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Fête du travail 2017 5 109
Les travailleurs de la capitale économie ont de concert avec ceux du monde entier célébré la 131è fête du travail, le 1er mai 2017.
La place de Besseke à Douala a servi de cadre pour la parade des travailleurs de la ville de Douala à l’occasion de cette 131è fête du travail. Une cérémonie officielle présidée par le gouverneur de la région du Littoral Dieudonné Ivaha Diboua. Tout a démarré avec la phase protocolaire consacrée aux discours du président de l’Union départementale de l’Union Général des travailleurs du Cameroun (Ugtc), Jean-Baptiste Melingui, porte-parole des centrales syndicales et de la réplique du gouverneur. Par la suite, il s’en suivra pendant 5 heures d’affilé, sous une canicule exténuante, le défilé des travailleurs des différentes entreprises enregistrées. Obligeant les ambulances des différentes formations sanitaires de la ville de Douala déployées par la sous-commission de santé d’être très sollicitées. Avec plus d’une vingtaine d’interventions pour secourir les personnes ayant présenté des états d’hypoglycémie du fait d’un manque d’hydratation ou une absence de nutrition (prise du petit-déjeuner). Un défilant de l’association des câblo-opérateurs va décéder à l’hôpital Laquintinie de Douala après s’être écroulé lors de l’une des nombreuses et épiques bousculades.
C’est dans un ouf de soulagement que les personnalités invitées, ayant fait le plein d’œuf des 2 000 places de la tribune officielle, le protocole du gouverneur vont voir arriver à son terme cette parade. Il en était de même pour les défilants. Certains n’ont pas caché d’exprimer leur ras-le-bol et leur désarroi, en lançant des quolibets d’exaspération devant la gestion scabreuse du passage des entreprises. Et pour cause, le classement de passage des entreprises comme initialement prévu n’a pas été respecté. Laissant place à une cacophonie que même les commentateurs du défilé (exclusivité des journalistes de la station régionale de la Crtv Littoral), ne se sont pas empêchés de décrier en direct. Désignant la sous-commission du défilé et de discipline comme étant le flop du Comité d’organisation de la 131è fête du travail dans le Wouri. Un raté de plus et de trop qui devrait susciter une véritable remise en question et une réflexion profonde lors de la réunion d’évaluation des présidents des Unions départementales des différentes centrales syndicales qui assurent la commission technique d’organisation. Séance prévue dans deux semaines.
Ce pan de l’organisation étant à chacune des éditions le maillon faible de l’organisation. Et pour cause, à l’instar de cette édition, comme les précédentes, dès l’ouverture de la phase du défilé, les travailleurs des entreprises se livrent à des comportements inciviques, en faisant obstruction au classement officiel de passage préétabli et souvent de manière outrageante le dispositif sécuritaire des Forces de maintien de l’ordre (FMO). Une situation qui donne régulièrement lieu aux joutes verbales, bagarres sanglantes entre défilants des entreprises au point d’obliger les forces de maintien de l’ordre d’employer les mesures fortes pour essayer de rétablir l’ordre. Mais en vain. Hier, un employé du Groupe Bolloré a blessé un agent de police avec un coup de tête alors qu’il forçait le passage afin que ses collègues se ferrent une position de défilé. Cette cacophonie a contribué a prolongé la durée du défilé.
Dialogue social en péril
La forte participation des entreprises et la durée de cette parade interminable témoignent de la ferveur des travailleurs à commémorer la symbolique de cette fête, qui est en souvenir du fulgurant succès de la grève lancée le 1er mai 1886 à Chicago (USA) par les syndicats américains et le journal «The Alarm» afin de revendiquer des meilleures conditions de travail. Une manifestation qui avait été sévèrement réprimée dans le sang. Faisant six (06) grévistes tués le premier jour de la grève. Sept (07) policiers et une dizaine de manifestants sont tués le lendemain. Huit (08) militants anarchistes sont condamnés à mort. Quatre (04) d'entre eux seront pendus en novembre 1887, un cinquième se suicide en prison. Les trois (03) autres condamnés sont graciés en 1893 et les cinq (05) morts réhabilités à titre posthume
Une histoire que la plupart des travailleurs mobilisés ignorent. «Le seul intérêt pour eux étant de défiler pour jouir de la journée fériée et de l’aliénation qui s’en suit avec la distribution des tee-shirt et cocktail offerts à la gloire des patrons ont comportement de négrier», s’indigne le président Jean-Baptiste Melingui. Et à propos au thème de cette édition 2017, il a affirmé que «la dialogue sociale est en péril au Cameroun». A cause, du non fonctionnement des plate-formes tripartites (Patrons, travailleurs et gouvernement) qui ne fonctionnent pas, aussi bien dans les entreprises que sur le plan national. Cela s’observe par la récurrence des grèves, des plaintes qui ne désemplissent pas au niveau de l’inspection de travail pour des licenciements abusifs,… Par ailleurs, il va accuser les arbitres du gouvernement, que sont les inspecteurs de travail ne plus faire preuve d’impartialité, mieux de protéger les employeurs pour des raisons évidentes liées à leur capacité financière.
Mathieu Nathanaël NJOG