du rapport jumelé des quatre commissions. Ce qui lui aurait permis de prendre la réelle mesure du niveau d’exécution des projets. Non sans interpeller les grand Conseillers de la CUD qu’«une session du Conseil n’est pas un Conseil en minima». Toutefois, les membres des quatre commissions (Economie et finances ; Grands travaux ; Environnement et développement durable ; et Affaires sociales et culturelles) se sont montrés très rigoureux dans l’analyse du compte administratif de l’exercice 2016 qu’ils ont malgré tout fini par valider.

Une attitude inhabituelle des grands conseillers de la CUD. Laissant planer le spectre de la mise à la touche de l’actuel Délégué du gouvernement, Fritz Ntonè Ntonè. Surtout que les couleurs avaient été annoncées le lundi 11 avril 2017 avec le mouvement d’humeur des Délégués du personnel qui protestaient contre le non renouvèlement de la police d’assurance maladie du personnel. Ce qui aura valu à 10 des 11 manifestants de se voir suspendre «arbitrairement et abusivement» par l’exécutif de la CUD. Pourtant Fritz Ntonè Ntonè a reconnu que le paiement de cette couverture médicale du personnel a connu du retard «du fait des difficultés financières actuelles». Et que ce n’est que ce n’est que le 06 avril 2017 qu’il a été effectif. Ce que réfutent preuve à l’appuie les délégués du personnel. D’ailleurs dans leur rapport, les grands conseillers ont déploré le fait que la prime d’assurance du délégué du gouvernement, de ses adjoints et du personnel « budgetée » à 411 millions Fcfa a été exécuté à hauteur de 310,9 millions Fcfa pendant que la même prime des membres des organes délibérants (Grands conseillers) n’a pas été payée en 2016. Et de reconnaitre que sur ce volet : «Le problème de primes a provoqué une certaine effervescence et beaucoup d’incompréhension entre le personnel, les grands conseillers et l’exécutif de la CUD.».

Par la suite ils ont nuancé en glissant qu’«il semble aux dernières nouvelles que les choses soient revenues à la normale. Tant mieux». De même, ils ont relevé que des 180 chantiers engagés, une quantité considérable accuse des retards notables. Ceci du fait, d’une part de la maturation insuffisante de certains projets et d’autre part, de la longueur mais aussi de la durée indéterminables des procédures officielles. Pour ce qui est des recettes fiscales de fonctionnement, il est noté une baisse significative comparativement à l’exercice précédente. Si les grands conseillers félicitent l’exécutif sur les recettes propres qui représentent un taux de réalisation de l’ordre de 76%, il reste que les recettes de fonctionnement (35,5 milliards Fcfa) ont connu une baisse comparativement au compte administratif de l’exercice antérieur (41,26 milliards Fcfa). Les recettes d’investissement quant’à elles qui avaient augmenté de 4,11 milliards Fcfa en 2015 (pour un total de  14,118 milliards Fcfa) ont dégringolé à 950 millions Fcfa, soit une baisse de 95%.

A l’examen des dépenses du compte administratif de 2016, les grands conseillers n’ont pas fait dans la langue de bois pour déplorer : «l’absence à l’instar du compte administratif de l’année précédente (2015) du cahier de dépenses mensuelles qui permettrait d’analyser les dépenses dans leur détail». Toutefois, ils ont relevé plusieurs crédits annulés pour non consommation d’un montant de plus de 3,5 milliards Fcfa. Pis encore, le chapitre portant  dépenses d’investissement et d’équipements indique que le budget définitif alloué était de 50 millions Fcfa, mais curieusement les paiements effectués s’élèvent à 435 millions Fcfa. De quoi laisser songeur les commissions qui se demandent sur quelle base ont été effectuées ses dépenses. Tout en faisant remarquer que : «Si les dépenses en question sont toutes rattachées à l’exercice 2016, on serait face à un dépassement budgétaire dont les références d’autorisation devraient être indiqués par les services compétents». En revanche, le récapitulatif des dépenses d’équipements et d’investissement indique qu’elles ont été exécutées à hauteurs de 58% avec des «restes à payer sur mandats émis» de 4 044 642 898 Fcfa. Tout en constatant également que les crédits d’investissements en cours qui devraient être reportés sont de l’ordre de 20 919 095 825 Fcfa.

Mathieu Nathanaël NJOG

 

Encadré

Fonctionnement au-delà des ratios

Au final, le Conseil a exigé que soit reconduit dans le budget 2017 les crédits non consommés et ont apporté un léger correctif sur le montant de l’excédent réalisé et déclaré par le Directeur financier et le Receveur municipal qui était de 6 531 903 818 Fcfa sur un budget global de 81 502 393 583 Fcfa (58 318 426 701 Fcfa de recettes et 22 773 660 301  Fcfa de subventions). Ceci pour un taux de réalisation de recettes de 84,84% en valeur relative. Un travail critique des grands conseillers qui a été salué par le porte-parole des Maires, M. Lengue Malapa, Maire de Douala Ier : «Le Conseil est allé plus loin dans l’analyse du compte administratif que d’habitude». Toute chose qui a aussi permis au nouveau Préfet du Wouri Mache Njouokwet de relever que la CUD a fonctionné en 2016 au-delà des ratios. Surtout que le rythme des dépenses et des encaissements n’était pas harmonisé. De même, le préfet a émis la réserve sur les délibérations portant avantages des membres de l’exécutif et des grands conseillers de la CUD, avant d’indiquer que cela pourrait conduire de sa part à la non validation du compte administratif. Surtout qu’il a profité de cette première prise de contact avec tous les exécutifs des collectivités décentralisées pour donner sa vision tutélaire qui est «d’accompagnement, de facilitation et du respect des textes. Pas co-gestionnaire des collectivités décentralisées, mais un garant de la loi».

M.N.N

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